‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 12 sur 358 · DE JULES CÉSAR A DÈCE OU DECIUS · texte numérisé non relu

DE JULES CÉSAR A DÈCE OU DECIUS

Après avoir prêché l’Évangile , Jésus-Christ laisse sa croix sur la terre : c’est le monument de la civilisation moderne. Du pied de cette croix, plantée à Jérusalem, partent douze législateurs, pauvres, nus, un bâton à la main, pour enseigner les nations et renouveler la face des royaumes.

Les lois de Lycurgue n’avoient pu soutenir Sparte, la religion de A uma n’avoit pu faire durer la vertu de Rome au delà de quelques centaines d’années : un pêcheur, envoyé par un faiseur de jougs et de charrues, vient établir au Capitole cet empire qui compte déjà dixhuit siècles, et qui, selon ses prophéties, ne doit point finir.

Depuis longtemps Rome républicaine avoit répudié la liberté, pour devenir la concubine des tyrans : la grandeur de son premier divorce lui a du moins servi d’excuse. César est l’homme le plus complet de l’histoire, parce qu’il réunit le triple génie du politique, de l’écrivain et du guerrier. Malheureusement César fut corrompu comme son siècle : s’il fût né au temps des mœurs, i Le fit été le rival des Cincinnatus et des Fabricius, car il avoit tous les genres de force. Mais quand il parut à Rome, la vertu étoit passée; il ne trouva plus que la gloire : il la prit, faute de mieux.

Auguste, héritier de César, n’étoit pas de cette première race d’hommes qui font les révolutions; il étoit de cette race secondaire qui en profite, et qui pose avec adresse le couronnement de l’édifice dont une main plus forte a creusé les fondements : il avoit à la fois l’habileté et la médiocrité nécessaires au maniement des affaires, qui se détruisent également par l’entière sottise ou par la complète supériorité.

Ua terreur qu’Auguste avoit d’abord inspirée lui servit : les partis tremblants se turent ; quand ils virent T usurpateur faire légitimer son autorité par le sénat1, maintenir la paix, ne persécuter personne, se donner pour successeur au consulat un ancien ami de Brutus, ils se

réconcilièrent avec leurs chaînes. L’astucieux empereur affectoit les formes républicaines; il consultoit Agrippa, Mécène, et peut-être Virgile2, sur le rétablissement de la liberté, en même temps qu’il envahissoit tous les pouvoirs3, se faisoit investir de la puissance législative4, et instituoit les gardes prétoriennes5. Il chargea les muses de

désarmer l’histoire, et le monde a pardonné l’ami d’Horace.

Les limites de l’empire romain furent ainsi fixées par Auguste6 :

Au nord, le Rhin et le Danube ;

1. Hæc cum Cæsar ita recitasset, mire senatorum animi affecti sunt. Fuerunt pauci qui ejus animum intelligerent ideoque adstipularentur; reliqui aut suspicabantur quo hæc consilia dicta essent, aut fidem iis habebant. Horum alteri artificium in occultanda callide sua sententia Gæsaris admirabantur , alteri hoc ejus proposition , alteri ægre ejus versutiam, alteri pœnitentiam captæ reipublicæ procurationis fercbant : jam enim exstiterant qui popularem reipublicæ formam ut turbulentam odis-

sent ac mutationem ejus approbarent, Cæsarisque imperio delectarentur . proinde,

cum fréquenter etiam dicenti adhuc acclamassent, ubi peroravit, multis omnes eum verbis precati sunt ut solus imperii summam gereret : multisque quibus id ei persuadèrent adductis argumentis tandem eo compulerent ut principatum solus obtineret. (Dionis Hist. Rom., lib. liii, ed. Joannis Leunclavii, p. 502, 503.)

2. Ad quam deliberationem quum Agrippam Mæcenatemque adhibuisset (nam cum his de omnibus arcanis suis communicare solebat), prior in liane sententiam Agrippa locutus est. (Id. ibid. lib. lii, p. 463.)

In qua re diversæ sententiæ consultos habuit, Mæcenatem et Agrippam... quare

Augusti animius hinc ferebatur et illinc Rogavit igitur Maronem an conférât pri-

vato homini sein sua republica tyrannum facere. (Pag. ultim. Vitæ Virgilii tributæ Donato, edit. 1699, a P. Ruæo ; Parisiis.)

3. In lmnc modum pugna navalis facta est 4 nonas septembris. Id a me non frustra commemoratum est, dies annotare alioquin non solito; sed quod ab ea die primum Cæsar solus rerum potitus est, imperiique ejus recensio præcise ab ea sumitur. (Dionis Cassii Hist. Rom., lib. li, p. 442, edit. Joannis Leunclavii.)

