SUR LE SEPTIÊJIE LIVRE
PREMIERE REMARQUE
PAGE 129. Le roi d'Ithaque fut réduit à sentir un mouvement de joie en se couchant sur un lit de feuilles séchées.
TÀv ixYi'j tSwv yflQ/jffs no'kin^ouç âloç GS-j(T(T£x>ç' *
Ev (? apoL (léad^ /gxTOj /UGiv S èire/^zvv.ru yuXXwv.
(Odyss,, liv. v, v. 446.)
ir
PAGE 130. Il était accompagné d'une femme vêtue d'une robe, etc.
« Née alius feminis quam viris habilus, nisi quod feminae saepius lineis « amictibus velanfur, eosque purpura variant, partemque veslilus superioris « in manicas non extendunt, nudae brachia ac lacerlos, sed ex proxima pars « pectoris patet. » (Tacit., de Mor. Ger., xvii.)
iir.
page 131. Je ne sais quelle habitude étrangère, etc.
Est-il nécessaire d'avertir que celle étrangère habitude avait été produite par la religion chrétienne?
IV*
PAGE 132. Remerciez Clothilde.
Encore un nom historique emprunté, ou un anachronisme d'accord avec les ftDacbronismes précédents.
PAGE 130. Dans une hutte qu entourait... un cercle de jeunes arbres.
« Colunt discreti ac diversi, ut Ions, ul cafhpus, ul nemus placuit.... Suam « qiiisqiie domiim spatio circumdat. » (Tacit., de Mor. Germ., xvi. Voyez aussi HÉRODiEN, liv, vu.) Dans quelques cantons de la Normandie, les paysans Mlissent encore leurs maisons isolées au milieu d'un ct^imp qu'environne une haie vive plantée d'arbres.
VI*
PAGE i 30. Une boisson grossière faite de froment.
C'est la bière : Slrabon, Ammien Marcellin, Dion Cassius, Jornandès, Athénée, sont unanimes sur ce point. Au rapport de Pline, la bière était appelée cervisia par les Gaulois. Les femmes se frottaient le visage avec la levure de cette boisson. (Pline, liv. xxii.)
Vil*.
PAGE 131. L'odeur des graisses mêlées de cendres de frêne, dont ils frottent leurs cheveux.
Celait pour leur donner une couleur rousse. On peut voir là-dessus Dio- DORE DE Sicile, liv. v; Ammien Marcellin, liv. xvii; saint Jérôme, Vit, HUar., etc.
VIII®
PAGE 131. Le peu d'air de la hutte, etc.
« Je suis, dit Sidoine", au milieu des peuples chevelus, forcé d'entendre le « langage barbare des Germains, et obligé d'applaudir aux chants d'un Bour- « guignon ivre, qui se frolle les cheveux avec du beurre... Dix fois le matin, « je suis obbgé de sentir l'ai! et l'ognon, et cette odeur empestée ne fait que « croître avec le jour. » (Sid. Apoll., Cam. 12, ad Cat.) Voilà nos pères.
IX®
PAGE 131. Une corne de bœuf pour puiser de l'eau. C'est la corne de l'uroch; on y reviendra.
PAGE 132. Voilà, me dit l'esclave... le camp de Varus
L'emplacement de ce camp porte encore le nom de bois de Teuteberg. Voici l'admirable morceau de 'facile, dont mon texte est la traduction abrégée : T. I. 43
« Prima Vari castra lato ambitu et dimensis principiis, trium legionum manus
« oslentabant; dein semiruto vallo, hun;i!i fossa, accisœ jam reliquiœ conse-
« disse iatelligebantur. Medio campi albeutia ossa, ut fugerant, ut restiterant,
« disjecta vel aggerata, Adjacebant fragmina telorum , equorumque arlus ,
« simul truucis arboruni anteûsa ora; lucis propinquis barbarae arae, apud
« quas tribunos, ac primoriim ordinum centuriones mactaverant : et cladis
« ejus superstites pugnam aul vincula elapsi, relerebant, hic cecidisse fegatos,
« illic raptas aquilas; primum ubi vulnus Varo adaclum; ubi infelici dextra
« et suo iclu mortem* invenerit ; quo tribunali concionatus Arminius; quot
.. patibula captivis, quae sciobes; utque signis et aquilis per superbiam illu-
« serit. » {Ann., 1,61.)
