Liban., Orat. iii, p
4. Zos., lib. il, p. 693; Vict., Epit.; Eutr^; Hier., Chr.; Idac., Chr., an. 350; Amm., lib. xv, cap. v. Laniogaiso... solum aclfuisse morituro Constanti supra retu-
limus.
5. Il resta cinquante mille hommes sur le champ de bataille, selon Victor, et il prétend que les Romains ne se relevèrent jamais de cette perte.
l’empereur se retire dans une église pour prier ; il eût mieux fait de combattre : ce n’est déjà plus le monde antique.
On fixe au règne de Constance le règne des eunuques, jusque alors abîmés sous le poids des édits. Ces hommes (excepté trois ou quatre, doués du génie militaire), en butte au mépris public, se réfugièrent dans les sentines du palais : trop dégradés pour les affaires publiques, ils s’enfoncèrent aux intrigues de la cour, et se dédommagèrent par la virilité de leurs vices de l’impuissance de leurs vertus. Eusèbe, eunuque, chambellan et favori de Constance, dans son triple état de bassesse, fit prononcer la sentence de mort de Gallus.
Gallus et Julien, neveux de Constantin et cousins de Constance, avoient, le premier douze ans , et le second six quand arriva le massacre de la famille impériale. Marc, évêque d’Aréthuse, avoit sauvé Julien, qui fut caché dans le sanctuaire d’une église1 : Gallus, épargné comme malade et près de mourir, ne sembla pas valoir la peine d’être tué.
L’enfance de ces deux princes fut environnée de soupçons et de périls ; ils demeurèrent six ans enfermés dans la forteresse de Marcellum, ancien palais des rois de Cappadoce. Gallus à vingt-cinq ans, honoré du titre de césar par Constance, épousa la princesse Constantina, fille de Constantin le Grand et veuve d’Annibalien, roi du Pont et de l’Arménie. Il établit sa résidence à Antioche , d’où il gouverna ce qu’on appeloit alors les cinq diocèses de la préfecture orientale.
Passé de la solitude à la puissance, Gallus transporta l’inquiétude et l’âpreté de la première dans la placidité et la modération nécessaires à la seconde : il devint un tyran bas et cruel, livré aux espions, espion lui-même. Il s’en alloit déguisé dans les lieux publics : son travestissement ne l’empêchoit pas d’être reconnu, car Antioche étoit éclairée la nuit d’une si grande quantité de lumières, qu’on y voyoit comme en plein jour2, ce qui rappelle la police des villes modernes. Constantina, femme de Gallus, étoit encore plus que lui altérée de sang et de
\. Naz., Orat. m, p. 90; Roll., xxii ; Maut. gr., p. 16.
c2. Ubi pernoctantium luminum claritudo dierum solet imitari fulgorem. ( Amm., lib. xiv, cap. i.) De quelle manière Antioche étoit-elle éclairée? Le texte de l’historien ne l’explique pas. Ammien Marcellin, qui décrit minutieusement les machines de guerre, n’a pas cru devoir -entrer dans le détail d’un usage journalier. Comme il est sujet à l’enflure du style, il ne faut pas prendre trop à la lettre la grande clarté dont il fait ici mention. Saint Jérôme (epist. xiv) parle des feux qu’on allumoit sur les places publiques , à la lueur desquels on se rassembloit et l’on disputoit sur les intérêts du moment. Dum audientiarn et circulum lumina jam in plateis accensu solverent, et inconditam disputationem nox interrumperet .
rapine : on l’accusoit de prendre en secret le titre d ’augustci' , dans l’intention de donner publiquement celui d’auguste à son mari.
Mandé à la cour de Milan après le massacre de deux ministres que lui avoit envoyés l’empereur, Gallus eut l’imprudence d’obéir1 2. La lettre qui l’appeloit étoit pleine de protestations d’amitié et de services. 11 fut arrêté à Pettau, conduit à Flone en Istrie, dépouillé de la chaussure des césars, interrogé par l’eunuque Eusèbe, condamné à mort et exécuté non loin de Pôle, où vingt-huit ans auparavant Crispus avoit été décapité3. Que de têtes, l’effroi des peuples, furent abattues par le bourreau 4 !
Les Isaures et les Sarrasins désoloient l’Asie5; les Franks et les autres Germains continuoient leurs courses transrhénanes ; Rome se soulevoit pour du vin au milieu de ses débauches et de ses spectacles6. Constantin et Constance singulièrement attachés aux barbares, et les ayant promus à presque toutes les charges d’État, il se trouva que Silvain, fils deBonit, chef frank, commandoit l’infanterie romaine dans les Gaules : c’étoit un homme doux et de mœurs polies, quoique né d’un père barbare; il savoit même souffrir , dit l’histoire en parlant de lui. On l’accusa d’aspirer à la pourpre, et il étoit fidèle; la calomnie en fit un traître : il prit l’empire comme un abri. Vingt-huit jours après son usurpation , obligé de chercher un plus sûr asile , il n’eut pas le temps d’y entrer : il fut tué par ses compagnons lorsqu’il essayoit de se réfugier dans une église7.
Alors les Franks, les Allamans, les Saxons, se précipitèrent de nouveau sur les Gaules, dévastèrent quarante villes le long du Rhin, se saisirent de Cologne, et la ruinèrent8. Les Quades et les Sarmates pilloient la Pannonie et la haute Mésie9 ; les généraux de Sapor troubloient la Mésopotamie et l’Arménie : ce fut l’époque de l’élévation de Julien.
. Jusqu’à l’âge de quinze ans Julien reçut sa première éducation