SUITE DES LETTRES
MME LA DUCHESSE DE BERRY QUITTE MARSEILLE, ET CONTINUE A PARLER DE LA FRANCE A MESURE QU’ELLE S’APPROCHE DE FONTAINEBLEAU.
Montélimart, 5 juin 1816.
« La lettre de Monseigneur du 31 mai m’est parvenue avant qu’il m’ait été possible de finir ma réponse à celle du 26. Je vous remercie sensiblement de la seconde comme de la première. Vous m’avez fait un vrai plaisir de m’envoyer celles de mes parents.
« On continue à me faire voir la France parée. Dans tous les lieux où je passe, les acclamations sont continuelles, ainsi que les compliments des autorités. J’y suis bien sensible; mais je dirai tout bas à Monseigneur, à celui pour qui je n’ai rien de caché, et pour lui seul, que je sens le poids de ces honneurs, et n’en serai jamais enivrée. Il me tarde de jouir d’une vie paisible -en famille. Que Votre Altesse Royale reçoive, en attendant, l’assurance de ma tendresse : elle durera autant que ma vie.
« Caroline. »
Lyon, 9 juin 1816.
« Votre lettre du 4 et du 5 juin, monseigneur, m’a été remise le soir de mon arrivée à Lyon ; je ne veux plus vous répéter que je vous en remercie : une fois pour toutes, comptez sur ma tendre reconnoissance , et soyez sûr 4}ue rien n’échappe à ma sensibilité : vous l’avez touchée vivement.