SUR LE CINQUIÈME LIVRE
PREMIERE REMARQUE
TAGE 90. Nous fréquentions surtout à Naplcs, le palais d'Aglaé, etc.; jusqu'à la fin du quatrième alinéa.
L'histoire d'Aglaé et de saint Boniface, martyrs, est pent-êlre la plus . roable de touloj les histoires de nos saints. J'en donne dans le texte un précis f >t exact pour (juil soit nécessaire d'y ajouter quelque oho e dans la note; il suffira de savoir que tout ce que d'.t Agl.ié sur les condrcs dos m ulyrs, et tout ce que lui répond Bonifacc, est coui'ormc à la vérité historique. On vei^a, T. I. 40
dans le xvi® livre, quelle fut la fin d'Aglaé, de saint Sébastien, de saint Pacôme, de saint Boniface, de saint Génès. Celui-ci a fourni à l'abbé Nadal le sujet d'une tragédie. (Voyez Fleury, Hist. ecclés., tome ii, in-i°, Acta SS. Mari., Vies des Pères du désert, tome 'l*^)
Une partie essentielle de mon plan est d'oflrir le tableau complet du christianisme à l'époque de la persécution de Dioclétien. J'ai eu soin de rappeler les noms de presque tous les martyrs et saints du quatrième siècle, et de les iier plus ou moins au sujet par un mol ou par un souvenir. Ces misères échappant à la plupart des lecteurs, mais elles coijlenl à l'écrivain; et, en dernier résultat, elles fout pourtant qu'un ouvrage est plein et nourri de faits, ou qu'il est dépourcu de sens et de lecliire. D'ailleurs, il est peut-être assez piquant de voir agir ces grands personnages dont on nous conta l'histoire dans notre enfance, et qui, de persécuteurs des chrétiens qu'ils étaient, sont devenus souvent des saints illuslres.
ir.
PAGE 91. Chaque matin, aussitôt que l'aurore, etc.
Cette description de I\aples a été faite sur les lieux, ainsi que celle de Roiiie. J'ai des preuves que les peuples de ce beau pays, si sensibles au charme de leur climat et aux grands souvenirs de leur patrie, ont reconnu la fidélité de mon tableau.
III®
PAGE 92. Parthénope fut bâtie sur le tombeau d'une syrène.
Parthénope est Naples, comme chacun sait.
Tenet nunc Parthénope ! Elle fut fondée par des Grecs. Voilà pourquoi Eu- (lore dira plus bas que les danses des Napolitains lui rappelaient les mœurs d^ la Grèce.
Iv^
PAGE 93. Des roses de Pœsîum dans des vases de Nola.
Les roses, selon Virgile, fleurissaient deux fois à Pœstum. On connaît les beaux temples qui marquent encore l'emplacement de celle pelile colonie grecque. Les vases antiques, appelés va-es de N )la, sont dans les cabinets de tous les curieux. Nola était une ville près de Naples. Auguste y mourut.
PAGE 93. Se retirant vers le tombeau de la nourrice dEnée.
Tu qiioqiic iilloribus nostris, ^Eiu'i:\ mi'i'x, ifitciiuim niorieiis lamam, Caicta, dcdisti.
(/Cnnd., liï. vil, v. l.)
Gàële est à l'ouest, par rapport à Naples, el le soleil, eu descendant sur
riiorizon, passe derrière le Pausilippe. On sait que le Pausilippeest une longue H liaulo colline, sous laquelle on a percé le chemin qui mène à Pouzzol, C'est à l'entrée de ce chemin souterrain que se trouve le tombeau de Virgile.
Pline lut euglouti par les laves du Vésuve, sur !e ri\age de Pompéia. (Voyez i'LiNE LE jiiUNK, Eiihi.) La SoUaiare est une espèce de plaine ou de foyer de \olcan, creuse au centre d'une montagne, ^uand on y marche, la terre relentil sous vos pas: le sol y est brûlant à une certaine profondeur, l'argent s'y couvre de soufre, etc. Tous les voyageurs en parlent.
Le lac Averne, le Slyx, l'Achéron, lieux ainsi nommés aux environs de la mer et de Ba'ïcs, cl aduiiiubleinoMi décrits dans le vi' livre de \ Enéide. Tous ces lieux existaient aussi en Egypte el en Grèce.
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PAGE 93. Nous retrouvions les ruines de la maison de Cicéron, etc.; jusqu'à l'alinéa.
Cicéron avait une maison de campagne près de Beiïes, on en montre encoi-e les ruines. Pour le naufrage d'Agrippine, pour sa mort, pour le lameux ventrem feii, voyez Taciti:;. {Aidk xiv, o, 6, 7.) Quant à Capréc, tout ie monde connaît le séjour qu'y lit Tibère, et la vie infâme qu il y mena.
vir.
