‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 128 sur 358 · Vid. et Voss., De Histor. gr ., lib. ir, cap. xxi · texte numérisé non relu

Vid. et Voss., De Histor. gr ., lib. ir, cap. xxi

4. Gum enim vidèrent nec tôt tantisque persecutionibus eam potuisse consumi, sed bis potius mira incrementa sumpsisse, excogitaverunt nescio quos versus græcos, tanquam consulenti cuidam divino oraculo effusos, ubi Christum quidem ab liujus tanquam sacrilegii crimine faciunt innocentem. Petrum autem maleficiis fecisse subjungunt, ut coleretur Christi nomen per trecentos sexaginta quinque annos; deinde

période expiroit sous le consulat d’Honorius et d’Eutychianus , l’an 398 de l’ère chrétienne. Les païens, pleins de joie, attendoient l’abolition complète et immédiate de la loi évangélique, et ce même an les temples de l’Afrique furent renversés ou fermés par les ordres d’Honorius 1 .

Une autre espérance survint : Radagaise , païen et barbare, ravageoit l’Italie etmenaçoit Rome. Gomment, disoient les pieux idolâtres, pourrons-nous résister à un homme qui offre soir et matin d’agréables victimes à ces dieux que nous abandonnons 2 ? » Et Radagaise fut vaincu, tandis qu’Alaric, barbare aussi, mais chrétien, entra dans Rome. Eucher, fils de Stilicon, étoit l’objet de vœux secrets; il professoit le paganisme.

Attale même, ce jouet des Goths, eut des partisans; il avoit distribué les principaux offices de l’État à des polythéistes, et Zosime remarque que la famille chrétienne des Anices s’affligeoit seule du bonheur public3 . La passion ne pouvoit aller plus loin.

Enfin , un des derniers fantômes d’empereur créés par Ricimer, Anthemius, donna une dernière palpitation au cœur des vieux hellénistes : il inclinoit aux idoles ; il avoit promis à Sévère, tout livré à l’ancien culte, de rétablir la ville éternelle dans sa première splendeur et de lui rendre les dieux auteurs de sa gloire. Le pape Hilaire traversa ce dessein en faisant promettre à Anthemius d’écarter de lui un certain Philothée4, de la secte des Macédoniens, qui plaçoit Anthemius entre le paganisme et l’hérésie ; Alaric et Genseric avoient déjà pillé Rome, et Odoacre, roi d’Italie, étoit au moment de remplacer l’empereur d’Occident.

Le paganisme alla s’ensevelir dans les catacombes d’où le christianisme étoit sorti : on trouve encore aujourd’hui parmi les chapelles et les tombeaux des premiers chrétiens les sanctuaires et les simulacres des derniers idolâtres5. Non-seulement les restes de la religion grecque se conservèrent en secret, mais elle domina publiquement ' quelque partie du nouveau culte : saint Boniface, dans le vme siècle, s’en plaint à la cour de Rome 6.

complète memorato numéro annorum sine mora sumeret finem. ( De Civit. Dei , lib. xvin, cap. lui.)

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