Zos., p
3. Les détails se trouveront à l’article des Mœurs clés barbares.
de se rendre1, par Héros, évêque d’Arles; précaution qui ne le sauva pas : il fut envoyé avec son fils en Italie; on les décapita à douze lieues de Ravenne.
Édobic ou Édobinc, chef frank et général de Constantin, avoit essayé de le secourir. Constance et Ulphilas, capitaine goth qui commandoit sa cavalerie, défirent Édobic sur les bords du Rhône. Édobic, se réfugia chez Ecdice, seigneur gaulois auquel il avoit jadis rendu des services2. Ecdice coupa la tête à son hôte, et la porta à Constance3. « L’empire, dit Constance en recevant le présent, remercie Ulphilas de l’action d’Ecdice4; » et Constance chassa dfe son camp, comme y pouvant attirer la colère du ciel, ce traître à l’amitié et au malheur5.
Jovin prit la pourpre à Mayence dans l’année Zi 1 2 .
Les Goths, après avoir évacué l’Italie, étoient descendus dans la Provence. Ataulphe s’allie avec Jovin , lequel avoit nommé auguste Sébastien son frère : il se brouille bientôt avec eux, et les extermine6. Les généraux d’Honorius s’étoient joints aux Goths dans cette expédition .
L’an 413, Héraclien se révolte en Afrique. 11 aborde en Italie, et repoussé, s’enfuit à Carthage, et va mourir inconnu dans le temple de Mnémosyne.
Honorius avoit une qualité singulière : c’étoitde n’entendre à aucun arrangement ; il opposoit son ignominieuse lâcheté à tout comme une vertu. Lui offroit-on la paix lorsqu’il n’avoit. aucun moyen de se défendre, il chicanoit sur les conditions, les éludoit, et finissoit par s’y refuser. Sa patience usoit l’impatience des barbares; ils se fatiguoient de le frapper, sans pouvoir l’amener à se reconnoître vaincu. Mais admirez l’illusion de cette grandeur romaine qui imposoit encore même après la prise de Rome!
Ataulphe désiroit ardemment épouser Placidie, toujours captive; il
1. Post banc victoriam... Constantinus cognita Edonici cæde, purpuram et reliqua imperii insignia deposuit.
Cumque ad ecclesiam venisset, illic presbyter ordinatus est. (Soz., lib. ix, cap. xv, p. 81 G, d.)
2. Profugit ad Ecdicium, qui, multis olim beneficiis ab Edobico affectus, amicus illi esse putabatur. ( Id., ibid.)
3. Yerum Ecdicius caput Edobici amputatum ad Honorii duces detulit. ( ld . , ibid.)
4. Constantius vero caput quidem accipi jussit, dicens rempublicam gratias agere Ulfilæ ob facinus Edicii. [Id., ibid. )
5. Sed cum Ecdicius apud eum manere vellet, abscedere eum jussit, nec sibi, nec exercitui commodam fore ratus consuetudinem hujus viri, qui tain male liospites suos exciperet. {Id., ibid.)
G. Oros., p. 224; Idat., Chr.
la demandoit toujours en mariage à son frère, qui larefusoit toujours. Pendant ces négociations, cent fois interrompues et renouées, le successeur d’Alaric s’empara de Narbonne et peut-être de Toulouse ; il échoua devant Marseille : il y fut repoussé et blessé par le comte Boniface; Bordeaux lui ouvrit ses portes.
Les Franks, dans l’année Z|13, brûlèrent Trêves. Les Burgondes ou Bourguignons ' s’établirent définitivement dans la partie des Gaules à laquelle ils donnèrent leur nom.
Las du refus d’Honorius, Ataulphe résolut de prendre à femme celle dont il eût pu faire sa concubine par le droit de victoire. Le mariage avoit peut-être eu lieu à Forli1 2, en Italie; il fut solemnisé à Narbonne, au mois de janvier l’an ûlû. Ataulphe étoit vêtu de l’habit romain, et cédoit la première place à la grande épousée : on la voyoit assise sur un lit orné de toute la pompe de l’impératrice. Cinquante beaux jeunes hommes, vêtus de robes de soie, eux-mêmes partie de l’offrande, déposèrent aux pieds de Placidie cinquante bassins remplis d’or et cinquante remplis de pierreries3. Attale, qui d’empereur étoit devenu on ne sait quelle chose à la suite des Goths, entonna le premier épithalame 4. Ainsi un roi goth, venu de la Scythie, épousoit à Narbonne Placidie, son esclave, fdle de Théodose et sœur d’Honorius, et lui donnoit en présent de noces les dépouilles de Rome; à ces noces dansoit et chantoit un autre Romain , que les barbares faisoient histrion, comme ils l’avoient fait empereur, comme ils le firent ambassadeur auprès d’un aspirant à l’empire, comme il leur plut de lui jeter de nouveau la pourpre.
Finissons-en avec Attale. Après le mariage de Placidie, ce maître du monde, qui n’avoit ni terre, ni argent, ni soldats, nomme intendant de son domaine le poète Paulin, petit-fils du poète Ausone 5. Abandonné par les barbares, Attale, qui avoit suivi les Goths en Espagne, s’embarque pour aller on ne sait où : il est pris sur mer et conduit enchaîné à Ravenne. A la nouvelle de cette capture, Constantinople se répandit en actions de grâces6 et s’épuisa en réjouissances publiques.
1. Il y a aussi les Burugondes, qu’il ne faut pas confondre avec les Burgondes ou Bourguignons.