‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 27 sur 165 · SUR LE SIXIÈME LIVRE · texte numérisé non relu

SUR LE SIXIÈME LIVRE

PREMIÈRE REMARQUE

PASE HO. La France est une contrée sauvage.

La France d'auliefois, ou le pays des Francs, n'était point la France d'aujourd'hui : ce que nous nommons France à présent est proprement la Gaule des anciens. J'ai cité pour autorité, dans la préface, la Carte de Peutinger, et saint Jérôme dans la vie de saint Hilarion. La Table-carte de Peutinger est une espèce de livre de poste des anciens, composé vraisemblablement dans le iv^ siècle Retrouvé par un ami de Peutinger, jurisconsulte d'Augsbourg, il fut publié à Venise, en 1597. Ce sont de longues bandes de papier sur lesquelles on a tracé les chemins de l'empire romain, avec les noms des pays, des villes, des maisons ou relais de poste; le tout sans division, sans méridien, sans longitude et sans latitude. Le niul Frauda se trouve écrit de l'autre côté du Rhin, à l'endroit que je désigne.

Voici les paroles de saint Jérôme : « Entre les Saxons et les Germains, on « trouve une nation peu nombreuse, mais très brave. Les historiens appellent « le pays (ju habite cette nation Germanie ; mais on lui donne aujourd'hui le « nom de France. » {In Vit. S. Hilar.)

* La nation des Celtes, dit Libanius, habite au-dessus du Rhin, le long de « l'Océan. Ces Barbares se nomment Francs, parce qu'ils supportent bien les « fatigues de la guerre. > {In Basil.)

II'

PAGE HO. Les peuples qui habitent ce désert sont les plus féroces des Barbares.

» Les Francs, dit Nazairo, surpassent tous les peuples barbares en férocité. » S' Ion l'auteur anonyme d un panégyriipie prononcé devant Constantin, «il - n'clail pas aise de vaincre les Francs, peuple qui se Dourrissail de la chuir • des bêles féroces. •

ill''\

PAGE HO. Ils regardent la paix comme la servitude la plus dure dont on puisse leur imposer le joug.

« La paix est pour les Francs une horrible calamité. » (Liban,, Orat. ad Constantin.)

IV*

PAGE HO. Les vents, la neige, les frimas, font leurs délices; ils bravent la mer, etc.

« Les Francs sont, au milieu de la mer et des tempêtes, aussi tranquilles « que s'ils étaient sur la terre : ils préfèrent les glaces du Nord à la douceur « des plus agréables climats. » (Liban., loc. cit.) Cette phrase qu'on lit dans le texte : On dirait qu'ils ont vu le fond de l'Océan à découvert , etc., est appuyée sur un passage de Sidoine Apollinaire. (Lie. vni, Epist. ad Namm.)

PAGE 411. Ce fut sous le règne de Gordien le Pieux qu'elle se montra pour la première fois.

Depuis l'an 241 jusqu'à l'an 247. (Voyez Flav. Vopisc, cap. vu.)

VI

PAGE 111. Les deux Décius périrent dans une expédition contre elle. Voyez la préface, et Chron. Paschal.

VII®

PAGE 111. Probus... en prit le litre glorieux de Francique. Vid. Flav Vopisc, cap. xii, in V.t. Prob.

VIII®

PAGE m. Elle a paru à la fois si noble et si redoutable, etc.

Fait très curieux, rapporté dans un ouvrage de l'empereur Constanlm Porphyrogénète. 11 dit quo Constantin le Grand fut l'auteur de la loi qui permeilait aux empereurs romains de s'allier au sang des Francs. (De Admin, imp.)

PAGE m. Enfin ces terribles Francs venaient de s'enoparer de l'île de

Batavic.

Fait historique. Voy. Panég. prononcé devant Max. Uerc. et Const C/il.., thap. IV.

PAGE 111. Nous entrâmes sur le sol marécageux des Bataves.

