NADAB, MOISE
NADAB, sans voir Moïse, qui reste appuyé sur le tombeau de Joseph.
Ces lieux sont solitaires.
Elle est entrée au camp... Oui, j'aurai trop tardé. Le retour de Moïse est un bruit hasardé, D'un Arabe menteur la nouvelle incertaine
11 avance au bord de la scène, et demeure quelque temps en silence.
Que mon sein oppressé se soulève avec peine!
Que cet air est brûlant! Pour achever son tour, La nuit semble emprunter le char ardent du:jour. Image de mon cœur, cette arène embrasée
Recoit en vain du ciel la bénigne rosée.
Autre silence.
Ici de la beauté j’entendis les accents.
Sur sa trace de feu qu’on répande l’encens!
Qu'on l'adore !.. Où m’emporte une imprudente ivresse? On n’a point jusqu'ici couronné ma tendresse : Si j'étois le jouet de quelque illusion !
Connoissons notre sort.
11 va pour rentrer au camp : en passant devant le bocage de palmiers, il aperçoit Moïse.
O sainte vision !
N'est-ce pas de Joseph l’ombre majestueuse?
Viens-tu me consoler? Que ta voix vertueuse Des chagrins de mon cœur adoucisse le fiel, Et donne-moi la paix que tu goûtes au ciel.
MOÏSE, sans quitter le tombeau.
Le ciel des passions n’entend point la prière, NADAB.
Moïse !
MOÏSE, descendant du tombeau.
C'est lui-même.