PAGE 133. On n'osa même plus porter leurs images aux funérailles.
« Et Junia sexagesimo quarto post Phiiippensem acien anno supremum diem
« explevil, Catoue avunculo geuila, C. Cassii uxoi, M. Bruti soror Viginti
« clarissimarum familiarura imagines anlelatae sunt, Manlii, Quiuctii aliaque « ejusdem nobililalis nomina : sed praîfalgebant Cassius atque Brutus, « eo ipso quod effigies eorum non visebantur, » (Tacit., Ann., m, 76.)
xir
PAGE 433. La légion thébaine.
Tout ce qui suit dans le texte est tiré d'une lettre de saint Euchère, évêque de Lyon, à l'évêque Salvius. On trouve aussi cette lettre dans les Actes des Martyrs.
XIII®
PAGE 134. Les corps de mes compagnons semblaient Jeter une vive lumière.
L'autorité pour ce miracle se trouve dans le martyre de saint Taraque. (Act. Mart.) Le Tasse a aussi imité co passage dans l'épisode de Suénon.
XIV®
PAGE 134. Vers Denis, premier évêque de Lutèce.
Je place, avec Fleury, Tillemont et Crevier, le martyre de saint Denis, premier évêque de Paris, sous Maximien, l'an 386 de notre ère.
XV*
PAGE. 133. Celte colline s'appelait le Moût de Mars.
On voit que. j'ai clioisi entre les deux sentiments qui font de Montmartre 00 le Mont de Mars, ou le Mont des Martyrs.
xvr
PAGE 136. Depuis ce temps je suis demeuré esclave ici.
Notre religion, féconde en noiracles, ofiTre plusieurs exemples de chrétiens qui se sont faits esclaves pour délivrer d'autres chrétiens , surtout quand ils craignaient que ceux-ci perdissent la foi dans le malheur. Il sufiira de rappeler à la mémoire du lecteur saint Vincent de Paule et saint Pierre Pascal , évèque de Jaën en Espagne. (Voyez Génie du Christianisme.)
xvir.
PAGE 136. De les exposer aux flots sur un bouclier.
« On lit, dit Mézeray, en deux ou trois poètes, dans le scoliaste Eustathîus, « et même dans les écrits de l'empereur Julien , que ceux qui habitaient « proche du Rhin les exposaient (les entants) sur les ondes de ce fleuve, et « De tenaient pour légitimes que ceux qui n'allaient point au fond. Quelques « auteurs modernes se sont récriés contre celte coutume, et ont maintenu que « cé'tait une fable inventée par les poètes ; mais ils ne se fussent pas tant * mis en peine de la réfuter, s'ils eussent pris garde qu'une épigramme « grecque dit que le père mettait ses enfants sur un bouclier. « (Av. Clov., pag. 34.)
XVIIl^ .
PAGE 136. Ma plus belle conquête est la jeune femme, etc.
Le christianisme, à cause de son esprit de douceur et d'humanité, s'est surtout répandu dans le monde par les femmes. Clothilde , femme de Clovis, amena ce chef des Français à la connaissance du vrai Dieu. (Voyez Greg. Tua.)
XIX*
PAGE 137. Vous êtes né dans ce doux climat voisin, etc.
La Grèce était voisine de la Judée comparativement au pays des Francs.
c XX®.
PAGE 138. Scgovia.
Le nom de cette prophélesse germaine se trouve dans Tacite.
XXI*
PAGE 138. D'un romain esclave, etc.
On voit ici un grand exemple do la difficnllé de contenter tous les e.'sprlls. Un critique plein de goût, que j'ai souvent cite dans ces notes, trouve cet epi-
sode de Zacharie peu intéressant. La reine des Francs , à genoux sous un vieux chêne, ne lui présente qu'une copie affaiblie de la scène de Prisca et de Valérie. D'autres personnes, ég;îlemenl faites pour bien juger, aiment beaucoup au contraire l'opposition du christianisme naissant au milieu des forêts, chez des Barbares, et du christianisme au berceau, dans les catacombes, chez un peuple civilisé.
XXIl^.
PAGE 139. Déclara que la vertu n'est qu'un fantôme.