Hoc autem anno (ab urbe condita 735), vere iterum penes unum hominem sunnna totius reipublicæ esse cœpit. Ouamquam armorum deponendorum , resque omnes senatus populique potestati tradendi consilium Cæsar agitaverit. (Id. ibid., lib. lu, p. 463; lib. liii, p. 474, 514, n° 2, p. 40.)

4. Quod principi placuit, legis liabet vigorem : utpote cum lege regia, quæ de imperio ejus lata est, populus ei et in eum omne suum imperium et potestatem conférât. (Ulpian. lib. i, Pri?ic., etc., de Constit. princip.)

5. Certum numerum partim in urbis, partim in sui custodiam allegit, dimissa Calaguritanorum manu quam usque ad devictum Antonium, item Germanorum quam usque ad clademYarianam, inter armigeros circa se habuerat: (Suet., in Vi.ta Aug.)

6. Termini igitur finesque Imperii Romani sub Augusto erant: ab oriente Euphrates ; a meridie Nili cataractæ, et deserta Africæ, et nions Atlas; ab occidente Oceanus; a

A l’orient l’Euphrate ;

Au midi, la haute Égypte, les déserts de l’Afrique et le mont Atlas ;

A l’occident, les mers d’Espagne et des Gaules. Trajan subjugua la Dacie au nord du Danube1, la Mésopotamie et l’Arménie à Test de l’Euphrate; mais ces dernières conquêtes furent abandonnées par Adrien. Agricole acheva, sous le règne de Domitien, de soumettre la Grande-Bretagne 2 jusqu’aux deux golfes entre Dunbritton et Édimbourg.

Sous Auguste et sous Tibère, l’empire entretenoit vingt-cinq

septentrione Danubius et Rhenus. (Just. Lips., de Magn. Rom.} lib. i, cap. ni; Antuerpiæ, 1037, 0 tom. in-fol.; — tom. III, p. 379.)

Retenti fines, seu dati Imperio Romano (sous Claude) : Mesopotamia per orientem, Rhenus Danubiusque ad septentrionem, et a meridie Mauri accepere provinciis (Aur. Vict., Hist. abbrev., part, h, cliap. iv. ; Suet., Hist. Rom., vol. n, p. 127.)

Hadrianus gloriæ Trajani certuni est invidisse, qui ei susceperit in imperio; sponte propria reductis exercitibus , Anueniam , Mesopotamiam et Assyriam concessit , et inter Romanos et Partlios medium Euphratem esse voluit. (Sext. Rue., Brev.; Suet., Hist. Rom., vol. II, p. 106.)

1. Romani Imperii, quod post, Augustum defensum magis fuerat quam nobiliter ampliatum , fines longe lateque difl'udit : urbes trans Rhenum in Germania reparavit : Daciam , Decibalo victo , subegit , provincia trans Danubium facta in bis agris quos nunc Teciphali, et Netophali et Thenbirgi babent. Ea provincia decies centena millia passuum in circuitu tenuit. Armeniam, quam occupaverunt Parthi, recepit, Partliamasire occiso, qui eam tenebat. Albanis regem dédit, Iberonem regem, et Sauromatorum, et Rosporanorum, et Arabum, et Osdroenorum et Colcborum , in fidem acccpit. Corduenos, Marcomedos occupavit , et Anthemusiam, magnam Persidis regionem; Seleuciam et Ctesiphontem, Rabylonem et Messenios vicit ac tenuit: usque ad fines et mare Rubrum accepit; atque ibi très provincias fecit, Armeniam, Assyriam, Mesopotamiam , cum his gentibus quæ Madenam attingunt Arabiam postea in provinciæ formam redegit ; in mari Rubro classem instituit, ut per eam Imbriæ fines vastaret. (Eutrop., lib. vin, cap. n et ni; Lugduni Ratavorum, 1702, in-8°, p. 360 et seqq.)

Trajanus, qui post Augustum Romanæ reipublicæ movit lacertos, Armeniam recepit a Parthis. Sublato diademate, régi Armeniæ majoris regnum ademit. Albanis regem dédit. Iberos, Rosphoranos, Colchos, in fidem Romanæ ditionis accepit. Saracenorum loca et Arabum occupavit. Corduenos et Marcomedos obtinuit, Anthemusiam, optimam Persidis regionem, Seleuciamque et Ctesiphontem ac Rabyloniam accepit et tenuit, Usque ad Indiæ fines post Alexandrum accepit. In mari Rubro classem instituit. (Sext. Ruf., Brev.; Suet., Hist. Rom., vol. II, p. 165.)

2. Quarta æstas obtinendis, quæ percurrerat, insumpta. Ac, si virtus exercituum et Romani nominis gloria pateretur, inventus in ipsa Britannia terminus. (Tac., Agric., cap. xxm; Slet., Hist. Rom., vol. III, p. 369.)

