SEPTEMBRE
L’ancienne constitution de la France fut attaquée par la tyrannie de Louis XI, affoiblie par le goût des arts et les mœurs voluptueuses des Valois, détériorée sous les premiers Bourbons par la réforme religieuse et les guerres civiles , terrassée par le génie de Richelieu , enchaînée par la grandeur de Louis XIV, détruite enfin par la corruption de la régence et de la philosophie du xvme siècle.
La révolution étoit achevée lorsqu’elle éclata : c’est une erreur de croire qu’elle a renversé la monarchie ; elle n’a fait qu’en disperser les ruines , vérité prouvée par le peu de résistance qu’a rencontré la révolution. On a tué qui on a voulu; on a commis sans efforts les crimes les plus violents, parce qu’il n’y avoit rien d’existant en effet, et qu’on opéroit sur une société morte. La vieille France n’a paru vivante dans la révolution qu’à l’armée de Condé et dans les provinces de l’ouest. Une poignée de gentilshommes, commandés par le descendant du vainqueur de Rocroy, a terminé dignement l’histoire de la noblesse françoise, et les paysans vendéens ont montré à l’Europe les anciennes communes de France.
Nous allons rappeler ce que la Vendée a fait pour la monarchie, ce qu’elle a souffert pour cette monarchie , puis nous dirons ce que les ministres du souverain légitime ont fait à leur tour pour la Vendée. Il est bon qu’un pareil tableau soit mis sous les yeux des hommes : il instruira les peuples et les rois.