« Brutus s'arrêta dans un endroit creux, s'assit sur une grande roche, n'ayant avec lui qu'un petit nombre de ses amis et de ses principaux officiers ; et là, regardant d'abord le ciel, qui était fort étoile, il prononça deux vers grecs. Volumnius en a rapporté un qui dit : Grand Jupiter, que l'auteur de tous ces maux jje se dérobe point à votre vue ! Il dit que l'autre lui était échappé. Le sens de cet autre vers était : 0 vertu ! tu u'es qu'un vain nom ! »
XXIII®
PAGE 139. Un nouvel Hérodote.
« Hérodote se rendit aux jeux olympiques. Voulant s'immortaliser, et faire sentir en même temps à ses concitoyens quel était Ihomme qu'ils avaient forcé de s'expatrier, il lut dans cette assemblée, la plus illustre de la nation la plus éclairée qui fût jamais, le commencement de son Histoire, ou peutêtre les morceaux de cette même Histoire les plus propres à flatter l'orgueil d'uD peuple qui avait tant de sujet de se croire supérieur aux autres. »
(Labcuer, Vie d'Hérodote.)
XXIY".
PAGE 139. Un peuple qui prétend descendre desTroyens.
Dans le second chapitre de VEpitome de l'histoire des Francs , on lit toute une fable racontée, dit l'auteur, par un certain poète appelé Virgile. Priam, selon ce poète inconnu, fut le premier roi des Francs ; Friga fut le successeur de Priam. Après la chute de Troie, les Francs se séparèrent en deux bandes; l'une, commandée par le roi Francio, s'avança en Europe, et s'établit sur les bords du Rhin, etc. {Epit. Hist. Franc, cap. ii, in D. Bouq. Coll.)
Les Gestes des rois des Francs racontent une fable à peu près semblable (chap. I et II). C'est sur ces vieilles chroniques qu'Annius de Viterbe a composé la généalogie des rois des Gaules et des rois des Francs. 'Dans ces deux livres supposes, il dvinne vingt-d'>u\ rois aux Gaulois avant la guerre de Troie : Dis ou Samothès, Sarron, 1 indatour des écoles druidiques; Boardus, invent'^ur de la poésie et de la musique ; Celles , Galalès , Bolgicus , Lugdne, Allohrox, P.iris, llcnuis. Sous ce dernior roi ai riva la prise de Troie; et Frai>ous, fils d'IIccl ir, sechapija de la ruine de sa patrie, se réfugia dans les Gaules et épousa la tille de Rcmus.
XXV^
PAGE 139. Que ce peuple, formé de diverses tribus des Germains.
Véritable origine des Français. J'ai expliqué le mot Franc d'après le génie de noire langue et non d'après l'élymologie que veut lui donner Libanius, et qui Signifierait habile à se fortifier. {In BasiUco.)
xxvr.
PAGE 139. Le pouvoir... se réunit. '
Ceci n'est exprimé formellement par aucun auteur, mais se déduit de toute la suite de l'histoire. On voit dans Tacite {de Mor. Genrt.) que l'on élisait des chefs dans les assemblées générales, et l'on trouve dans le même auteur (Ann. et }]ist.) des Germains conduits par un seul chef. On remarque la même chose dans les Commentaires de César. Enfin, sous Pharamond, Clodion, Mérovée et Clovis, les Francs paraissaient marcher sous les ordres d'un seul roi.
xxvir.
PAGE 139. La tribu des Saîiens
Il y a des auteurs qui ne veulent faire des Saliens que des grands ou des seigneurs attachés au service des salles de nos rois. Il est vrai que le mot sala remonte très haut dans la basse latinité. Dans un édit de Loîhaire, roi des Lombards, on lit : Si quis bovolam de sala occiderit, componat (sol. 20).
« Qui en la sale Baudouin Lagernie, ■ Avait de Foise envoyé une espie. »
(De Caxge, Gloss., voce Sala.)
Mais il est plus naturel de considérer les Saliens comme une tribu des Francs, puisqu'on les trouve comme tels dans l'histoire. Les Francs appelés les Saliens, dit Amraien Marcellln, s'étaient cantonnés près de Toxandrie. Sidoine leur donne aussi ce nom. Au rapport de Libanius, Julien prit les Saliens au service de lempire et leur donna des terres. Au reste, on trouve des Saliens gaulois sur le territoire desqiiels les Phocéens fondèrent Marseille. Il y avait chez les Romains des prêtres de Mars et des prêtres d'IIercule appelés Saliens; comme si tout ce qui s'appelait Salien devait annoncer les armes et la victoire,
XXVIII®
PAGE 139. Elle doit celle renommée...