« Terra non est... Aquis subjacentibus innalat et suspensa late vacillât. • { EoM., Paneg. Const. Cœs.)

XI*'

PAGE m. Les trompettes... venaient à sonner Tair de Diane.

La Diane est restée à nos armées. On sonnait de la trompe à tous les chan» gements de garde , le jour et la nuit.

XII*

PAGE m. Le centurion qui se promenait... en balançant son cep de vigne.

La marque du grade de centurion était un bâton de sarment de vigne qui lui servait à ranger ou à frapper les soldats. Le centurion commanda d'abord cent hommes , quand la légion était de trois mille hommes; il n'eut plus sous ses ordres que cinquante hommes, quand la légion fut portée à quatre mille hommes : il y avait deux compagnies chacune de soixante hommes dans chaque manipule. Le premier centurion de l'armée siégeait au conseil de guerre et De recevait d'ordre que du général ou des tribuns.

XIII®

PAGE 111. La sentinelle... tenait un doigt levé dans l'attitude du silence.

Monlfaucon, dans les Antiquités romaines^ explique aiûsi la pose de quelques soldats.

XIV®

PAGE 111. Le victimaire qui cuisait l'eau du sacrifice.

Le victimaire préparait les couteaux , l'eau, les gâteaux du sacrifice; il était à d;mi nu, et porlail une couronne de laurier. Il y avait, dans chaque camp romain , un autel auprès du tribunal de guzun où siégeait le général. Les lentes étaient de peau ; de là l'oxpressiun sub iclUhus haintare. Klles étaient disposées parallèlement, lormant des rues régulières, et se croisant à angle droit. Les camps romains étaient de forme carrée; les Grecs, et surtout les Lacédéoiooieus, faisaient les leurs de forme ronde.

XV®

rACK 112, ...redisaient autrefois les vers d'Euripide.

SUR LE LIVRE VI. olT"

Après la défaite el la mort de Niria?, devant Syracuse, plusieurs MhiMiciis, devenus esclaves, obtinrent la liberté pour prix des a ers dKuripi'le, qu'ils répétaient à leurs maîtres : la répulrilion de ce grand trapi'|iie commcnçail à percer en Sicile.

XVI*

PAGE 113. La légion de fer et la Foudroyante.

La légion romaine fut successivement de trois, quatre, cinq el six mille hommes, y compris les différentes espèces de soldats armés, comme je le marque ici : les hastati, les princes et les triarii ; les vexilliaires n'étaient que les poile-élendards. L'ordre de ces soldats dans la ligne ne fut pas toujours 1<* même : la légion se divisait en deux cohortes, chaque cohorte en trois manipules, et chaque manipule en deux centuries. Outre le numéro de son rang, la légion portail encore un nom tiré de ses divinités, de sou pays ou de ses exploits. (PouB., lib. VI ; YfcG., lib. u.)

XVII®

PAGE 113. Les signes militaires des cohortes... étaient parfumés.

Les aigles distinguaient la légion ;" les signes particuliers nnarquaient le» cohortes ; on les ornait de verdure le jour du combat et que!(pi( f.iis on les parfumait: c'est ce qui a fourni à Pline une belle déclamation : « Auuiiœ « cerfe ac signa , pulverulenta illa, et custodibus horrida, inungunlur festi* « diebus : unnamque dicere possemus, quis nrmius instituissel! lia est, ;umi- < rum bac mercede corruplaelerrarum orbem devicere aquil*. Isl.i patrocinia, ' qua;rimus viliis, ut per noc jus sumantur sub casside unguenta. » (Plin. f/ist. Nat.^ lib. xui, cap. iv, 3.)

XVIII®

PAGE 113. Les hastati.

Voyez , pour ces soldats, la note xvi*.

XIX®

PAGE 113. ... étaient remplis par des machines de guerre.

