‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 126 sur 165 · ACTE V, SCÈNE III. 3SI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. 3SI

0 Tables de la loi, du ciel présent insigne,

De vos commandements ce peuple n'est plus digne !

Tombez et brisez-vous !

(Il brise les Tables de la loi, descend des rochers, et marche à l'autel.)

Disparais à mes yeux, Disparais à jamais, simulacre odieux.

(Il renverse l'autel et l'idole.)

Vous qu'un ange toujours pi'otége de son aile. Lévites, accourez : Moïse vous appelle.

Et toi, noble Marie, amène dans ce lieu Ton faible bataillon, si puissant devant Dieu.

(Les lévites et les jeunes Israélites, entrant de tuns côtes sur la scène, se rangent autour de ll(rtsa.) NADAB, tirant son épée.

Soldats! livrerez-vous mon épouse à ces traîtres? Défendez votre roi contre la main des prêtres.

MOÏSE

Que tout fidèle Hébreu, par son zèle emporté, D'un repentir soudain passe de mon côté.

(Le peuple fait un mouvement.)

NADAB

Infâmes déserteurs!

N'écoutez point l'impie, Et qu'à la voix des saints Israël se rallie !

(Le peuple et les soldats passent du cAlé de U*lM.) NADAB, à Arzane.

Je te défendrai seul, objet cher et cruel, Contre ce peuple entier. Moïse et l'Éternel.

moïse.

Vengeurs du sanctuaire, entourez la victime, Et désarmez le bras qu'avait armé le crime.

(Des lévites environnent Ârzane et dosarment Nadab, d'autrei «mminant Dathan.)

ARZANE

Cessez, vils meurtriers; je saurai bien sans vous Mourir comme une reine. Oui, je vous brave tous. Heureuse, en expirant j'ai vengé ma pairie ; C'est par moi que Jacob connaît l'idolàlrie. Retourne si lu veux, ô peuple renié, A ton Dieu dévorant, à ion Dieu sans pitié. Je le itvre à l'arrêt qui déjà te condamne. Et ton sang va couler après celui d'Arzane.

moïse.

Qu'on l'entraîne I

MO SE

NADAB, s'arrachanl des Diains des h'viles et se prêcijiilaat veij Ariane,

Sur moi touinoz voiro poignard!

Arzane, que mon corps le serve de rempart; Permets avec le tien que mon sang se confonde; Que nos âmes ensemble abandonnent le monde, Et que le dernier soulfle exhalé de mon cœur Des feux qui me brûlaient te porte encor l'ardeur !

ARZANE) le repoussant.

Quoi! jusque dans la mort m'accabler de ta flamme! Laisse, laisse aux enfers descendre en paix mon àme. Disons-le maintenant à la face des cieux : Comme tout Israël tu m'étais odieux.

Filsd'Aaron, dans l'espoir de (e perdre loi-même, J'avais, pour mon supplice, eu la faiblesse extrême De me vouloir sauver en me donnant à toi; Mais cet effort était trop au-dessus de moi; Et lorsque de l'amour j'affectais le langage. Les pleurs le démentaient sur mon pâle visage. Je suis enfin soustraite à ces secrets tourments, Le tombeau me dérobe à tes embrassements. Quel bonheur d'échapper à l'amant qu'on déteste! Adieu, parjure enfant d'une race funeste ; De mon dernier aveu que le dur souvenir Augmente la douleur de ton dernier soupir; Et songe, en expirante ton culte inlidC^le Que je n'avais pour loi qu'une haiiie immortelle!

(Elle arrache son voile, et sorlavec les Atnalccltes sous la garde d'an* troupe de \ei\ltt.)

moïse.

Allez, brisez la tête à cet ingrat serpent. Et tarissez les flots du venin qu'il répand.

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