‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 3)Chapitre 46 sur 358 · Venimus ad sedes, ubi pulla, sordida veste · texte numérisé non relu

Venimus ad sedes, ubi pulla, sordida veste

Inter fæmineas spectabat turba cathedras.

Nam quæcumque patent sub aperto libéra cœlo Aut eques aut nivei loca densavere tribuni.

. Stabat defixus .

Tum mihi senior . Quicl

Ad tantas miraris opes, qui, nescius auri,

Numérien, revenant de la Perse, fut tué par Aper, préfet du prétoire, dont il avoit épousé la fille. Montesquieu remarque que les préfets du prétoire étoient à cette époque auprès des empereurs ce que sont les vizirs auprès des sultans'. Le jeune prince avoit versé tant de larmes sur la mort de son père, que sa vue en étoit affoiblie ; on le portoit dans une litière au milieu des légions. Aper, qui convoitoit la pourpre,

Sordicla tecta, casas et sola mapalia nosti ?

En ego . et ista

Factus in urbe senex, stupeo tamen .

Balteus en gemmis, en illita porticus auro Certatim radiant. Nec. non ubi finis arenæ,

Proxima marmoreo peragit spectacula muro :

Sternitur adjunctis ebur mirabile truncis,

Et coit in rotulam, tereti qua lubricus axis Impositos subita vertigine falleret ungues Excuteretque feras. Auro quoque tota refulgent Retia, quæ tortis in arenam dentibus exstant,

Dentibus æquat.is .

. Vidi genus omne ferarum,

Hic niveos lepores et non sine cornibus apros,

Menticoram .

Vidimus et tauros . ’

. Æquoreos ego cum certantibus ursis

Spectavi vitulos .

Ah ! trepidi quoties . arenæ

Vidimus in partes, ruptaque voragine terræ,

Emersisse feras, et eisdem sæpe latebris Aurea cum croceo creverunt arbuta libro.

(Calpurnii egloga septimo .)

j’ai pris place sur des bancs, au milieu des sièges des femmes, d’où la populace, dans les sales habits de sa misère, regardoit les jeux; car toute l’enceinte qui se trouve en plein air est occupée par les tribuns aux toges blanches ou parles chevaliers.

. J’admirois . Alors un vieillard :

Pourquoi t’étonner de tant de richesses , toi qui ne connois pas l’or et n’as jamais habité que sous un toit au hameau, puisque moi-même, que cette ville a vu vieillir,

je suis ébloui ? .

L’or resplendit au portique, et les pierreries au pourtour. Au bas du mur de marbre qui environnoit l’arène étoit une roue formée, de morceaux d’ivoire rapportés avec art, qui, par son axe arrondi et par sa surface glissante, fuyoit subitement sous les ongles des bêtes féroces et empêchoit leur approche. Des filets dorés étoient enlacés

sur l’arène à des dents d’éléphant toutes égales . J’ai vu toutes sortes d’animaux,

des lièvres blancs, des sangliers armés de cornes, une menticore (un phoque), des taureaux, des veaux marins combattant contre des ours.

Ah ! combien de fois n’ai-je pas été saisi de frayeur, lorsque, l’arène s’entr’ouvrant, des bêtes sauvages sortaient du gouffre ! souvent aussi du brillant abîme poussoient. des arbousiers aux tiges safranées.

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