Britanniæ situm populosque multis scriptoribus numeratos, non in comparationem curæ ingeniive referam; sed quia tune primum perdomita est. (Tac., Agric., cap. x; Suet., Hist. Rom., vol. III, p. 366.)

légions 1 ; elles furent portées à trente sous le règne d’Adrien 2. Le nombre de soldats qui composoient la légion ne fut pas toujours le même ; en le fixant à douze mille cinq cents hommes, on trouvera qu’un si vaste État n’étoit gardé du temps des premiers empereurs que par trois cent vingt-deux mille cinq cents, et ensuite par trois cent soixante-quinze mille hommes. Six mille huit cent trente-et-un Romains proprement dits et cinq mille six cent soixante-neuf alliés ou étrangers formoient le complet de la légion : sous la tyrannie, ce n’étoit plus Rome, c’étoient. les provinces qui fournissoient les Romains. Les Celtibériens furent les premières troupes salariées introduites dans les légions 3. Rome avoit combattu elle-même pour sa liberté ; elle confia à des mercenaires le soin de défendre son esclavage.

Seize légions bordaient le Rhin et le Danube4; deux étoient cantonnées dans la Dacie, trois dans la Mésie, quatre dans la Pannonie, une

1. Sed præcipuum robur Rhenum juxta, commune in Germanos Gallosque subsidium, octo legiones erant. Hispaniæ, recens perdomitæ, tribus babebantur. Mauros Juba rex acceperat donum populi Romani. Cætera Africæ per duas legiones: parique numéro Ægyptus. Dehinc initio ab Syria usque ad flumen Eupbratem, quantum ingenti terrarum fines ambitur, quatuor legionibus coercita : accolis Ibero Albanoque et aliis regibus, qui magnitudine nostra proteguntur adversum externa imperia. Et Thraciam Rboemetalces ac liberi Cotyis; ripamque Danubii legionum in Pannonia, ducere in Mœsia attinebant : totidem apud Dalmatiam locatis, quæ positu regionis a tergo illis, ac, si repentinum auxilium Italia posceret, baud procul accirentur. (Tac., Ann., lib. iv, cap. v; Suet., Hist. Rom., vol. III, p. 185.)

Alebantur eo tempore legiones civium Romanorum XXIII, aut, quem alii numerum ponunt, XXV. (Dion., lib. lv cap. xxm. Stamburgi, 1752, in-fol., p. 794.)

2. Arguentibus amicis quod (Favonius) male cederet Hadriano, de verbo quod idonei auctores usurpassent, risum jucundissimum movit. Ait enim : «Non recte suadetis, familiares, qui non patimini me ilium doctiorem omnibus credere, qui liabet trigenta legiones. » (Spart., in Hadrian ., cap. xv; Suet., Hist. Rom., vol. II,

Sub Augusto et Tiberio viginti quinque legiones fuerunt, ex Dione et Tacito; quin postea tamen auxerint, vix dubito, et sub Trajano atque Hadriano certum fuisse triginta, aut et supra. (Lips., De Magnit. Rom., lib. i, cap. iv; Antuerpiæ, 1637, in-fol.; tom. III, p. 379.)

3. Id modo ejus anni in Hispania ad memoriam insigne est, quod mercenarium militem in castris neminem ante quam tum Celtiberos Romani habuerunt. (Tit. Liv., lib. xxiv, cap. xlix; Lugduni Batavorum et Amstelodami, 1740, 4°; tom. III, p. 934.)

4. Il y avoit vingt-huit légions sous Auguste, dont on peut voir la distribution dans le passage de Tacite; ensuite on en changea le nombre et la destination.

Sed hæc ita sub Augusto : ut tamen tetigi creverunt, et primum Claudius imperator, Britannia domita, legiones in ea très locavit, manseruntque. Tum Vespasianus duas etiam in Cappadocia, et Trajanus deinde in Dacias duas. ( Just. Lips., De Magnit. Rom., lib. i, cap. iv; Antuerpiæ, 1637, ïn-fol. ; tom. III, p. 379.)

Sous le règne d’Alexandre Sévère il n’en restoit que dix-neuf des vingt-huit d’Au-

dans la Norique, une dans la Rhétie, trois dans la haute et deux dans la basse Germanie; la Bretagne étoit occupée par trois légions; huit légions, dont six séjournoient en Syrie et deux en Cappadoce, sufïisoient à la tranquillité de l’Orient. L’Égypte, l’Afrique et l’Espagne se maintenoient en paix, chacune sous la police d’une légion. Seize mille hommes de cohortes de la ville et des gardes prétoriennes ' protégeoient en Italie le double monument de la liberté et de la servitude, le Capitole et le palais des Césars.

Trois Hottes, la première à Ravenne, la seconde à Misène, la troi¬

sième à Fréjus, veilloient à la sûreté de la Méditerranée orientale et

guste, les autres ayant été ou dissoutes ou réunies, ainsi que Dion le dit; mais d’autres y furent ajoutées par les successeurs d’Auguste.

