ET DES BOURBONS
Les malheurs envoyés par la Providence faisoient connoître chaque jour une nouvelle vertu de cette maison de France si élevée au-dessus des autres, comme les torrents qui descendent du ciel mettent quelquefois à découvert l’or que recèle la montagne : M§r le duc de Berry perdit sa mère. Ce bon lils nous apprend par une de ses lettres avec quelle amertume il la pleura; il éprouva une longue maladie, et l’on voit encore dans la même lettre qu’il fut tendrement soigné par son père.
Heureux ce prince s’il eût moins aimé son pays, s’il se fut enseveli pour jamais dans cette vie paisible qu’il goùtoit sur une terre hospitalière! Mais s’il n’eût, tourné ses yeux vers sa patrie, auroit-il été François? Il saisissoit avec ardeur toutes les occasions qui se présentoient de rentrer en France. L’expédition des Anglois à Copenhague paroissoit liée à d’autres desseins ; le prince partit et se rendit en Suède, espérant de servir dans quelque armée. L’entreprise manqua, et il fut forcé de revenir en Angleterre, où le roi arriva alors.
La guerre d’Espagne le tenta de nouveau : il écrivoit à M. de Mesnard 2 : « Vous avez fort bien jugé, mon cher Mesnard, et de ce que j’éprouve et de ce qui me retient. Il n’est que trop vrai que depuis six semaines j’ai travaillé à aller rejoindre les braves Espagnols, et que le gouvernement y a mis un obstacle absolu et positif. Les Espagnols qui sont ici nous ont évités avec soin. Tout, en admirant leurs nobles efforts, il me semble qu’ils ont oublié, ainsi que tout le monde, que