‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 148 sur 358 · Zosim., p. 829 et seq. 5. Ici., ibicl · texte numérisé non relu

Zosim., p. 829 et seq. 5. Ici., ibicl

(409, 28 septembre). Les Vandales avoient pour roi Gonderic, et les Suèves Ermeric. Les provinces ibériennes sont tirées au sort : la Galice échoit aux Suèves et aux Vandales de Gonderic ; la Lusitanie et la province de Carthagène sont adjugées aux Alains, la Bœtique tombe en partage à d’autres Vandales, dont elle prit le nom de Vandalousie. Quelques peuples de la Galice se maintinrent libres dans les montagnes 1 .

En 410, sur des négociations entamées avec Honorius, Alaric dégrade Attale ; il le dépouille publiquement des ornements impériaux à la porte de Rimini2. Attale et son fils Ampèle restent sur les chariots de leur maître. Alaric gardoit aussi dans ses bagages Placidie , sœur d’Honorius, demi-reine, demi-esclave. Il essaye de conclure la paix avec le frère de cette princesse, auquel il envoie le manteau d’Attale. Honorius hésite ; Alaric reprend son empereur parmi ses valets, remet la pourpre sur le dos d’Attale, et marche à Rome. L’heure fatale sonna le vingt-quatrième jour d’août, l’an 410 de Jésus-Christ.

Rome est forcée ou trahie : lesGoths, élevant leurs enseignes au haut du Capitole, annoncent à la terre les changements des races 3.

Après six jours de pillage, les Gotlis sortent de Rome comme effrayés; ils s’enfoncent dans l’Italie méridionale: Alaric meurt: Ataulphe, son beau-frère , lui succède.

Dans les années 411 et 412 il n’y eut plus de consul , comme il n’y avoit plus de monde romain : du moins on ne trouve pas leurs fastes dans ces deux années. Il s’éleva pourtant alors un général de race latine. Constance étoit de Naisse, patrie de Constantin; il s’étoit fait connoître du temps de Théodose; il avoit le titre de comte lorsque Honorius songea à l’employer. Si Ton ne connoissoit l’orgueil humain, on ne comprendroit pas qu’Honorins pardonnât moins à un chétif compétiteur qui lui disputoit le diadème, qu’aux barbares qui le lui arrachoient : Constance eut ordre d’aller attaquer Constantin , tyran des Gaules.

Géronce, qui avoit proclamé Maxime auguste en Espagne, tenoit Constantin assiégé dans Arles : il fut abandonné de son armée aussitôt que Constance parut. Maxime tomba avec Géronce, et vécut parmi les barbares dans la misère.

Constantin, délivré de Géronce, se remit lui et son fils Julien entre les mains du général d’Honorius : il s’étoit fait ordonner prêtre avant

1. Aug., ep. 122 ; Pros., Chr. ; Zos., p. 814 ; Idat., Chr ., p. 10.

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