Alebantur eo tempore (Augusti ævo) legiones civium Romanorum xxm, aut, quem alii numerum ponunt, quinque et viginti; nostro tempore solæ novemdecim ex iis restant: nempe seconda legio Augusta, cujus in superiori Britannia sunt hiberna; très tertiæ, una in Phœnicia, Gallica nomine; altéra in Arabia, Gyrenaica dicta legio; tertia Augusta, in Numidia; quarta, Scythica, in Syria; quinta, Macedonica, in Dacia; sextæ duæ, una in inferiori Britannia, Victrix ; altéra in Judæa, Ferrata : septima in Mysia superiore, Claudiana præcipue nuncupata ; octava, Augusta, in Germania superiore; décima utraque gemina, cum quse in Pannonia superiore, tum quæ in Judæa posita est; undecima in Mysia inferiore, Claudiana cognomento (hæ duæ legiones a Claudio sunt nominatæ, quod adversus eum in seditione Camilli non rebellassent) ; duodecima in Gappadocia, Fulminifera; decimatertia gemina in Dacia; decimaquarta gemina in Pannonia superiore : decimaquinta, Apollinaris, in Cappadocia ; Vicesima Valeria et Victrix, in Britannia superiore versantes : quam vicesimam, ut mihi videtur, eamdem cum ea legione cui pariter nomen est Vicesimæ et cui hiberna in superiore sunt Germania (quamvis non ab omnibus Valeria dicatur, neque hodie id nomen retineat), Augustus acceptam servavit. Hæ itaque legiones Augusti supersunt, reliquis aut omnino dispersatis aut ab ipso Augusto, et aliis imperatoribus inter cæteras legiones admixtis, unde Geminarum appellatio tracta putatur. — Ac quoniam quidem semel de legionibus dicere cœpi, lubet reliquas etiam superstites, ab aliis imperatoribus deinceps lectas, hoc loc.o referre, ut qui de liis cognoscere cupit uno omnia loco facilius percipiat. Nero legionem primant, Italicam nuncupatam, instituit in Inferiori Mysia hiemantem; Galba primant Adjutricem, in inferiori Pannonia, septimam in Hispania ; Vespasianus secundam Adjutricem in Pannonia inferiori, quartam in Syria Harsant; Domitianus primant Minensiant in Germania inferiori; Trajanus secundam Ægyptiam, et trigesimam Germanicam, quibus a suo nomine nomen imposait; Marcus Antoninus secundam in Norico, tertiam in Rhætia : quæ etiam Italicæ vocantur : Severus Parthicas primam et tertiam in Mesopotamia , secundamque Mediant in Italia. Nostro itaque tempore tôt. sunt legiones civium, præter urbanos et prætorianos : sub Augusto autern seu xxm , seu xxv ictæ alebantur , ac niultæ etiam aliæ auxiliariæ, equitum peditumque et classiariorunt, qua non certus numerus mihi non constat: (Diox., lib. LV,cap. xxm etuv; Hantburgi, 1752, in-fol., p. 794 etseqq.)

1. Ci te o tou, arccpoXa/.E; , u.usta ovreç, /.al rW. y r, TETa"j'u.Eva, >cat cl tx; ttoXswç cppoupot È^ax.tæ/JXtci te ovteç, /.ai t e t p a:/ y, v £ v E y. y. y. s' v o i .

Decies item mille prætoriani milites in decem divisi cohortes : ultro præsidiani, ad

occidentale' : une quatrième commandoit l’Océan, entre la Bretagne et les Gaules, une cinquième couvroit le Pont-Euxin, et des barques montées par des soldats stationnoient sur le Rhin et le Danube2 : telle étoit la force régulière de l’empire. Cette force, accrue graduellement, ne s’élevoit pas toutefois au delà de quatre cent cinquante mille hommes, au moment où des myriades de barbares se préparaient à l’attaquer. Il est vrai que tout Romain étoit réputé soldat, et que dans certaines occasions on avoit recours aux levées extraordinaires connues sous le nom de conjuration ou d 'évocation, et exécutées par les conquisitores 3. On arborait dans ce cas du tumulte deux pavillons au Capitole, un rouge, pour rassembler les fantassins, l’autre bleu, pour réunir les cavaliers.

Une ligne de postes fortifiés, surtout au bord du Rhin et du Danube, dans certains endroits des murailles, des manufactures d’armes pla-

sex millia, in quatuor cohortes distributi. (Dion., lib. lv, cap. xxiv; Hamburgi, 1752, in-fol., p. 797. ) •

Totidem (legionibus) apud Dalmatiam locatis, quæ positu regionis a tergo illis, ac si repentinum auxilium Italia posceret, haud procul accirentur ; quamquam incideret urbem propius miles, très urbanæ, novem prætoriæ cohortes, Etruria ferme Umbriaque delectæ, aut vetere Latio, et coloniis antiquitus Romanis. (Tac., Ann., lib. iv, cap. v; Suet., Hist. Rom., x ol. III, p. 185.)

