‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 111 sur 165 · LES VIEILLARDS · texte numérisé non relu

LES VIEILLARDS

Écoutons !

MOÏSE, inspira.

Anathème à ta race volage, Jacob, si par tes mains tu te fais une image! Que maudit soit ton champ, ton pavillon, ton lit, Et que sur Gelboé ton figuier soit maudit ! Tombant dans l'avenir d'abimcs en abîmes. De malheurs en malheurs et de crimes en crimes. Un jour on te verra couronner tes forfaits En égorgeant l'Agneau descendu pour la paix. Alors, peuple proscrit, dispersé sur la terre. Tu traîneras partout ta honte et ta misère;

336 ZiioiSE,

Tu viendras, pauvre et nu, enfant déshérité, Pleurer sur les débris de ta triste cité. Dans ces débris épars trouver, pour ton supplice, D'un Dieu ressuscité la tombe accusatrice. Et mourir de douleur près du seul monument Qui n'aura rien à rendre au jour du jugement.

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