IMITATION D UN POETE ECOSSAIS
londres, 1797.
Oui, je me plais, Clarisse, à la Sviison tardive, Image de cet âge où le lemps m'a conduit; Du vent à tes foyers j'aime la voix plaintive Durant la longue nuit.
Philomèle a cherché des climats pins propices; Progné fuit à son tour : sans en être attristé , Des beaux jours près de toi retrouvant les délices, Ton vieux cygne est resté.
Viens, dans ces champs déserts où la bise murmure, Admirer le soleil qui s'éloigne de nous; Viens goûter de ces bois qui perdent leur parure Le charme triste et doux.
Des feuilles que le vent détache avec ses ailes Voltige dans les airs le défaillant essaim : Ah! puissé-je en mourant me reposer comme elles Un moment' sur ton sein !
Pâle et dernière fleur qui survit à Poraone, La Veilleuse ' en ces prés point mon sort et ma foi ; De mes ans écoulés tu fais fleurir l'automne, Et je veille pour loi.
Ce ruisseau sous tes pas cache au soin de la tenv Son cours silencieux et ses flots oubliés : Que ma vie inconnue, obscure et solitaire, Ainsi passe à tes pieds !
Aux portes du couchant le ciel se décolore; Le jour n'éclaire plus notre aimable entretien : Mais est-il un sourire auxlévivs ue l'Auiorc Plus charmant que le lien?
* Nom populaire do colchique.
L'aslre des nuits s*avance en chassant les orages : Clarisse, sois pour moi l'astre calme et vainqueur Qui de mon front troublé dissipe les nuages, Et fait rêver mon cœur.