Elles furent augmentées sous Vitellius.

Insuper confusus, pravitate vel ambitu, ordo militiæ. Sedeeim prætoriæ, quatuor urbanæ cohortes scribebantur, quels singula millia inessent. (Tac., Hist., lib. ir, cap. xcm ; Suet., Hist. Rom., vol. III, p. 311.)

1. Ex militaribus copiis legiones etauxilia provinciatim distribuit : classem Miseni, et alteram Ravennæ, ad tutelam superi et inferi maris, collocavit. (Suet., Aug., cap. xlix ; Suet., Hist. Rom., vol. III, p. 30.)

Italiam utroque mari duæ classes, Misenum apud et Ravennam, proximumque Galliæ littus rostratæ naves præsidebant, quas Actiaca Victoria captas Augustes in oppidum Forojuliense miserat, valido cum remige. (Tac., Ann., iv, cap. v; Suet., Hist. Rom., vol. III, p. 185.)

Apud Misenum ergo et Ravennam singulæ legiones cum classibus stabant, ne longius a tutela urbis abscederent: et cum ratio postulasset, sine inora, sine circuitu ad omnes mundi partes navigio pervenirent. (Veget., lib. iv, cap xxxi; Vesaliæ Clivorum, 1670, in-8°, p. 133.)

2. Igitur digressus castellis Vannius, funditur prælio : quamquam rebus adversis, laudatus quod et pugnam manu capescit, etcorpore adverso vulnera excepit. Cæterum ad classem in Danubio oppericntem perfugit. (Tac., Ann., lib. xii, cap. \xx; Suet., Hist. Rom., vol. III, p. 224.)

Nam per Rheni quidem ripam quinquaginta amplius castella direxit, Bonnam et Geconiam cum pontibus junxit, classibusque flrmavit. (Hou., lib. iv, cap. xii; Suet., Hist. Rom., vol. II, p. 51.)

3. Qui rempublicam salvam esse vult, me sequatur , disoit. le consul. Tumultus quasi timor multus, vel a tumeo. (Cic., Phil.)

Au de R .

An de J.-C.

1er,

cées à distance convenable, complétaient le système défensif des Romains. Ce système changea peu depuis le règne d’Auguste jusqu’à celui de Dèce. On ajouta seulement à la défense ce que l’expérience avoit fait juger utile.

Sous Auguste s’alluma cette guerre de la Germanie oùVarus perdit ses légions.

Lorsque Auguste entroit dans son douzième consulat, et que Caius César étoit déclaré prince de la jeunesse, que se passoit-il dans un petit coin de la Judée?

« Vers ce même temps, on publia un édit de César Auguste pour faire le dénombrement des habitants de toute la terre.

« Joseph partit aussi de la ville de Nazareth, qui étoit en Galilée, et vint en Judée à la ville de David, appelée Bethléem, parce qu’il étoit de la maison et de la famille de David ;

« Pour se faire enregistrer avec Marie, son épouse, qui étoit grosse.

« Pendant qu’ils étoient en ce lieu, il arriva que le temps auquel elle devoit accoucher s’accomplit.

« Et elle enfanta son fds premier-né ; et l’ayant emmaillotté, elle le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avoit point de place pour eux dans l’hôtellerie.

<( Or, il y avoit aux environs des bergers qui passoient la nuit dans les champs, veillant tour à tour à la garde de leur troupeau.

« Et tout d’un coup un ange du Seigneur se présenta à eux, et une lumière divine les environna, ce qui les remplit d’une extrême crainte.

« Alors l’ange leur dit : Ne craignez point , car je vous viens apporter une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie.

« C’est qu’aujourd’hui , dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ. »

Ces merveilles furent inconnues à la cour d’Auguste, où Virgile chantait un autre enfant : les fictions de sa muse n’égaloient pas la pompe des réalités dont quelques bergers étoient témoins. Un enfant de condition servile, de race méprisée, né dans une étable à Bethléem, voilà un singulier maître du monde, et dont Rome eût été bien étonnée d’apprendre le nom ! Et c’est néanmoins à partir de la naissance de cet enfant qu’il faut changer la chronologie et dater la première année de l’ère moderne '.

1. La vraie chronologie doit placer la naissance de Jésus-Christ au 25 décembre de l’an de Rome 751, la vingt-septième année du règne d’Auguste; mais l’ère commune la compte, comme je l’ai remarqué, de l’an 754 de la fondation de Rome.

Tibère, successeur d’Auguste, ne se donna pas comme lui la peine de séduire les Romains; il les opprima franchement, et les contraignit à le rassasier de servitude. En lui commença cette suite de monstres nés de la corruption romaine.

Le premier dans l’ordre des temps, il fut aussi le plus habile; tout dégénère, même la tyrannie : des tyrans actifs on arrive aux tyrans fainéants.

