‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 140 sur 358 · Zos., p. 785; Philost., lib. n, cap. m · texte numérisé non relu

Zos., p. 785; Philost., lib. n, cap. m

3. Data a Gaine tessera simul universi Rufinum circumdatum gladiis feriunt. Et liic quidem ei dexteram adimebat, ille manum alteram procidebat. Alius a cervice revulso capite recedebat consuetos victoriæ Poanasaccinens... et manum ejusubique per urbem circumgestarent et ab occurrentibus peterent insatiabili pecuniam darent. (Zos., Hist., lib. y, p. 89.)

Rufinus quidem etiam imperatorium nomen ad se ipsum trahere omni arte studebat.... Milites, in loco qui Tribunal dicitur, ad ipsos imperatoris pedes gladiis contrucidarunt... Eo ipso die quo ii qui militum delectum agebant, purpuram Jipsi circumdaturi erant. (Philostorg., Hist.eccl. , lib. ix, p. 528.)

4. Porro milites cum Rufino caput amputassent, lapidem ori ejus immiserunt, hastæque infixum circumferentes quaqua versum discurrere cœperunt. Dextram quoque ejusdem præcisam gestantes , per singulas officinas urbis circumtulerunt, hæc addentes : Date stipem insatiabili. Magnamque auri vim hujusmodi postulatione collegerunt. (Id., ibid.)

de la montagne; des robes noires (ce qui dans le langage d’Eunape signifie des moines) le découvrirent aux Goths U Quel prodigieux changement dans les temps! Quelle révolution parmi les hommes!

Les murailles de Thèbes la protégèrent1 2 ; les souvenirs de cette ville venoient d’Œdipe, passoient par Épaminondas et Alexandre. Alaric épargna Athènes, qui n’étoit plus qu’une université, moins fameuse par sa philosophie que par son miel3. Il accepta un repas, et se baigna dans la cité de Périclès et d’Aspasie pour montrer qu’il n’étoit pas étranger à la civilisation 4. Mais l’Attique fut livrée aux flammes. On voit encore aujourd’hui cette Athènes qui ressemble, comme elle ressembloit au temps des Goths , à la peau vide et sanglante d’une victime dont la chair avoit été offerte en sacrifice5. On affirmoit que Minerve avoit remué sa lance ; que l’ombre d’Achille avoit effrayé Alaric6. Des esprits débilités par des fables sont bien petits dans les réalités des empires : la Grèce, conservée et comme embaumée dans ses fictions, opposoit puérilement les mensonges du passé aux terribles vérités du présent.

Alaric continua sa marche vers le Péloponèse : Gérés périt à Eleusis avec ses mystères; plusieurs philosophes moururent de douleur ou par l’épée des barbares, entre autres Protère, Hilaire et Prisais, si chéri de Julien 7. Corinthe, Argos et Sparte virent leur gloire foulée aux pieds. Alors périt aussi peut-être ce Jupiter Olympien qui n’avoit d’immortel que sa statue. Malheureusement il étoit d’or et d’ivoire; s’il eût été de marbre, quelque espoir resterait de le retrouver sous les buissons de l’Élide, à moins que la pensée broyée de Phidias ne fût devenue la chaux d’une cahute ou d’un minaret.

Stilicon débarque avec une armée sur les côtes de la Grèce ; il enferme Alaric dans le mont Pholoé, et le laisse ensuite échapper8. Sorti du Péloponèse, Alaric, par un soudain changement de fortune, est déclaré maître général de l’IUyrie orientale, au nom de l’empereur Arcade. Ce prince prétendoit qu’Honorius n’avoit pas eu le droit de le secourir,

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