De Administ. imp. ad Rom. fil., p
choux que j’ai plantés, vous ne me parleriez plus de l’empire1. » Paroles démenties par des regrets.
Pendant les neuf années que Dioclétien vécut à Salone , sa femme et sa fille périrent misérablement, et il ne put les sauver, obligé qu’il fut alors de reconnoître l’impuissance d’un prince auquel il ne reste d’autorité que celle des larmes. Menacé par Constantin et Licinius, peut-être même par le sénat2, il résolut d’abréger sa vie. On est incertain du genre de sa mort ; on parle de poison, d’abstinence, de mélancolie3. L’empereur sans empire ne dormoit plus, ne mangeoit plus : il soupiroit, il gémissoit; saint Jérôme laisse entendre qu’avant d’expirer il vomit sa langue rongée de vers4.
La philosophie fut aussi inutile à Dioclétien pour mourir que la religion à Charles Quint : tous deux eurent des remords d’avoir abandonné le pouvoir; le premier, sur son lit et sur la terre, où il se rouloit au milieu de ses larmes5; le second , au fond du cercueil où il se plaça pour assister à la représentation de ses funérailles6.
Dioclétien multiplia les impôts; il couvrit l’empire de monuments onéreux, qu’il faisoit souvent abattre et recommencer sur un plan
1. Vict., Ep., p. 223; Eutrop., p. 587. 2. Lact., De Morte Persecut.