Tibère étendit le crime de lèse-majesté qu’avoit inventé Auguste. Ce crime devint une loi de finances, d’où naquit la race des délateurs ; nouvelle espèce de magistrature, que Domitien déclara sacrée sous la justice des bourreaux L

Tibère sacrifia les droits du peuple aux sénateurs, et les personnes des sénateurs au peuple, parce que le peuple, pauvre et ignorant, n’avoit de force que dans ses droits, et que les sénateurs, riches et instruits, ne tiroient leur puissance que de leur valeur personnelle.

Tibère mêloit à ses autres défauts celui des petites âmes, la haine pour les services qu’on lui avoit rendus, et la jalousie du mérite : le talent inquiète la tyrannie; foible, elle le redoute comme une puissance ; forte, elle le hait comme une liberté.

Les mœurs de Tibère étoient dignes du reste de sa vie ; mais on se taisoit sur ses mœurs, car il appeloit ses crimes au secours de ses vices : la terreur lui faisoit raison du mépris.

La guerre des Germains continua sous ce prince ; elle servit aux victoires de Germanicus, et celles-ci préparèrent le poison qui les devoit expier. Les triomphes de Germanicus lui coûtèrent la vie : il mourut de sa gloire, si j’ose parler ainsi.

L’année où sa veuve, la première. Agrippine, après de longues souffrances, alla le rejoindre dans la tombe, le Fils de l’Homme achevoit sa mission : il rapportait aux peuples la religion, la morale et la liberté au moment où elles expiroient sur la terre.

«Cependant la mère de Jésus et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine, se tenoient auprès de sa croix.

1. Legem majestatis reduxerat : cui nomen apud veteres idem, sed alia in jüdicium veniebant : Si quis proditione exercitum aut plebem seditionibus denique, male gesta republica, majestatem populi Romani minuisset. Facta arguebantur, dicta impune erant. Primus Augustus cognitionem de famosis libellis’specie legis ejus tractavit, commotus Cassii Severi libidine, qua viros feminasque illustres, procacibus scriptis diffamaverat. Mox Tiberius, consultante Pompeio Macro prætore : an judicia majestatis redderentur? Exercendas leges esse, respondit. (Tac., Ann., lib. i, cap. lxxij, p. 128 et 129, edit. 1715 a Christ. Hauffio ; Leipsick. — Cod.} lib. ix, tit. vin, Ad legem Juliam majestatis. — Digest.. eodem. )

An de J.-C.

Tibère.

An de J. C.

Caligula.

An de J.-C.

Claude.

An de J. -G.

u JUsus ayant donc vu sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimoit, dit à sa mère : Femme, voilà votre Fils.

« Puis il dit au disciple : Voilà votre mère. Et depuis cette heure-là ce disciple la prit chez lui.

a Après, Jésus sachant que toutes choses étoient accomplies, afin qu’une parole cle l’Écriture s’accomplît encore il dit : J’ai soif.

« Et comme il y avoit là un vase plein de vinaigre, les soldats en emplirent une éponge, et, l’environnant d’hysope, la lui présentèrent à la bouche.

« Jésus, ayant donc pris le vinaigre, dit : Tout est accompli. Et baissant la tète, il rendit l’esprit. »

A cette narration, on ne sent plus le langage et les idées des historiens grecs et romains; on entre dans des régions inconnues. Deux mondes étrangement divers se présentent ici à la fois : Jésus-Christ sur la croix, Tibère à Caprée.

Ea publication de l’Évangile commença le jour de la Pentecôte de cette même année. E’Église de Jérusalem prit naissance : les sept diacres, Étienne, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parmenas et Nicolas, furent élus '. Le premier martyre eut lieu dans la personne de saint Étienne1 2; la première hérésie se déclara par Simon le magicien3, et futsuivie de celle d’Apollonius de Tyane. Saul, de persécuteur qu’il étoit, devint l’apôtre des gentils sous le grand nom de Paul. Pilate envoya à Rome les actes du procès du fils de Marie; Tibère proposa au sénat de mettre Jésus-Christ au nombre des dieux 4. Et l’histoire romaine a ignoré ces faits.

Après Tibère, un fou et un imbécile, Caligula et Claude, furent suscités pour gouverner l’empire, lequel alloit Mlors tout seul et de

1. Et elegerunt Stephanum, virum plénum, fide et spiritu sancto, et Pliilippum et Prochorum, et Nicanorem et Timonem, et Parmenam et Nicolaum advenam Antiochenum. (Act. Apost. F. S., p. 289; Lyon, 1084.)

