‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 130 sur 165 · LA FORÊT · texte numérisé non relu

LA FORÊT

ForfM silencieuse, aimable solitude, Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré* Dans vos sombres détours en rêvant égaré, J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude.

Prestige de mon cœur! je crois voir s'exhaler Des arbres, des gazons, une douce tristesse : Cette onde que j'entends murm». avec mollesse, Et dans le fond des bois semble encor m'appeler. Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière Ici loin des humains ! — Au bruit de ces ruisseaux, Sur un tapis de fleurs, sur l'herbe printanière. Qu'ignoré je sommeille à l'ombre des ormeaux ! Tout parle, tout plaît sous ces voûtes tranquilles : Ces genêts, ornements d'un sauvage réduit; Ce chèvrefeuille atteint d'un vent léger qui fuit, Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles. Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts, A quel amant jamais serez-vous aussi chères? D'autrçs vous rediront des amours élr'angères; Moi, de vos charmes seuls j'entretiens vos déserts^

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