PAGE ô^. Aux trois sœurs de l'Amour, filles de la Puissance et de la Beauté.
Les Grâces, sœurs de l'Amour et filles de Vénus el de Jupiter. Eudore parle ici comme il le faisait dans le cours de ses erreurs.
viir
PAGE 94. Le front coiyonnc d'ache toujours verte, et de roses qui durent si peu, etc.; jusqu à la li:i du troisième alinéa.
On reconnaîtra ici facilement Horace, Virgile, Tibulle, Ovide. Le lecteur a vu l'aiiHijuilé grecque dans les premiers livres, voici l'antiquité latine. On ne m'aocusoia pas de choisir ce qu'il y a de moins bt'au parmi les anciens, pour faire mieux valoir les beautés du cluistianisme.
PAGE 95. Notre bonheur eût été d'être aiiiios aussi bien que d'aimer. Celte pensée est de saint Auguslni : elle est délicate et tendre, mais ello
n'est pas sans affectation et sans recherche, et je l'ai trop louée dans le Génie du Christianisme. Au reste, tout ce morceau est dans le ton de la morale chrétienne, prompte à nous détromper des illusions de la vie. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que ce ton ne forme point un contraste violent avec ce qui précède, et que, si l'on n'en ét:;:t averti, on ne s'apercevrait point qu'on est passé des poètes élégiaques aux Pères de l'Église.
PAGE 95. Un jour, errant aux environs de Baies nous nous trouvâmes auprès de Literne.
Literne, aujourd hui Patria. Voyez encore ma lettre à M. de Fontaoes, citée dans les notes du livre précédent.
PAGE 96. Quand vous voyez l'Africain rendre une épouse à son époux. Personne n'ignore cette histoire.
xir.
PAGE 96. Quand Cicéron vous peint ce grand homme.
11 nous reste un fragment de Cicéron, connu sous le litre de Songe de Scifjîon. Cicéron suppose que Scipion l'Émilien eut un songe, pendant lequel Scipion lAfricain l'enleva au ciel, et lui lit voir lo bonheur destiné aux hommes de bien. (Voyez l'/fin., tome ii, pag. iSS et i3i, édition de 1830.)
XIII*
p\(;e96 Ma mère qui est chrétienne.
C'est sainle I^loiiique.
XIV*
PAGE 96. Un homme valu de la robe des philosophes d'Épiclèle.
I.cs premiers solitaires chrétiens él.iip!!' de véritables philosophes. Quelques loachureies n'avaieat pour toute règle que le Manuel d'Epictèle.
SUR LE LIVRE V. oll
XV*
PAGE 97. J'étais assis dans ce monument,
Lf s tombeaux dos anciens et surtout ceux des Romnins étaient des espccrs de tours. Plusieurs solitaires en Egypte habitaient des tombeaux.
XVl".
PAGE 97. Je suis le solitaire chrétien du Vésuve.
On a remarqué dans celte histoire !e morceau de^ Litanies ; il offre au moins le mérite de la diiTicullé v.irjcic. On sait iju'il y a, de nos jours, un ermite établi sur le mont Vésuve : cest une sentinele avancée qui expose per; etuellement sa vie pour surveiller les éruptions du volcan. Je fais ainsi remonter le dévouement religieux jusqu à Thratéas.
xvn .
PAGE 97. Des pirates descendirent sur le rivage. Fait historique.
XVIII®
PAGE 98. Un édifice d'un caractère grave.
C'est une chose singulière que les plus anciennes églises, bâties avant 'a naissance de l'architecture gothique, ont un caractère de gra\ité et de grandeur que les monuments pa'iens du même âae n'ont pas, .1 ai lait s(;u\enl celle remarque à Home, à Conslantinople, à .Imisalem; où l'on voit des églises du siècle de Constantin, siècle qui au reste uelail pas celui du goût.
XIX*
PAGE dOO. Sa voix avait une harmonie.
Un critique, dans un extrait malheureusement trop court, et dont tout le monde a remarqué le ton excellent et les manières dislinuué.'?, a bien vou u m'appiiqiier ce passage. Je ne me (latte point de mériter un pu. il ( loge : je ]»'av;usen vue, en écrivant ceci, que de peindre l'éloqr.ence, le style ol la p rsonno mèiue de. i'cr.elon. En cfTct, <n peut remarquer que cela s'appli ^ue de tous points à l'auteur du Télémaque.
XX*
PAGE iOl. Que Jérôme se préparait à visiter les daule?, etc.
