B.w., ann. 371 ; Symm., lib. x, epist. DE
sous Julien. Cependant il défendit aux païens les sacrifices, et les assemblées aux manichéens et aux donatistes. Il mit aussi des bornes à l’accroissement des richesses de l’Église et à la multiplication des ordres monastiques : il fut défendu au clergé d’admettre à la cléricature les propriétaires hommes du peuple et les décurions des villes, à moins que ceux-ci n’abandonnassent leurs biens ou à la municipalité dont ils étoient membres ou à quelques-uns de leurs parents '. Il fut également défendu au même clergé d’accepter des legs testamentaires. Déjà le pouvoir et la fortune avoient amené la corruption : Damas disputa le siège de Rome à Ursin ; on en vint aux mains1 2; cent trente-sept morts furent trouvés le matin dans la basilique de Sicinius, aujourd’hui Sainte-Marie-Majeure.
Valentinien avoit eu de sa première femme, Severa, un fils nommé Gratien, qu’il éleva à Amiens, le 2k août 367, au rang d’auguste, sans le créer d’abord césar, selon l’usage. On a cherché la raison de cette innovation : elle est évidente. Il y avoit maintenant deux empires ; Gratien, âgé de huit ans, n’étoit plus un césar ou un général nommé pour défendre une partie de l’État , c’étoit un héritier qui devoit succéder à la souveraineté de son père.
Valentinien répudia Severa et épousa Justine, Sicilienne d’origine ; elle auroit, selon Zosime, été mariée d’abord au tyran Magnence. Justine étoit arienne, mais elle ne déclara son hérésie qu’après la mort de Valentinien. Elle donna à l’empereur un fils, qui fut Valentinien II, et trois filles, Justa, Grata et Galla ; celle-ci devint la seconde femme de Théodose le Grand.
Les Quades et les Sarmates, justement irrités de la trahison des Romains , qui après avoir attiré leur roi Gabinus à une entrevue l’avoient massacré, ravageoient Tlllyrie ; Valentinien accourt avec les forces de la Gaule; il meurt subitement à Rergetion3, d’un accès de colère, dans une audience qu’il donnoit aux députés des Quades suppliants.
Mallobaud ouMellobaud, chef d’une tribu de Franks, avoit obtenu un commandement sous Valentinien, et s’étoit distingué par ses gestes militaires : à la mort de l’empereur il entreprit avec Equitius, comte d’Illyrie, de faire prévaloir les droits de Valentinien, fils de Justine,