La catapulte, la balisie, la grue, les béliers, les tours roulantes; et sur les vaisseaux, les corbeaux, les bec-^ d'airain, les ongles de fer. On ne se servait guère, dans les batailles, que des catapultes et des balisles; les autres ma- CDines étaient pour les sièges.

XX*

PAGE 113. A l'aile gauche de ces légions, la cavalerie des alliés déplovail sou rideau mobile.

L'ordre, le nombre, larmure de la cavalerie, varièrent chez les Romains

3? s REMARQUES

selon les temps. Tantôt jointe à la légion , tantôt formant un corps à part la cavalerie, vers la fin de la république , prit le nom général û'ala. ou d'aile, parce qu'elle servait sur les flancs. La plus nombreuse cavalerie des Romains était celle des alliés, et elle différait nécessairement d'armes offensives et défensives , selon le peuple à qui elle appartenait : c'est ce qu'on a exprimé ici avec le plus d'exactitude possible.

PAGE il 3. Sur des coursiers tachetés comme des tigres, et prompts comme des aigles, etc.

Selon Strabon , les? chevaux des Ceitibères (tes Espagnols) égalaient la vitesse des chevaux des Parthes ; ils étaient généralement d'un poil gris ou tigré. (Slrab., lib. m.) Diodore vante également la cavalerie des Espagnols. (Lib. V.) Au rapport de ces deux auteurs, les Ceitibères étaient presque tous vêtus d'un sayon ou d'un manteau de laine noire. (W., ib.) Ils portaient un casque ou une espèce de chapeau tissu de nerf, et surmonté de trois aigrettes, d'après Strabon. {Loc. cit.) Diodore veut que ces aigrettes fussent teintes en pourpre. {Loc. cit.) Strabon donne aux Ceitibères de courts javelots. L'épée ibérienne était fameuse par sa trempe; il n'y avait, d'après le témoignage de Strabon, ni casque ni bouclier qui fût à l'épreuve du tranchant d'uoe pareille épée.

XXII®

PAGE 114. Des Germains d'une taille gigantesque.

Jules César et Tacite ne parlent point du bonnet et de la massue que je donne ici aux cavaliers germains. (CiEs., de Bell. Gall., lib. vi; Tacit., de Mur. Germ.) Je ne puis retrouver i autorité originale où j'ai pris ces détails; mais dans l'Histoire de France avant Clovis, par Mézeray, on trouvera , page 37 (1G92, in-12), la circonstance de la massue. Mézeray donne à cette massue Je nom de cateies.

XXIIl®.

PAGE 114. Auprès d'eux quelques cavaliers numides.

Une foule de pierres gravées, et les monnaies anciennes de l'Afrique, soil puniques, soil romaines, représentent ainsi le cavalier numide.

XXIV''

PAGE 114. Sous leurs selles ornées d'ivoire.

Il ne faut pas entendre ce mol dé selles comme nou<; l'entendons aujourd'hui. La selle proprement dite était inconnue aux Romains, au iv* siècle : ils n'avaient (|u'uri petit siège retenu sur le dos du cheval par un poitrail et par une crciupière. Ces selles n'avaient point d étriers. Quoiqu'il soit question de mors ou de frein dans Virgile, il est douteux que la bride fût en usage dans la ca-

Valérie romaine. Quant aux gants ou gantelets, ils remontent à la plus haute antiquité : Homère en donne à Laërle, dans {'Odyssée ; les Perses en portaient comme nous poàr la propreté.

PAGE 114. L'instinct de la guerre est si naturel chez ces derniers (les Gaulois.) Ces Gaulois ressemblaient beaucoup aux Français d'aujourd'hui.

XXVI®

PAGE 1*5. Tous ces Barbares avaient la tête élevée, les couleurs vives. Consultez César, lib. i , iv et vi ; Diodore, lib. v; Strabon, lib. iv et vu.

XXVll®.

PAGE 115. Les yeux bleus, le regard farouche et menaçant.