Sr>inl Jérôme voyagea dans tous les pays, et se fixa ensuite dans la Juàéf, à Bethléem, où nou-^leretnunon-.
ROIAKQUHS
xxr
PAGE 101. Je ne sais... si nous nous reverrons jamais.
L'auteur a vu des personnes s'allendrir à la lecture de cette lettre. Leflattail-on ? Était-ce une de ces politesses convenues par lesquelles on trompe un auteur? Il ne sait.
XXII®
PAGE 101. Comme Eudora allait continuer son récit, etc.
Le récit étant très long, je l'ai interrompu plusieurs fois pour délasser le lecteur ; j ai même o^é le couper enlièiement vers le milieu, par le livre de l'Enfer. Cette innovation dans l'art, la seule que je me sois permise, était apparemment nécessaire et très naturelle, car personne ne l'a remarquée.
xxm.
PAGE 102. Des glands de phagus, etc.
Le phagus était une espèce de chêne ou de hêtre d'Arcaaie •. il portait le gland dont on prétend que les premiers hommes se nourrissaient. (Voyez Théo-
PHRASTB.)
XXIV®
PAGE 102. Lorsqu'un fils d'Apollon.
C'était Ulysse qui pleurait en entendant le Démodocus d'Homère chanler les exploits des Grecs aux festins d'Alcinoiis. (Odyss., vni.)
PAGE 102. Maximien avait été obligé.
Faits historiques. Toutes les fois que j'ai pu rappeler au lecteur l'amour naissant de Cyniodocée pour Eudore, l'ambilion de Galérius, la haine de Cosar pour Constantin et pour les fidèles, enfin le nom et les projets (i'HiérocIès, j^^ me suis empressé de le faire ; le sujet n'est jamais tout à lait hors de vue.
L'empereur Valérien, dont on parle ici, fut pris par les Parthes elécorclié vif, Ids uns disent après sa mort. m
XXVI*
PAGE 103. J'entre hardiment dans la caverne.
Je complais peu sur le succès de ce morceau, et cependant il a réussi. Da-
SUR LE LIVTIE V. 319
près l'histoire, il est très probable que Prisca et Valérie étaient chrétiennes, li f. lit remarquer que les catacombes dont je donne la description sont celles qui jMMPnt dans la suite le nom de Saint-Sébastien, parce que ce martyr y fut enterré: et Sébastien est ici présent au sacrifice. Le charmant tombeau de Céciiia Mélella est en eflet où je le place. Tout cela est exact et fait d'après la vue des lieux. M. Delille avait peint les catacombes désertes ; il ne me restait qu'à représenter les catacombes habitées, pour ne pas engager une lutte trop inégale avec un grand poète et de beaux vers.
xxvir.
PAGE 105. C'est ce Grec sorti d'une race rebelle.
La rivalité d'Hiéroclès et d'Eudore, l'amitié d'Eudore et de Constantin, la haine de Galérius contre les chrétiens se développant, la faiblesse de Diocletion s'accroît : le récit tient de toutes parts à l'action.
xxviir.
PAGE 407. Cependant telle est la force de l'habitude, et peut-être le charme attaché à des lieux célèbres.
J'ai éprouvé ce sentiment très vif en quittant Rome. De tous les lieux de la terre que j'ai visités, c'est le seul où je voulusse retourner, et où je serais heureux de vivre.
XXIX"
PAGE 107. La voix de Cassia, qui me conduisait vers l'Étrurie, etc., et.-
Les détails de ce voyage sont vrais. Il n'y a, je crois, aucun voyageur qui ne reconnaisse Radigofamini à ces mots, planté de roches aiguës, à ce torro!)t qui se replie vingl-quaire fois sur lui-même et déchire son lit en s'écûulant. Les monticules tapissés de bruyères sont la Toscane, etc.
XXX®
p.\GE 108. Sa fuite est si lente, que l'on ne saurait dire de quoi .\'> coulent les flots.
» Flumen est Arar... incredibiii lenitate, ita ut oculis, in utrara partem fluat, « iuiiicari non possit. » (CiEs, de Bell, gall.)
Ubi Rhodanus insens aiuno prœrapitio (luit, Ararque diil)ilans quo siios cmsusagat Tacitus, quietus alluit ripas vuiiis.
(Su:»., in .^pocolojuinloti'.)
FulmineisRhodaniis qua se fiigat incitus undis Quaque pigro dubilat flumine mitis Aiar : Lugdunum jacet, etc.
(JOL. Cas. SCiLIGER.)
xxxr.
PAGE 108. Dont la cité est la plus belle et la plus grande des trois Gaules Trêves. Les choses sont bien changées.