2. Et lapidabant Stephanum invocantem et dicentem : « Domine Jesu, suscipe spiritum meum. »

3. Simon, nimirum quidam Samaritanus, in vico cui Gitthon nomen est, natus sub Claudio Cæsare... propter magicas quas exhibuit virtutes deus habitus, et statua apud eb s veluti deus honoratur : quæ statua in amne Tiberi, inter duos pontes est erecta , latinam liane liabens inscriptionem : Simoni deo sancto; ac Samaritani prope omnes, ex aliis nationibus etiam perpauci, ilium quasi primum deum esse confitentes, adorant quoque. (Juff., Mart. Apol. , t. II, p. 69.)

4. Pilato de christianorum dogmate ad Tiberium referente, Tibcrius retulit ad senatum ut inter caetera sacra reciperetur. Verum, cum ex consultu patrum christianos eliminari urbe placuisset, Tiberius post edictum accusatoribus christianorum comminatus est mortem, scribit Tertullianus in Apologetico. (Euseb. C.es. Citron., an. Dom. ixxvm; Bfde. )

lui-même, comme leur prédécesseur l’avoit monté, avec la servitude et la tyrannie.

II faut rendre justice à Claude; il ne vouloit pas la puissance: caché derrière une porte pendant le tumulte qui suivit l’assassinat de Caius, un soldat le découvrit et le salua empereur'. Claude, consterné, ne demandoit que la vie ; on y ajoutoit l’empire, et il pleuroit du présent.

Sous Claude commença la conquête de la Grande-Bretagne : né à Lyon , l’empereur introduisit les Gaulois dans le sénat.

Les Juifs persécutés à Alexandrie députèrent Philon à Caligula. Hérode Antipas2 et Pilate furent relégués dans les Gaules. Corneille est le premier soldat romain qui reçut la foi.

Le nombre des disciples de l’Évangile s’accroît, les sept Églises de l’Asie Mineure se fondent. C’est dans Antioche que les disciples de l’Évangile reçoivent pour la première fois le nom de chrétiens 3. Pierre, emprisonné à Jérusalem par Hérode Agrippa, est délivré miraculeusement. Ce prince d’une espèce nouvelle, dont les successeurs étoient appelés à monter sur le trône des césars, entra dans Rome4, le bâton

1. Neque multo post, rumore cædis exterritus, processif ad solarium proximum, interque prætenta foribus vêla se abdidit : latentem discurrens, forte gregarius miles, animadversis pedibus, e studio sciscitandi quisnam esset, agnovit, extractumque, et præ metu ad genua sibi accidentem, imperatorem salutavit. ( Vita Claudii, cap. n, p. 202; édit, de 1761, par Ophelot de La Pause; Paris.)]

2. Anno Domini 38, — régnante Caligula, — Herodes Lugdunum Galliæ mittitur in exilium. (Joseph., 18-14.)

Interea Tiberius duobus et viginti circiter annis sui principatus exactis, vivendi finem fecit : postquam Caius imperium suscepit, et continuo Judæorum principatum tradidit. Agrippæ simul et Philippi ac Lysianæ tetrarchias, cum quibus et paulo post Herodis eidem pariter contulit. Ipsum vero Herodem qui vel in Johannis nece auctor exstiterat, vel in passione Domini interfuerat, multis excruc'atum modis, æterno damnat exilio : sicut Joseplius in bis quæ supra inseruimus scribit. (Eisebii Cæs. Historiœ , lib. ii, p. 482 , édit. 1559; Basileæ, per Henricum Pétri, in-4°. )

Voici le passage qu’Eusèbe, d’après Nicéphore et Josèpbe ( Antiq . Jud . ), rapport» dans l’endroit indiqué :

In tantas et tant graves calamitates, ut fertur, incurrit ut, necessitate adductus, sibi propria manu mortem conscisceret, suorumque ipse scelerum vindex exsisteret. (Eeseb., Hist. Eccles., lib. h, cap. vu.)

3. Et annum totum conversati sunt ibi in ecclesia, et docuerunt turbam multam, ita ut cognominarentur primum Antiochiæ discipuli christiani. ( Act . Apostolor ., cap. xi, vers, xxvi, p. 295; Lugduni, 1684.)

4. Continuo namque in ipsis Claudii temporibus, clementia divinæ Providentise probatissimum omnium apostolorum et maximum fidei, magnificentiæ et virtutis merito primorum principem Petrum, ad urbem Romam, velut adversum lmmani generis communem perniciem repugnaturum deducit, ducem quemdam et magistrum militiæ suæ, scientem divina prælia gerere, et virtutum castra ductare, iste adve-

Claude

emp.

Pierre

pape.

An (le J.-C.

Néron

emp.

