‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 152 sur 165 · CHARLOTTEMBOURG · texte numérisé non relu

CHARLOTTEMBOURG

ou

LE TOMBEAU DE LA REIiNE DE PRUSSE.

Berlin, 1821.

LE VOYAGEUR

Sous les hauts pins qui proiégent ces sources, Gardien, dis-moi quel est ce monument nouveau?

LE GARDIEN

Un jour il deviendra le terme de tes courses : 0 voyageur ! c'est un tombeau.

LE VOY.VGliUR.

Qui repose en ces lieux?

LE GARDIEN

Un objet plein de charmes.

* Ce Souvenir renfern ait ries pnnsres c!c l'illustre voyageur, cl était ornA de lleurs peinlep par madame de Grollier.

POiiSiES. 387

LE VOYAGEUR

Qu'on aima?

LE GARDIEN

• Qui fut adoré.

LE VOYAGEUR

Ouvre-moi.

LE GARDIEN

Si tu crains les larmes, N'entre pas.

LE VOYAGEUR

J'ai souvent pleuré.

(Le vuyag>iur et le gardien entrent.)

LE VOYAGEUR

De la Grèce ou de l'Italie On a ravi ce marbre à la pompe des morts. Quel tombeau l'a cédé pour enchanter ces bords?

Est-ce Anligone ou Cornélie?

LE GARDIEN

La beauté dont l'image excite les transports Parmi nos bois passa sa vie.

LE VOYAGEUR

Qui pour elle, à ces murs de marbre revêtus, A suspendu ces couronnes fanées?

LE GARDÎEN.

Les beaux enfants dont ses vertus Ici-bas furent couronnées.

LE VOYAGEUR

On vient.

LE GARDIEN

C'est un époux ; il porte ici ses pas, Pour nourrir en secret un souvenir funeste.

LE VOYAGEUR

Il a donc tout perdu?

LE GARDIEN

Non : un irùne lui reste.

LE VOYAGEUR

Un trône ne console pas.

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