‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 207 sur 358 · fors ripæ colle propinquo · texte numérisé non relu

fors ripæ colle propinquo

Barbaricus resonabat hymen, scythicisque clioreis Erudebat flavo similis nova nupta marito.

Barbarici vaga festa tori convictaque passim Fercula captivasque dapes, cirroque madente Ferre coronatos redolentia serta lebetas,

. . . . . . rapit esseda viclor

Nubentemque nurum .

(Apollin., in Panegyr. Major.)

Zi 30 ÉTUDES HISTORIQUES.

nez, qui ne respire pas dix fois le matin 1’odeur empestée de l’ail et de Rognon U

Tous les barbares n’étoient pas aussi brutaux. Les Franks, mêlés depuis longtemps aux Romains, avoient pris quelque chose de leur propreté et de leur élégance. « Le jeune chef marchoità pied au milieu des siens; son vêtement d’écarlate et de soie blanche étoit enrichi d’or; sa chevelure et son teint avoient l’éclat de sa parure. Ses compagnons portaient pour chaussure des peaux de bête garnies de tous leurs poils; leurs jambes et leurs genoux étaient nus; les casaques bigarrées de ces guerriers montaient très-haut, serraient les hanches et descendoient à peine au jarret; les manches de ces casaques ne clépassoient pas le coude. Par-dessous ce premier vêtement se voyoit une saie de couleur verte bordée d’écarlate, puis une rhénone fourrée, retenue par une agrafe2. Les épées de ces guerriers se suspendoient à un étroit ceinturon, et leurs armes leur servoient autant d’ornement que de défense ; ils tenoient dans la main droite des piques à deux crochets ou des haches à lancer; leur bras gauche étoit caché par un bouclier aux limbes d’argent et à la bosse dorée3. » Tels étaient nos pères.

Sidoine arrive à Bordeaux, et trouve auprès d’Euric, roi des Visigoths, divers barbares qui subissoient le joug de la conquête. « Ici se présente le Saxon aux yeux d’azur : ferme sur les flots, il chancelle sur la terre. Ici l’ancien Sicambre, à l’occiput tondu, tire en arrière, depuis qu’il est vaincu , ses cheveux renaissants sur son cou vieilli ; ici vagabonde l’Hérule aux joues verdâtres, qui laboure le fond de l’Océan et dispute de couleur avec les algues; ici le Bourguignon, haut de sept pieds, mendie la paix en fléchissant le genou L »

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