Buffon, Hist. nat
de l’esprit et de la foi, servoient des ennemis durs et brutaux. . .
Ceux qui s’enfuyoient dans les bois, dans les cavernes et les rochers, ou dans les forteresses, étoient pris et tués, ou mouroient de faim. De ce grand nombre d’églises d’Afrique, à peine en restoit-il trois, Carthage, Hippone et Cirthe, qui ne fussent pas ruinées, et dont les villes subsistassent1. »
Les Vandales arrachèrent les vignes, les arbres à fruit , et particulièrement les oliviers, pour que l’habitant retiré dans les montagnes ne pût trouver de nourriture2. Jls rasèrent les édifices publics échappés aux flammes ; dans quelques cités, il ne resta pas un seul homme vivant. Inventeurs d’un nouveau moyen de prendre les villes fortifiées, ils égorgeoient les prisonniers autour des remparts: l’infection de ces
voiries sous un soleil brûlant se répandoit dans l’air, et les barbares
laissoient au vent le soin de porter la mort dans des murs qu’ils n’avoient pu franchir3.
Enfin, l’Italie vit tour à tour rouler sur elle les torrents des Allamans, des Goths, des Huns et des Lombards; c’étoit comme si les fleuves qui descendent des Alpes et se dirigent vers les mers opposées a voient soudain, détournant leur cours, fondu à flots communs sur l’Italie. Rome, quatre fois assiégée et prise deux fois, subit les maux qu’elle avoit infligés à la terre. « Les femmes, selon saint Jérôme, ne pardonnèrent pas même aux enfants qui pendoient à leurs mamelles, et firent rentrer dans leur sein le fruit qui ne venoit que d’en sortir4. Rome devint le tombeau des peuples dont elle avoit été la mère... La lumière des nations fut éteinte; en coupant la têle de l’empire romain, on abattit celle du monde5. » — • « D’horribles nouvelles se