‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 249 sur 358 · TRAITS DE L’ENFANCE DU PRINCE · texte numérisé non relu

TRAITS DE L’ENFANCE DU PRINCE

Les deux frères montrèrent des inclinations différentes : Msr le duc d’Angoulême avoit un penchant décidé pour les sciences, M§r le duc de Berry pour les arts. Celui-ci offroit comme un mélange de l’esprit des Bourbons et des Valois : par sa mère et par ses aïeules, il tenoit quelque chose du génie de l’Italie.

On raconte mille traits ingénieux de son enfance. Il étoit fougueux comme l’élève de Fénelon, mais plein de saillies d’esprit et d’effusions de cœur. « Si fut enfant plaisant de visage et assez coulouré. Si étoit avenant, joyeux en tous ses enfantibles faicts L » On lut un jour au petit prince quelques scènes du Misanthrope; le lendemain un des maîtres composa une fable : la morale de cette fable étoit que M&r le duc de Berry n’apprenoit rien et ne se souvenoit point de ses lectures. Le maître, ayant fini, demanda à Son Altesse Royale ce qu’elle pensoit de ce morceau. L’enfant repartit brusquement :

« Franchement, il est bon à mettre au cabinet. »

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