Je place ici l'origine de la fameuse loi salique. L'histoire la fait remonter jusqu à Pharamond Les meilleurs critiiiuos font venir comme moi la loi saiique de la liibu dos Salions. La loi saliciuo, telle que nous l'avons, ne parle point de la succession à la couronne; elle ombrasse toulos sortes de sujets. Du Qinge distingue deux lois saliques : lune plus ancienne, et du temps que les
Français étaient encore idolâtres ; l'autre, plus nouvelle, et que l'on suppose rédigée par Clovis après sa conversion. (Voyez Pittion^ Jérôme Bignon, DU Cangb et Daniel.)
XXIX®
PAGE 139. Les Francs s'assemblent.
Les premières éditions portaient : « Les Francs s'assemblent deux fois l'aa- € née aux mois de mars et de mai. » J'avais voulu indiquer par là le changement survenu dans l'époque de l'assemblée générale des Francs, mais cela était inexact, et ne disait pas ce que je voulais dire : j'ai corrigé, comme on le voit ici. Le premier exemple d'une assemblée générale des Francs remonte à Clovis : ce roi y tua de sa main un soldat qui l'avait insulté l'année précédente. (Grégoire de Tours.)
Tacite dit que les Germains tenaient leurs assemblées à des jours fixes, au commencement de la nouvelle et de la pleine lune. {De Mor. Germ.) Nos étals généraux, que l'on croit être nés des assemblées du champ de mars, me paraissent plutôt avoir une origine gauloise. (Voyez les Commentaires de César.)
XXX®
PAGE 139. Le roi s'assied sous un chêne. C'est ce que disent tous les auteurs.
XXXI®
PAGE 139. Ils viennent au rendez- vous tout armés.
« Maintes fois ay veu que le bon sainct, après qu'il avoit ouy messe en este, € il se alloit esbatlre au bois de Vicennes, et se seoit au pied d'un chesne, et « nous faisoit seoir tous emprès lui : et tous ceulx qui avoicnt aCTaiie à lui « venoient à lui parler, sans ce qu'aucun huissier ne autre leui^ donast empes- « cheraenl. Et demandoit haultoment de sa bouche, s'il n'y avoit nul qui eust « partie. Et quand il y en avoit aucuns, il leur disoit : Amis, taisez-vous, et « on vous délivrera l'un après l'autre... Aussi plusieurs foiz ay veu que au- « dit temps d'esté, le bon roy vcnoit au jardin de Paris, une cotte de camelot « vestuë, ung surcot de tirelaine sans manches, et un mantel par dessus de « sandal noir : ei faisoit estendre des lappiz pour nous seoir emprès lui, et là « faisoit despescher son peuple diligemment, comme vous ay devant dit du « bois de Vicennes. » (Joinvillk, Uist. du roy saint Loi/.s.) Lusage de faire des présents au chef des peuples germnniqucs remonte jusqu'au temps de Tacite. « Mos est civitalibus ultro ac virilim conferre principibus vel armen- « lorum, vel frugum, quod pro honore accoplum, eliam nccrssilatibus subve- « nil. Gaudcnt praccipue fmilimarum gentium donis, qua) non modo asiogu- « lis, sed publiée miltunlur. » (Tacit., de Mor. Germ., xv.)
xxxiT.
PAGB 140. Les propriétés sont annuelles.
< Arvaperannos mutant. ^Tacit., Je .1/or. Germ., xwi.) Nequequisquani c agri motium certum, aut fines propi ios liabet : sed magislratus ac principes « in annos singulos, genlibus cognalionibusque hominum qui una coierunl, « quantum et quo loco visum esl, agri alirihuunl, alqueaniiO putt aliotran- « sirecognunt. » (C^esar, de Bell. yalL, iib. vi.)
xxxni®.
PAGE 440. Le lait, le fromage, etc.
(Voyez C^SAR, de Bell. galL, Iib. iv ; Pline, Iib. ii; Strabon, iib. vu. Tacite dit lac concretuni.)
XXXIV*
PAGE 140. Un bouclier... un cheval bridé.