« Luminum torvitate terribiles, » dit Ammien Marcellin. (Voyez aussi Diodore, /oc. cit.)

XXVIII®

PAGE H 5. Ils portaient de larges brayes, et leur tunique était chamarrée.

La Gaule narbonnaise s'appela d'abord Braccaia , du nom de ce vêtement gaulois. « Les Gaulois, dit Diodore, portent des habits très singuliers : ce sont « des tuniques peintes de toutes sortes de couleurs ; ils mettent dessus la tu- « nique un sayon rayé et divisé par bandes. » (Diodore, lib. v. Voyez aussi Strabon, lib. m.) Le nom de saye ou sayon vient de sagum, un sac. Le sarrau de nos paysans est le véritable sagum des Gaulois.

XXIX"

p.iGE 115. Lepée du Gaulois ne le quitte jamais, etc.

L'épée était larme dislinctive des Gaulois, comme la francisque, ou la h;iche à deux tranchants était l'arme particulière du Franc. Les Gaulois portaient l'cpoe sir la cuisse droite, suspendue par une chaîne de for, ou pressée par un coinlu'on. (Voyez Diod., lib. v; Strab., lib. iv.) On jurait sur son épéc; on la plantait au milieu du mallus ou du conseil ; on ne pouvait pas prendre on ga^e l'opce d'un guerrier ; enfin c'olail la coutume chez les Gaulois et chez les Germains, de brûler les armes du mort sur son biicher funèbre. (Voyez CÉSAR, lib. vi; Tacite, Mor. Cenn., ot L:-(j. Lnngoh., lib. ii.) Selon César, on brûlait aussi aux funérailles les personnes que le mort avait chéries, quos dilectos esse constabat, et quelquefois sou épouse.

326 ' REJIAUQUES

XXX®

PAGE H5. Une légion chrétienne.

Voilà les chrétiens ramenés sur la scène. Il paraît pour cette fotK qu'on ne les y a pas trouvés déplacés, il? sont commandés pour ainsi dire par un Français. Nous avons des droits à la gloire de saint Victor martyr. 11 était de Marseille ; et après avoir été battu de verges, suspendu à une crois, pour la religion de Jésus- Christ, il fut broyé sous la roue d'un moulin, ainsi qu'un pur froment, disent les actes de son martyre.

xxxr.

PAGE i 15. Nous Cretois. .. nous prenions nos rangs au son de la lyre.

Ceci n'est point un tour poétique, c'est la pure vérité : les Cretois réglaient la marche de leurs guerriers au son d'une lyre.

xxxir.

PAGE H6. Parés de la dépouille des ours, etc.

Ce n'était pas l'habillement des Francs, mais c'était leur parure. Tous les Barbares de la Germanie , et même avant eux les Gaulois , se couvraient de peaux de bêtes, ainsi que le racontent Cksaiî, de Bell. GalL, lib. vi; Tacite, de Mor. Germ., 6, 7, etc. L'nroch dont il est ici question, et que les auteurs latins appellent urus, était une espèce de bœuf sauvage; on en parlera ailleurs.

xxxiir.

PAGE 116. Une tunique courte et serrée, etc.; jusqu'à l'alinéa.

Tout ce paragraphe est tiré de Sidoine Apollinaire dans son Panégyrique de Majorien; c'est le plus ancien document que nous ayons touchant les costumes de nos pères : je l'ai traduit presque littéralement dans le texte. Pelloutier demande oii Mézcray a pris que les Francs avaient les yeux veris; il cite un mot grec qui veut dire bleu , et que Mézeray, dit-il, a mal interprété. Pelloutier se trompe- Mézeray n'a traduit ici ni Strabon ni Diodore, qui n'ont pu parler des Francs, ni Agalhias, ni Anne Comnènc: il avait sans doute en vue le passage de Siiloine dont je me suis servi. J'ai doiu; pu dire poétiquement, des yuux couleur d'une mer orayeuse, autorisé d'un cùlé par les vers de Sidoine, qui donnent aux Francs des yeux vcrdàtrcs, et de l'aulrc par le témoignage de toute l'antiquité, qui parle du regard terrible des Barbares. Remarquons que les perruques a la Louis XIV, dont on ramenait les cheveux en devant sur les épaules ressemblaient parfaitement à la cheve'ure des Francs. Je parlera'i plus bas du javelot appelé aiujon : ce mol est d'ailleurs dans le Dirtionnaire de i Académie. Anne Comnène nous a laissé la description d'un Franc ou Français, assez curieuse pour être rapportée; ou y voit la physionomie d'un Barbare a travers l'imagination dune Grecijue. • La présence de