S. -Pierre.

An de J.-C.

pastoral à la main, la seconde année du règne de Claude. Avant de se disperser pour annoncer le Messie , les apôtres composèrent à Jérusalem le symbole de la foi. Cette charte des chrétiens, qui devoit devenir la loi du monde, ne fut point écrite : Jésus-Christ n’écrivit rien ; sept de ses apôtres n’ont laissé que leurs œuvres ; il y en a d’autres, dont on ne sait pas même le nom : et la doctrine de ces inconnus a parcouru la terre! Jean enseigna dans l’Asie Mineure, et retira chez lui Marie, que le Sauveur lui avoit léguée du haut de la croix; Philippe alla dans la haute Asie, André chez les Scythes, Thomas chez les Parthes, et jusqu’aux Indes où Barthélemy porta l’évangile de saint Matthieu, écrit le premier de tous les évangiles. Simon prêcha en Perse, Matthias en Éthiopie, Paul dans la Grèce; Marc, disciple de Pierre, rédigea son évangile à Rome, et Pierre envoya des missionnaires en Sicile, en Italie, dans les Gaules, et sur les côtes de l’Afrique. Saint Paul arrivoit à Ephèse lorsque Claude mourut, et il catéchisa lui-même dans la Provence et dans les Espagnes.

Nous apprenons par les épîtres de cet apôtre que les premiers chrétiens et les premières chrétiennes à Rome furent Epenitas, Marie, Andronic, Junia, Ampliat,, Urbain, Stachys, Appelés. Paul salua encore les fidèles de la maison d’Aristobule et ceux de la maison de Narcisse’, le fameux favori de Claude. Ces noms sont bien obscurs, et ne se trouvèrent point dans les documents fournis à Tacite ; mais il est assez merveilleux sans doute de voir, du point où nous sommes parvenus, le monde chrétien commencer inconnu dans la maison d’un affranchi que l’histoire a cru devoir inscrire dans ses fastes.

De même que tous les conquérants sont devenus des Alexandre, tous les tyrans ont hérité du nom de Néron. On ne sait trop pourquoi ce prince a joui de cet insigne honneur, car il ne fut ni plus cruel que Tibère, ni plus insensé que Caligula, ni plus débauché qu’Éliogabale : c’est, peut-être parce qu’il tua sa mère, et qu’il fut le premier persécuteur des chrétiens. Peut-être encore son enthousiasme pour les arts donna-t-il à sa tyrannie un caractère ridicule qui a servi à la faire

niens ex orientis partibus, ut cœlestis quidam negotiator, mercimonia divini luminis, si quis sitcomparare paratus, advexit, et salutaris prædicationis verbo primus in urbe Roma Evangelii sui clavibus januam regni cœlestis aperuit (Euseb. Cæs. , Hist. Ecoles ., lib. ii, p. 487, edit. Basile®, per Henric. Pétri; 1559, in-4°.)

Petrus apostolus, natione Galilæus, christianorum pontifex, cum primum Antiochenam Ecclesiam fundasset, Romani proficiscitur, ubi Evangelium prædicans viginti quinque annis ejus urbis episcopus persévérât. (Eusebii C.esaris Chronicon , D. Hieronymo interprète, anno Dom. 44, p. 77, edit. Basile®, per Henricum Pétri; 1559.)

1. Salutate eos qui sunt ex Narcissi domo qui sunt in Domino. ( Ep. IG B. Pauli ad Romanos , vers. 11.)

remarquer. Le beau ciel de Baia et les fêtes étoient les tableaux où Néron aimoit à placer ses crimes.

Les sénateurs qui le condamnèrent à mort lui prouvèrent qu’un artiste ne vit pas partout, comme il avoit coutume de le dire, en chantant sur le luthL Ces esclaves, qui jugèrent leur maître tombé, n’avoient pas osé l’attaquer debout : ils laissèrent vivre le tyran; ils ne tuèrent que l’histrion.

L’incendie de Rome, dont on accusa les chrétiens, que l’on confondoit avec les Juifs, produisit la première persécution : les martyrs étoient attachés en croix comme leur Maître , ou revêtus de peaux de bêtes et An de j. -g. dévorés par des chiens, ou enveloppés dans des tuniques imprégnées ()4, de poix, auxquelles on mettoit le feu 1 2 : la matière fondue couloit à terre avec le sang. Ces premiers flambeaux de la foi éclairoient une fête nocturne que Néron donnoit dans ses jardins : à la lueur de ces flambeaux il conduisoit des chars.

Paul, accusé devant Félix et devant Festus, vient à Rome, où il prêche l’Évangile avec Pierre3. f

Hérésie des nicolaïtes, laquelle avoit pris son nom de Nicolas, un des premiers sept diacres. Saint Jacques, évêque de l’Église juive, avoit souffert le martyre. La guerre de Judée commençoit sous Sextus Gallus, et les chrétiens s’étoient retirés de Jérusalem.

Apollonius de Tyane, débarqué dans la capitale du monde pour voir, disoit-il, quel animal c’étoit qu’un tyran4, s’en fit chasser avec les

1 . Prædictum a mathematicis Neroni olim erat, fore ut quandoque destitueretur.

Unde vox ejus celeberrima : to rr/viov Tzàay. qaïa rpscpei. ( Suet., in Vit Nerow's. )

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