« Munera non ad delicias muliebres quœsita, necquibusnova nuptacoma- « tîir, sed boves et frenatum equum, et scutum cum framea giadioque. » (TaciT., de Mor. Germ., xviii.)
XXXV®
PAGE 440. Il saute... au milieu... des épées nues.
« Nudi juvencs, quibus id ludicrum est, inter gladios se atque infestas fra- « meas saltu jaciunt. » (Tacit., de Mor. Germ., xxiv.)
XXXVl®.
PAGE 440. Une pyramide de gazon.
« Funerum nuUa ambitio .. sepulcrum cespes erigit. > (Tacit., de Mor, Germ., xxvii.
XXXVII®
PAGE 140. Chasser l'uroch et les ours.
César, Tacite et tous les auteurs parlent de la passion des Barbares pour la cliasse. Quant à l'uroch ou bœuf sauvage, en voici la description : « Tertium « est genuseorum qui Uri appellanlur. li suut magnitudine paulo infra ele- « phantos ; specie, et colore, et (igura lauri. Magna vis est eorum et magna « velocitas; neque homini neque fera) quam conspeveriiit parcunt. Uos slu- « diose foveis captosinlerliciunt... Ampliludocornuiim, et (igura, et specics, « ranltum anostrorum boum cornibus dill'ert. Hajc studioee conquisitaab la- « bris argento circumcludunt atque in amplissimis epulis pro poculis utUD- « lur. » (CiESAR, de Bell. galL, Iib. vt.)
XXXVIII*
PAGE 140. Nous eûmes le bonheur de ne rencontrer aucune de ces grandes migrations, etc.; jusqu'à l'alinca.
Tout ce passage est nouveau. Je lavais supprimé dans les épreuves de la
première édition. Les personnes qui le connaissaient l'ont réclamé ; j'ai cru devoir le rétablir.
xxxIX^
PAGE 141. Mon livre, vous irez à Rome.
Parve, nec invideo, sine me, Kber, ibis in Urbem.
Ovide mourut dans son exil, à Tomes : on a prétendu avoir retrouvé son tombeau en 1508, près de Stain, en Autriche, avec ces vers :
Hic situs est vates quera divi Cœsaris ira
Augusti patria cederc jussit hurao.
Sxpe miser voluit patriis occumbere terris ;
Sed frustra ! hune illi lata dedere locum
Ces vers sont modernes. Le poète avait fait lui-même l'épitapbe que l'on connaît :
Hic ego qui jaceo tenerorum lusor amorum, Ingenio perii Naso poeta meo, etc.
Je ne sais si le vers que j'ai clioisi pour l'épitapbe d un poète mort exilé dans un désert n'est pae plus toucbant.
XL
PAGE 142. Qui s'accusait d'être le Barbare.
Barbarus hic ego suai, quia non intelligor illis.
XLl®.
PAGE 142. Ges tribus avaient disparu.
Elles s'étaient embarquées. « Une petite tribu de Francs, sous Probus, dit « Eumène, se signala par son audace. Embarquée sur le Pont-Euxin, elle at « laqua la Grèce et l'Asie, prit Syracuse, désola les côtes de l'Afrique, et rentra « victorieuse dans l'Océan. » (Eumène, Paneg. Const.)
XLir.
PAGE 142. La Providence avait ordonne que je retrouverais la liberté au tombeau d'Ovide.
Ainsi ce livre est motivé, et il y a une raison fiéremploirc pour la description des mœurs et de la chasse des Francs. Cet incident, fort naturel d'ailleurs, et employé par plus d un poète, va faire changer la scène.
XLIIl".
PAGE 142. La butte rovalc était dc'sorte.
« Quemciimque morlalium arcere teclo iiefas habelur. Pro fortuna quisque « apparalis epulis excipil. Ciim clefeccre, qui modo liospcs fuerat, monslrator « hospitii et cornes proximam domum non inviîati adeuut : nec interest ; pari c hiimanitatearcipiiinlur. Noium ignolumque, quantum ad jus hospilii, neoio « dJsceruit. » (Tacit., de il/or. Germ.^wi.)
XLIV^
PAGE as. Une île. .. consacrée à la déesse Hertha.
(Voyez Tacite, Mœurs des Germains, chap. xl.) Mon texte est la traduction abrégée de tout le morceau.
XLY®.
