Lüp. Ferr., ep. lxx et xci
ont été imprimés avec des glossaires et de savantes recherches1. Si vous comparez le teutonique d’Ulphilas avec le teutonique du serment de Charles et de Louis, tel que Nithard2 nous Ta transmis, et avec le teutonique du chant de victoire de Louis, fds de Louis le Bègue3, vous reconnoîtrez qu’à mesure que Ton descend vers l’allemand moderne, la prononciation devient plus rude et plus difficile. Les mots de l’idiome d’Ulphilas se terminent très-souvent par des voyelles, et surtout par la voyelle a : wisandona (existence), Gotha (Dieu), waldufuja (puissance), godamma (bon), etc. Ce gothique a beaucoup de rapport avec le Scandinave du fragment manuscrit de Fulde et du chant de Gunar, tiré de l’Edda 4. On ne voit pas même dans le fac simile du texte d’Ulphilas les lettres qu’il fut, dit-on, obligé d’inventer pour rendre la prononciation de ses compatriotes ; on y remarque seulement quelques ligatures grecques mêlées aux caractères latins , mais ne présentant pas dans leur agrégation le même pouvoir labial, lingual et guttural qu’elles expriment dans le grec.
D’après un passage d’Hérodote , un système assez plausible assigne aux peuples de la Finlande et de la Gothie une origine asiatique : on les fait descendre d’une colonie des Mèdes , et Ton a trouvé des analogies entre la langue des Perses et celle des Suédois et des Danois. Des noms propres surtout ont paru les mêmes dans les deux idiomes : le Gustaff ou Gustaw des Suédois répond au Guslapse ou Hystaspe des Perses; Oten , Olstanus , Ostanus, rois de Suède, portent les noms persans d ’Otanus, Olstanes et Ostanes. Gibert 5, à l’appui de son système (aujourd’hui étendu et reproduit), auroit pu remarquer que YEdda mentionne un peuple conquérant venu de l’Asie dans les régions septentrionales de la Baltique. Le savant Robert Henri , ministre de la communion calviniste à Édimbourg, a enrichi son Histoire d’Angleterre de différents spécimens des dialectes bretons et anglo-saxons à différentes époques : le tableau placé à la fin de ce volume vous donnera une idée des langues que parloient les destructeurs du monde romain.
Passons à la religion des barbares. Les historiens nous disent que les Huns n’en avoient aucune6; nous voyons seulement qu’ils
1. Ulphilas, Gothische Bibel übersgtzung. (Édit, de Jean Christ. Zahn, Weissenfels, 1805.)
2. Nithardi Hist., lib. m, p. 227, in Rer. Gall. Script .} t. VII.