Boëmond éblouissait autant les yeux que sa réputation étonnait l'espriL Sa taille était si avantageuse , qu'il surpassait d'une coudée les plus grands. Il élait menu par le ventre et par les côtés, et gros par le dos et l'estomac ; il avait les bras forts et robustes. Il n'était ni maigre ni gras, mais dans une juste température, et telle que Polyclèle l'exprimait ordinairement dans ses ouvrages, qui était une imitation Adèle de la perfection de la nature. Il avait les mains grandes et pleines, les pieds fermes et solides. H élait un peu courbé, non par aucun défaut de l'épine du dos, mais par une accoutumance de jeunesse, qui était une marque de modestie. Il était blanc par tout le corps; mais il avait sur le visage un juste tempérament et un agréable mélange de blanc et de rouge. 11 avait des cheveux blonds qui lui couvraient les oreilles , sans lui battre sur les épaules à la façon des Barbares. Je ne sais si sa barbe était rousse ou d'une autre couleur, parce qu'il était rase fort près. Ses yeux étaient bleus et paraissaient pleins de colère et de fierté. Son nez était fort ouvert ; car, comme il avait l'estomac large, il fallait que son poumon attirât une grande quantité d'air pour en modérer la chaleur. Sa bonne mine avait quelque chose de doux et de charmant ; mais la grandeur de sa taille et la fierté de ses regards avaient quelque chose de farouche et de terrible. Son ris n'exprimait pas moins la terreur que la colère des autres en exprime.» (Ann.Comn., liv. xiii, chap.vi, trad. du présid. Cousin.)

XXXIV*

PAGE H6. Ces Barbares... s'étaient formés en coin.

« Acies per cuneos componitur. » (Tacit., de Mor. Germ,, vi.)

XXXV*

PAGE H6. A la pointe de triangle étaient placés des braves qui, etc.

« Et aliis Germanorum populis usurpatum rara et privata cujusque auden- « tia, apud Cattos in consensum vertit , ut primum adoleverint, crinem bar- « bnmque summittere, nec, nisi hostecaeso, exuere votivum obligatumque « virlule oris habitum... Fortissimus quisque ferreum insuper annulum (igno- « miniosum id genii ) velut vinculum gestat , donec se caede hostis absolval.» (Tacit., de Mor, Germ., xxxi,)

XXXVI*

PAGE H6. Chaque chef, dans ce vaste corps, était environné des guerriers de sa famille.

« Quodque praecipuum fortitudinis incitamentum est, non casns, nec for- « luila conglobatio turmam aut cuneum facit , sed familiae et propinquitates : « et in proximo pignora, unde feminarum ululalus audiri , uude vagilus in- « faulium. » (Tacit., de Mor. Germ., vu.)

XXXVll*.

PAGE 116. Chaque tribu se ralliait sous un symbole.

« KlRgiesque et signa qua^dam dolracla Ukms in |)i\elium ferunt. » ^Tacit., de Mor. Germ. vu.) Je place ici lorigine des armes de la monarobie.

xxxviir.

PAGE 116. Le vieux roi des Sicarabres.

