‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 254 sur 358 · Octobre · texte numérisé non relu

Octobre

MÉMOIRES

Cependant les troubles de la révolution croissant commençoient à menacer les États voisins : l’Europe se disposoit à la guerre. Ce fut alors que M^r le duc de Berry écrivit cette lettre à son père ; c’est le premier cri de l’honneur dans le, cœur d’un François et d’un Bourbon 1 :

« Avec quel plaisir nous avons appris la lettre du régiment de Berwick et votre réponse, ainsi que celle de Monsieur! Ah ! que ne suis-je près de vous ! je voudrais bien voir ces bons soldats et me battre avec eux; je leur dirais comme notre Henri : Camarades, si dans la chaleur clu combat vous perdez vos drapeaux, ralliez-vous à mon panache blanc, qui ne sera jamais qu’au chemin de V honneur. Cette pensée m’a fait bouillir le sang dans les veines. Marchons, mon cher papa, pour rendre la liberté à notre malheureux roi ; trente-deux officiers du régiment de Vexin sont arrivés à Nice, remplis de zèle et de courage; je n’en manque pas non plus, et suis prêt à me bien battre. »

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