‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 225 sur 358 · Lex Salie., tit. xxxn · texte numérisé non relu

Lex Salie., tit. xxxn

Renai’t se pense qu'il fera,

Et comment le chunchiera.

( Roman du Renart, apud Cang. Gloss., voce Conc.)

Lex Anglo-Saxonic., p. 7.

5. Si secundus digitus, unde sagittatur. ( Lex Ripuar ., tit. y, art. xn.)

G. Ut sanguis exeat, terrain tangat. (/c?.;tit. n, art. xii. )

7. Os exinde exierit, qued super viam duodecim pedum in scuto jactum sonaverit. (Id.j tit. lxx, art. i.)

ÉTUDES HISTORIQUES. bk 9

domestique qui tue un homme est donné aux parents du mort avec une composition ; il en est ainsi de la pièce de bois tombée sur un passant. Les Hébreux avoient des règlements semblables.

Et néanmoins ces lois, si violentes dans les choses qu’elles peignent, sont beaucoup plus douces en réalité que nos lois : la peine de mort n’est prononcée que cinq fois dans la loi salique et six fois dans la loi ripuaire; et, chos'e infiniment remarquable, ce n’est jamais, un seul cas excepté, pour châtiment du meurtre : l’homicide n’entraîne point la peine capitale, tandis que le rapt, la prévarication, le renversement d’une charte, sont punis du dernier supplice; encore pour tous ces crimes ou délits y a-t-il la ressource des coj tirants.

La procédure relative au seul cas de mort en réparation d’homicide est un tableau de mœurs. Quiconque a tué un homme et n’a pas de quoi payer la composition doit présenter douze cojurants, lesquels déclarent que le délinquant n’a rien ni dans la terre, ni hors la terre, au delà de ce qu’il offre pour la composition. Ensuite l’accusé entre chez lui et prend de la terre aux quatre coins de sa maison; il revient à la porte, se tient debout sur le seuil, le visage tourné vers l’intérieur du logis; de la main gauche, il jette la terre par-dessus ses épaules sur son plus proche parent. Si son père, sa mère et ses frères ont fait l’abandon de tout ce qu’ils avoient, il lance la terre sur la sœur de sa mère ou sur les fils de cette sœur, ou sur les trois plus proches parents de la ligne maternelle1. Cela fait, déchaussé et en chemise, il saute à l’aide d’une perche par-dessus la haie dont sa maison est entourée; alors les trois parents de la ligne maternelle se trouvent chargés d’acquitter ce qui manque à la composition. Au défaut de parents maternels, les parents paternels sont appelés. Le parent pauvre qui ne peut payej jette à son tour la terre recueillie aux quatre coins de la maison, sur un parent plus riche. Si ce parent ne peut achever le montant de la composition, le demandeur oblige le défendeur meurtrier à comparaître à quatre audiences successives ; et enfin , si aucun des parents de ce dernier ne le veut rédimer, il est mis à mort : de vita componat.

De ces précautions multipliées pour sauver les jours d’un coupable il résulte que les barbares traitoient la loi en tyrans et se prémunissoient contre elle; ne faisant aucun cas de leur vie ni de celle des autres, ils regardoient comme un droit naturel de tuer ou d’être tués. Un roi même, dans la loi des Saxons, pouvoit être occis; on en étoit quitte pour payer sept cent vingt livres pesant d’argent. Le Germain ne concevoit pas qu’un être abstrait, qu’une loi pût verser son sang.

1 . Voilà l’exemple de la préférence dans la ligne maternelle.

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Ainsi, dans la société commençante, l’instinct de l’homme repoussoit la peine de mort, comme dans la société achevée la raison de l’homme l’abolira : cette peine n’anra donc été établie qu’entre l’état purement sauvage et l’état complet de civilisation, alors que la société n’avoit plus l’indépendance du premier état et n’avoit pas encore la perfection du second.

SIXIÈME DISCOURS

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