11 y aura ici anachronisme, si l'on veut, ou l'on dira que c'est un Pharainond , un Mérovée , un Clodion , ancêtre des princes de ce nom que nous voyons dans i'hisloire. On sait d'ailleurs qu'il y a eu plusieurs Pharamond, et peut-être ce nom n'était-il que celui de la dignité. (Montfaucon, Antiq.) Je ne puis m'empêcher de remarquer la justice et la bonne foi de la critique. On a tout approuvé dans ce livre , jusqu'aux anachronismes , qu'on n'a point relevés , et l'on m'a chicané sur le nom de Velléda , qui n'est point la Yeliéda de Tacite.

XXXIX*

PAGE 117. A leurs casques en forme de gueules ouvertes ombragées, etc.

« Tous les cavaliers cimbres avaient des casques en forme de gueules ou- « vertes et de mufles de toutes sortes de bêles étranges et épouvantables ; et « les rehaussant par des panaches faits comme des ailes et d'une hauteur pro- « digieuse, ils paraissaient encore plus grands. Ils étaient armés de cuirasses « de fer très brillantes, et couverts de boucliers tout blancs. (Pldtarque , m Vil. Mar.) J'attribue aux Francs ce que Plutarque raconte des Cimbres; mais les Cimbres avaient habité les bords de l'Océan septentrional , comme les Francs ; et tous les Barbares qui envahirent l'empire romain avaient, les Huns exceptés, une foule de coutumes semblables.

XL'

PAGE 117. Il était... retranché avec des bateaux de cuir et des charriots attelés de grands bœufs.

Tacite parle des légers bateaux à deux proues d'une nation germanique qui Inbilait les bords'de l'Océan. Sidoine Apollinaire, dans le Panégyrique d'Avitus, dit que les bâtiments des Saxons étaient recouverts de peaux. Quant aux charriots, une autorité suffira : Sidoine raconte que Majorien ayant vaincu les Francs, on trouva dans des charriots tous les préparatifs d'une noce : le repas, les ornements et des vases couronnés de fleurs. On s'empara de ces charriots et de la nouvelle épouse : c'était vraisemblablement une reine des Fratics , à en juger par celte magnificence.

Que les camps étaient retranchés avec des charriots on va le voir : « Om- « nemque acicm suam (Germanorum) circum rhedis et carris circumdede- • runt... eo mulieres imposuerunl. » (Ci£s.)

XLl*.

PAGE 117. Trois sorcières en lambeaux faisaient sortir déjeunes poulains d'un bois sacré.

11 y a ici uae réunioa de plusieurs choses. Seloa Tacite, les Germaius ac-

cnivlai! nt l'esprit de divination aux femmes; les Gaulois, comme nous le verrons par la suite, avaient leurs druidesses : ces druidesses se changèrent ensnilc en fées (fuiUlicœ), en sorcières, etc. : de là les sorcières de Macbeth. Onanl aux augures tirés de la course des chevaux , Tacite est mon garant : « Proprium genlis, equorum quoque prae-agiaac monitus experiii. Publiée " alunlur iisdem nemoribus ac lucis, candidi, et nuilo moilali opère conlacti, « quos pressos sacro curru sacerdos ac rex vel princeps civilatis comitanlar, « hinnilusque ac fremilus observant. » (Tacit., de Mor. Germ., x.) Pour le dieu Tuiston, c'est encore Tacite. « Célébrant carminibus antiquis Tuistonem « deura. » {Ici., ii.)

XLir.

PAGE 417. Quand nous aurons vaincu mille guerriers francs.

Mille Francos, raille Sarmatas semel occidimus ; Mille, mille; mille, mille, mille Persas quairimus.

iFtiV., Yopisc, in ru. Àurtl,, 7.)

XLIII®

PAGE 117. Les Grecs répètent en chœur le Pœan.

Le Pœan, chez les Grecs, était à proprement parler un chant ou un hymne quelconque. 11 est pris ici pour le chant du combat ; on le trouve comme tel dans la Retraite des dix Mille et ailleurs.

