AARON, NADAB, ARZANE
ARZANE, à Nadab.
Ma préseRce est ici sans doute inattendue; Mais pardonnez , Nadab , si la fille des rois Demande à vous parler pour la dernière fois. On dit que dans ces lieux, écoutant votre pèrp, Recevant ses conseils, cédant à sa colère. Vous allez par ma mort noblement consentir Au pardon qu'on promet à votre repentir. Voilà ce que Dalhan s'est hâté de m'apprendre. A des reproches vains je ne sais point descendre; Je dédaigne la vie, et je viens seulement Entendre mon arrêt, subir mon jugement.
Arzane !
AARON
Quelle femme insolente et rebelle Ose mêler sa voix à la voix paternelle? Du sang et du devoir respecte le lien , Mon fils.
ARZANE
Nadab, aussi ne me devez-vous rien?
Moi , des rois d'Amalcc et la veuve et la fille , Je vous livrais mes dieux, mon peuple et ma famille. Fallait-il, puisqu'enfin vous vouliez m'immoler. Par des aveux trompeurs chercher à me troubicr, A ternir sur mon front l'éclat du diadème?
NADAB
Soupçonner mon amour! j'en appelle à vous-même: Que diriez-vous, Arzane, en cet allreux moment, Si je vous accusais de me tromper?