Lex Salie., tit. xxv. — Lex Bip., tit. xlii
meurtre d’un cerf privé qui servoit à embaucher les cerfs sauvages, pour l’enlèvement d’un sanglier forcé par un autre chasseur, pour le déterrement du gibier ou du poisson cachés, pour le larcin d’une barque ou d’un fdet à anguilles. Toutes les espèces d’arbres sont mises à l’abri par des dispositions spéciales; veiller à la vie des forêts1, c’étoit faire des lois pour la patrie.
L’association militaire, ou la responsabilité de la tribu et la solidarité de la famille, se retrouve dans l’institution des cojurants ou compurgateurs : qu’un homme soit accusé d’un délit ou d'un crime, il peut, selon la loi allemande et plusieurs autres, échapper à la pénalité s’il trouve un certain nombre de ses pairs pour jurer avec lui qu’il est innocent. Si l’accusé étoit une femme, les compurgateurs dévoient être femmes2.
Le courage étant la première qualité du barbare, toute injure qui en suppose le défaut est punie : ainsi appeler un homme lepus, lierre, ou concacatus, embrenè, amène une composition de trois ou de six sous d’or3; même tarif pour le reproche fait à un guerrier d’avoir jeté son bouclier en présence de l’ennemi.
La barbarie se montre tout entière dans la législation des blessures ; la loi saxonne est la plus détaillée à cet égard : quatre dents cassées au-devant de la bouche ne valent que six shillings; mais une seule dent cassée auprès de ces quatre dents doit être payée quatre shillings ; l’ongle du pouce est estimé trois shillings , et une des membranes du nez le même prix4.
La loi ripuaire s’exprime plus noblement : elle demande trente-six sous d’or pour la mutilation du doigt qui sert à décocher les flèches5 ; elle veut qu’un ingénu paye dix-huit sous d’or pour la blessure d’un autre ingénu dont le sang aura coulé jusqu’à terre6. Une blessure à la tête, ou ailleurs, sera compensée par trente-six sous d’or s’il est sorti de cette blessure un os d’une grosseur telle, qu’il rende un son en étant jeté sur un bouclier placé à douze pieds de distance 7. L’animal