XLIV"

PAGE 117. L'hymne des Druides.

C'est le chant des bardes. Tout ce qu'on a dit sur les bardes de notre temps est un roman qu'une phrase de Slrabon, copiée par Ammien Marcellin, et deux ou trois phrases de Diodore ont produit. « Bardi qui de laudaliouibus rebus- « que poeticis student. » (Strab., lib. iv.)

XLV"

PAGE 117. Ils serrent leurs boucliers contre leur bouche.

« Nec tam voces illae quam virtutis concentus videntur. Afioctatur prîBcipue « asperitas soni, et fracUim murmur, objcclis ados sculis, quo pleniorel gra- « vior vox repcrcussu intumescat. • (Tacit., de Mor. Gcnn., m.)

XLvr.

PAGE 118. Ils enlonentlc bardit.

« Snnt illis h;cc quoque carmina, quorum relatu qucm harditum vocanl,

accondunl animos, l'utura)que pugna) fortuuaiu ipso cautu auguranlur. Ter-

« rentenim trepidantve, prout sonuit acies. » (TACiT.,'(fe Mor. Germ., m.) Saxo Gramniaticus, l'historien de ia Suède; Olaiis Worsmius dans sa Liiteratura runica, nous ont conservé plusieurs fragments de ces cliants des peuples du Nord, dont Charlemagne avait fait faire un recueil. J'ai imité ici le chant de Lodbrog, en y ajoutant un refrain et quelques détails sur les armes appropriés à mon sujet :

Pugnavimus ensibus... etc., etc.

Virgo deploravit niatutinain, lanienam, Mylta prseda dabatur feris.

Quid est viro forti morte certius, etc.

Vitse elapsae suut horœ ; Ridens moriar

11 y a bien loin de ces vers à ceux d'Homère et de Virgile, rappelés dans les Martyrs.

XLVir

PAGE 118. Victoire à l'empereur !

Le cri du soldai romain, en commençant la bataille, s'appelait barritus; il était soumis à de certaines règles, et il y avait des maîtres pour l'enseigner comme parmi nous des maîtres d'armes.

XLViir.

p.iGE 119. Le roi chevelu.

Grégoire de Tours parle à tout moment de ia chevelure des rois de la preniière race. Sainl-Foix ayant rassemblé les iiuturitcs, je les donne ici t^ous son nom.

« Les Francs, dit l'auteur des Gestes de i.as Rois, élurent un roi chevelu, Pharamond, li!s de Marcomir. » — « Les Francs, dit Grégoire de T.urs, ayant passé le Rhin, s'établirent d'abord dans la Tongrie, où ils créèrent par cantons et par c.tés des rois chevelus. Il racoiito dans un autre endroit que le jeune Clovis , fils de Chilpéric, a^ant ote poiyjiardé et jeté dans la Marne par l'ordre de Frédégondc , sa belle-mère, son corps s'arrita tlans 1 s filets d'un pêcheur qui ne put |)as douter, à sa longue chevelure, (jue ce ne fût le fils du roi. Agathias, historien contemporain, rapporte que C!odoniir, fils de Clovis, ayant été tué dans une bataille contre les Bourguignons, ils rccoimurenlco prince parmi les morts à sa longue chevelure, c;ir c e-tun u«age cimslanl |)armi les rois des Francs, ajoute l-il, de laisser croître leurs cheveux dès l'enfance, et de ne jamais Ks couper... Il n'est pas permis à leurs sujets de porter la chevelure longue et flottante; c'e-t nîie ni. r.i^.itivn attribuée à la famille royale. *

XLÎX .

PAGE 119. Elle était de la race de Iliafux.

Consultez les Edda, l'introduction à l'histoire du Dancmarc'c, et Saxo Grarï!malicus, sur la niyliiologie des Scandinaves.

PAGE 119. Sur un char d'écorce sans essieu. C'est le traîneau.

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