PAGE 143. Ils étaient rangés en demi-cercle, etc.; jusqu'à l'alinéa.
« Ils ne prennent point leur repas assis sur des chaises, mais ils se couchent « par terre sur des couvertures de peaux de loups et de chiens, et ils sont « servis par leurs enfants de l'un et de l'antre sexe qui sont encore dans la « première jeunesse. A côté d'eux sont de grands feux garnis de chaudières « et de broches, où ils font cuire de gros quartiers de viande. On a coutume « d'en offrir les meilleurs morceaux à ceux qui se sont distingués par leur « bravoure... Souvent leurs propos de table font naître des sujets de que- « relies, et le mépris qu'ils ont pour la vie est cau-e qu'ils ne font point une « affaire de s'appeler en duel. » (Diod., liv. \, traduction de Terrasson.) Toutes ces coutumes, attribuées aux Gaulois par Diodore, se retrouvaient chez les Germains, yuant à la circonstance de la table séparée que chaque convive avait devant soi, elle est prise dans Tacite, de Mor. Germ. Voici un passage curieux d'Athénée : « CeKaï, iaquit (Posidonius), fœno substralo, ci- « bosproponunt super ligneis raensis a terra parum extantibus, Panis, et is » paucus, cibus est : caro multa elixa in aqua, vel super prunis aul in verutis « assa. Mensae quidem ha:c pura cl'munda inferuntur» vei.m leonum modo « ambabus raanibus artus intègres tolliint, morsuque di' 'niant : et si quid « ajgrius divcllatur^ exiguo id culello praecidunt, qui vagiiia tectus et loco « peculiari conditus în pr^^pinquo est. Convivœ plures ad cœnam si conve- « niant, inorbera consident. In medio prœstantissima sedes est, vleuli cœtus « principis ejusnimirum qui CBleros vel bcilica dexleritate vel nobilitate ge- « neris anteit, vel divitiis. As^iilet huie convitator ; ac utrinque deinceps pro « dignitate splendoris qua excellant. Adstauta lergo cœnantibus, qui peuden- « tes ciypeos proarrais gestant, hastati vero ex adverso in orlem scient ac « utrique cibum cum dominis capiunt. Qui sunt a poculis, potum ferunt in « vasisollaisimiiibus, aut liclilibus, aul argenteis. » (AiutiN, lib. iv, cap. xiii.) Il y aurait bien quelque chose à dire sur celte version du texte grec; mais, après tout, elle est assez fidèle; elle ne manque pas d'une certaine élégance, et elle a été revue par Casaubon, très habile homme, quoi qu'on en dise. Le texte par lui-môme n'ayant aucune beauté, j'ai préféré citer cette version de Dalechamp, acccessible à plus de lecteurs.
XLVl®.
PAGE 143. Caranlogones.
Souvenir historique. (Voyez les Commentaires de César.) Tout le monde sait que Lutècc est Paris,
XLVir.
PAGE J43. Les quarante mille disciples des écoles d'Augustodunum.
Les écoles d'Aulun étaient très florissantes. Eumène les avait rétablies. Lors de la révolte de Sacrovir, il y avait quarante mille jeunes gens de la noblesse des Gaules rassemblés à Autun. (Tacit., Ann. m, 43.) On sait que Marseille, du temps de Cicéron et d'Agricola, était appelée l'Athènes des Gaules. Sur Bordeaux, on peut consulter Ausoue, qui nomme les professeurs célèbres de cette ville.
XLVIII
PAGE ii^. La révolte des Bagaudes.
Il y a plusieurs opinions sur les Bagaudes. J'ai adopté celle qui fait de ces Gaulois des paysans révoltés contre les Romains.
XLIX®
PAGE 444. Les prêtres du banquet... ayant fait taire silence.
« Silentium per sacerdotes, quibus tum et coercendi jus est, imperatur. » (Tacit., de Mor. Germ., xi.)
PAGE 144. Ces avides possesseurs de tant de palais, qui sont assez à plaindre, etc.
C'est le mot du breton Caraclacus, prisonnier à Rome, (Voyez Zonare.)
tl*.
PAGE 144. Il sent en lui quelque chose qui le porte à brûler le Capitole.
C'est un roi des Barbares (je ne sais plus si c'est Alaric, Genseric ou un autre) qui a dit un mot à peu près semblable.