Voyez ci-après la note 2, p
jaunes poussoient des cris de joie . Les
vierges ont pleuré longtemps . Les heures
de la vie s’écoulent : nous sourirons quand il faudra mourir *. » Un autre chant tiré de l’Edda reproduit la même énergie et la même férocité.
Hogni et Gunar, deux héros de la race des Nifflungs, sont prisonniers d’Attila. On demande à Gunar de révéler où est le trésor des Nifflungs, et d’acheter sa vie pour de l’or.
Le héros répond :
« Je veux tenir dans ma main le cœur d’Hogni, tiré sanglant de la poitrine du vaillant héros, arraché avec un poignard émoussé du sein de ce fds de roi.
« Ils arrachèrent le cœur d’un lâche qui s’appeloit Hialli ; ils 1 posèrent tout sanglant sur un plat, et l’apportèrent à Gunar.
« Alors Gunar, ce chef du peuple, chanta : « Ici je vois le cœur sanglant d’Hialli; il n’est pas comme le cœur d’Hogni le brave; il tremble sur le plat où il est placé ; il trembloit la moitié davantage quand il étoit dans le sein du lâche. »
« Quand on arracha le cœur d’Hogni de son sein, il rit; le guerrier vaillant ne songea pas à gémir. On posa son cœur sanglant sur un plat, et on le porta à Gunar.
a Alors ce noble héros, de la race des Nifflungs, chanta : « Ici je vois le cœur d’Hogni le brave ; il ne ressemble pas au cœur d’Hialli le lâche; il tremble peu sur le plat où on l’a placé; il trembloit la moitié moins quand il étoit dans la poitrine du brave.
« Que n’es-tu, ô Atli (Attila), aussi loin de mes yeux que tu le seras toujours de nos trésors! En ma puissance est désormais le trésor caché des Nifflungs ; car Hogni ne vit plus.
« J’étois toujours inquiet quand nous vivions tous les deux ; maintenant je ne crains rien ;* je suis seul 2. »
Ce dernier trait est d’une tendresse sublime.