‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 131 sur 165 · LE SOIR, AU BORD DE LA MER · texte numérisé non relu

LE SOIR, AU BORD DE LA MER

Les bois épais, les sirles mornes, nues, Mêlent leurs bords dans les ombres chenues. On voit percer l'étoile solitaire; A l'occident, séparé de la terre, L'écueil blanchit sous un horizon pur, Tandis qu'au nord, sur les mers cristallines, Flotte la nue, en vapeurs purpurines. D'un carmin vif les monls sont dessinés; Du vent du soir se meurt la voix plaintive; Et, mollement l'un à l'autre enchaînés.

Les flots calmés expirent sur la rive.

Tout est grandeur, pompe, mystère, amour : Et la nature, aux derniers feux du jour. Avec ses monts, ses forêts magnifiques,

■ Vers impiimés dans le Mercure. Voyez la Préface.

POilSIES.

Son plan sublime et son ordre éiernel^ S'élève ainsi qu'un lemple solennel, Resplendissant de ses beautés antiques.

Le sanctuaire où le Dieu s'introduit Semble voilé par une sainte nuit; Mais dans les airs la coupole hardie, Des arts divins gracieuse harmonie, Offre un contour peint des fraîches couleurs De rarc-en-ciel, de l'aurore et des fleurs.

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