Placet damnare gradatim
Quicquid posterius successor repperit usus.
(Prld., Cont. Symm., lib. n, v. 280 et seq.)
qu’elles la méprisent, mais parce qu’elle est retranchée de force à leur corps, demeuré intact ; leur âme n’est pas également restée entière. La vestale ne trouve point de repos dans sa couche; une invisible blessure fait soupirer cette femme sans noces pour les torches nuptiales 1 . »
Prudence se livre ensuite à des moqueries sur la permission accordée aux vestales de se marier après quarante ans de virginité : « La vieille en vétérance, désertant le feu et le travail divin auxquels sa jeunesse fut consacrée, se marie : elle transporte ses rides émérites à la couche nuptiale et enseigne à attiédir dans un lit glacé un nouvel hymen 2. »
Si les plaidoyers de Symmaque et de saint Ambroise n’étoient que les amplifications de deux avocats jouant au barreau, l’histoire dédaignerait de s’y arrêter; mais c’étoit un procès réel, et le plus grand qui ait jamais été porté au tribunal des hommes : il ne s’agissoit de rien moins que de la chute d’une religion et d’une société, et de Rétablissement d’une société et d’une religion. La cause païenne fut perdue aux yeux des empereurs ; elle l’étoit devant les peuples.
Théodose, dans une assemblée du sénat, posa cette question : a Quel Dieu les Romains adoreront-ils, le Christ ou Jupiter3?» La majorité du sénat condamna Jupiter. Les prêtres le regrettoient peut-être, mais les enfants préférèrent le Dieu d’Ambroise au dieu de Symmaque. La prospérité de l’empire n’émanoit point de ces simulacres auxquels des mœurs pures ne communiquoient plus une divinité innocente : l’autel de la Victoire n’avoit eu de puissance que lorsqu’il étoit placé auprès de celui de la vertu.
Prudence nous a laissé le récit de la conversion de Rome :
« Vous eussiez vu les pères conscrits, ces brillantes lumières du monde , se livrer à des transports, ce conseil de vieux Catons tressaillir