SCÈNE IY
NADAB, ARZANE, NÉBÉE, cHOUR DE JEUNES FILLES AMALÉCITES.
ARZANE
Fils d’Aaron, à mon sort il faut que je succombe : Vous me parliez d’hymen, et je touche à ma tombe. NADAB, sans écouter Arzane.
Nous allons te revoir enfin, fameux mortel,
MOISE
Encor tout éclatant des feux de l'Éternel.
Honneur à tes vertus et gloire à ton génie!
ARZANE
Veillé-je? dans mes maux quelle affreuse ironie ! Quoi, Nadab! ces desseins où tous deux engagés, Ces projets de l'amour.
NADAB
Ils ne sont point changés.
ARZANE
Entre Moïse et moi vous tenez la balance :
De votre passion je vois la violence.
NADAB
Femme, je suis sans force à tes pieds abattu ; Mais ne puis-je du moins admirer la vertu?
ARZANE
Qui pourra m’arracher de ce sanglant théâtre Où la mort me poursuit?
NADAB
Ce cœur qui t'idolâtre.
ARZANE
Mais les remords viendront arrêter vos efforts. NADAB.
Mais si je t'obéis, que te font mes remords ? ARZANE.
De ces hauts sentiments je serai la victime.
NADAB
Laisse-moi m’enchanter d’innocence.et de crime, Connoître mes devoirs sans te manquer de foi, Apercevoir l’abime et m'y jeter pour toi.
ARZANE
Je ressens vos douleurs et n’en suis point complice.
GCesse de t’excuser : j'adore mon supplice, Ma souffrance est ma joie, et je veux à jamais