ACTE IV, SCÈNE ÏV
Mes os , à ce penser, ont tressailli d'effroi. Dieu d'Abraham, Dieu fort. Dieu bon, épargne-moi l Ne me demande pas, souveraine Justice, Mt'me pour m'éprouver, un cruel sacrifice; Je me dirais toujours, tremblant et peu soumis, « Si l'ange va tarder, que deviendra mon fils? » Je n'ai point, j'en conviens, la fermelé d'un père; J'ai plutôt la faiblesse et le cœur d'une mère. Raclî; 1 pleura ses fils au tombeau descendus ; Rien ne la consola, parce qu'ils n'étaient plus.
NADAB
Père compatissant !
AARON
Enfant de ma tendresse, N'es-tu pas le soleil qui charme ma vieillesse, La lumière du jour, le doux rayon des cieux Qui réchauffe mon cœur,* qui réjouit mes yeux? Si Nadab à ton joug. Seigneur, est indocile, Tout homme est ton ouvrage, et tout homme est fragile: Dans ta miséricorde attends le criminel. 0 Dieu! sois patient! n'es-lu pas éternel?
NADAB
Malheur à moi ! d'Aaron je vois couler les larmes I 11 faut de l'étrangère oublier tous les charmes. Mon père, entre tes bras recueille ton enfant: Sur ton paisible sein presse mon sein brûlant; Que j'y trouve un asile, et que dans la tempête Tes bénédictions reposent sur ma. tête!
AARON
Honneur de mes vieux ans, couronne de mes jours, Donne à ton repentir un largo et libre cours; Laisse à ton père Aaron achever la victoire. Nadab, tu l'attendris; tes pleurs feront ma gloire. Prie avec moi le Dieu que tu voulais quitter :
(11 prie.)
« Dieu clément, contre nous cesse de t'irriter, « Reçoi? dans ton bercail la brebis égarée, « Par des loups ravissants à moitié déchirée. • As-tu prié, mon fils? es -tu calmé? sens-tu Cette tranquillité que nous rend la vertu? Moïse nous attend prosterné sur la pierre : Viens avec le prophète achever ta prière ;
340 MOÏSE
Gravissons du Sina le roc silencieux,
Et pour trouver la paix rapprochons-nous des cieux.
(Il entraîne Nadab, et tout à coap il «perfoit AntUtJ)
Quel fantôme envieux épouvante ma vue I