‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 101 sur 358 · Ici. ibid · texte numérisé non relu

Ici. ibid

adjonctions de peuples concpiis, et par l’habitude des combats : cette division subjugua les Alains : la plus grande partie des vaincus entra dans les rangs des vainqueurs, tandis qu’une colonie indépendante des premiers alla se mêler aux races germaniques et s’associer à leur guerre contre l’empire* .

Les Huns parurent effroyables aux barbares eux-mêmes: quand ils eurent franchi les Palus-Méotides, ils se trouvèrent en présence des tributaires de la puissance d’Hermanric. Les deux monarchies des Huns et des Goths, l’une composée de sauvages à cheval, l’autre de sauvages à pied, c’est-à-dire les deux races scythe et tartare, se heurtèrent. Les Goths étoient divisés ; Hermanric , abusant du pouvoir, avoit fait écarteler la femme d’un chef rhoxolan qui s’étoit retiré de lui1 2. Les frères de cette femme la vengèrent en poignardant Hermanric, vainement cuirassé d’un siècle, et à qui cent dix années avoient encore laissé du sang dans le cœur : il ne resta pas sous le coup. Balamir, roi des Huns, profita de cet événement ; il attaqua les Ostrogoths, qui furent abandonnés des Visigoths; Hermanric, impatient de la douleur que lui causoit sa blessure, et encore plus tourmenté de la ruine de son empire, mit fin à des jours que la mort avoit oubliés3. Withimer, chargé après lui du gouvernement, en vint avec les Huns et les Alains à une bataille dans laquelle il fut tué 4. Saphrax et Alathæus sauvèrent le jeune roi des Ostrogoths, Witheric, et conduisirent les débris indépendants de leurs compatriotes sur les bords du Niester.

Cependant les Visigoths, séparés des Ostrogoths, s’étoient retirés chez les Gépides, leurs alliés ; ils y furent poursuivis par les Huns. Un corps de cavalerie tartare passa le Niester à gué pendant la nuit, au clair de la lune : Athanaric, juge des Visigoths, qui défendoit les bords de la rivière, parvint à gagner des hauteurs avec son armée ; il s’y vouloit fortifier, mais les Visigoths se précipitent vers le Danube, envoient des ambassadeurs à Valens, et le conjurent de leur accorder la Mésie inférieure pour asile : ils offroient d’embrasser la religion

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