Tacite, Annales
MÉMOIRES
sur l’épaule, marchoient tout courbés sous le poids de leurs armes, de leurs jours et de leurs malheurs. Le commandant autrichien, qui les regardoit passer , se tournant vers les officiers de sa garnison, leur dit : « Eh bien, messieurs, en eussions-nous fait autant? »
Constance ne fut pas plus tôt occupé par le corps de Condé \ que les républicains l’attaquèrent. Ils pénétrèrent dans la ville : on s’y battit à la baïonnette, aux cris de vive le roi! vive Condé! vive la république! Ce fut la première et la dernière affaire Me cette campagne pour M§r le duc de Berry et pour l’armée de Condé : la division se mit parmi les Russes et les Autrichiens. Le maréchal Suwarow rentra en Pologne avec ses armées : le corps de Condé fut maintenu, mais * par l’Angleterre. Paul Ier envoya des drapeaux d’honneur au régiment de Bourbon , et la grande croix de Malte à M^r le duc de Berry. Ce dernier prince alla voir le maréchal Suwarow avant son départ, et s’entretint avec ce guerrier, dont la bizarrerie égaloit le génie et la loyauté.