‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 286 sur 358 · Mémoires du cardinal de Retz, liv. m · texte numérisé non relu

Mémoires du cardinal de Retz, liv. m

SUR LE DUC DE BERRY

hommes, et en fajsoient rire d’autres par la moquerie qui s’attache au malheur. Ils étoient toujours les premiers dans une bataille , et les derniers dans la retraite... Ils manquèrent souvent des choses les plus nécessaires à la vie; cependant on ne les entendit jamais se plaindre, excepté des souffrances de celui qu’ils regardoient comme leur souverain'. » Qui ne croiroit lire une page de l’histoire des émigrés françois !

M°r le duc de Berry habitoit près d’Edimbourg, avec son père, le château de Marie Stuart , la première veuve d’un roi de France qui porta sa tête sur l’échafaud, et qui regrettoit en mourant de n’avoir pas la tête tranchée avec une èpèe à la françoise 2. Il aimoit à répéter sous les vieilles voûtes du château la ballade où l’infortunée princesse faisoit ses adieux au plaisant pays de France :

Adieu, plaisant pays de France,

O ma patrie La plus chérie,

Qui as nourri ma jeune enfance!

Adieu, France, adieu nos beaux jours!

La nef qui déjoint nos amours

N’a eu de moi que la moitié.

Une part te reste : elle est tienne;

Je la fie à ton amitié,

Pour que de l’autre il te souvienne.

Lorsque Monsieur vint demeurer à Londres, M&r le duc de Berry l’y suivit, et sa vie changea encore comme sa fortune.

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