SUR LE QUATORZIÈ^]E LIVRE
PREMIERE REMARQUE
PAGE 240. A l'entrée de l'Herméum
Ott appelait Herméum en Grèce ceitains défilés fie montagnes où l'on plaçait des statues de Mercure. Plusieurs Herméum conduisaient de la Messénie dans la Laconie et dans i'Arcadie. Je fais suivre à Démodocus IflerméuBo que j'ai moi-même traversé.
II*
PAGE 240. Caché parmi des genêts à demi brûlés
Voiei un passage de mon Itinéraire.
Route de la Messénie à Tripolizza. — « Après trois heures de marche, nous sortîmes de l'Herméum, assez semblable dans celle partie au passage de l'Apennin, entre Pérouseet Tarni Nous entrâmes dans une plaine cultivée qui s'étend jusqu'à Leontari. Nous étions là en Arcadie, sur la fiontièrede la Laconie. On convient généralement que Léonlari n'est point iMegalopolis... Laissant à droite Leontari, nous trj versâmes un bois de vieux chênes, reste vénérable d'une forêt sacrée. Nous vîmes le plus beau soleil se lever sur le mont Borée. Nous mîmes pied à terre au bas de ce mont, pour gravir un chemin taillé perpendiculairement dan.«i *e roc. C'était un de ces chemins appelés Chemins de l'Échelle, en Arcadie... Nous nous trouvions dans le voisinage d'une des sources de l'Alptiee. Je mesurais avidement des yeux les ravines que je rencontrais : tout était muet et desséche. Le chen)in qui conduit du Borée à Tripolizza traverse d'abord les plaines désertes, et se plonge ensuite dans une longue vallée de pierres. Le soleil nous dévorait. A quelques buissons rares et brûles étaient suspendues des cigales qui se taisaient à notre approche. Eltes recommençaient leurs cris dès que nou3 étions passés. On n'enlendait que ce l)ruit monotone, le pas de nos chevaux et la chanson de notre guide. Lorsqu'un postillon grec monte à cheval, il commence une chanson qu'il continue pendant toute .a roule, c'est pn-siiue toujours une longue histoire rimee qui charme les ennuis des descendants de Linus. 11 me semble encore ouïr le chant de mes malheureux guides, la nuit, le jour, au lever, au coucher du soleil, dans les -.olitudes de L\rcadie, sur les bords de l'Eurotas, dans les déserts d'Argos, deCoriiUhe, de .Megare, beaux deux où la voix des Menades ne retentit plus, où les concerts des Muses ont cessé, où le Grec inw.rlur.é semble seulement déplorer dans de tristes complaintes les malheurs de s;' patrie. .
.... Soli pcîili caiilure Arcades.
iir
PAGE 240. C'est par le même chemin aue Lyciscus, etc.
Dans la première guerre de Messénie, l'oracle promit la victoire aux Messe Diens, s'ils sacrifiaient une jeune fiMe du sang d'Épytus. 11 y avait plusieurs fiUei! de la race des Epylides. Ou tira au sort, et le sort tomba sur la fille de Lyciscus. Celui-ci prêtera sa fille à son pays, et s'enfuit avec elle à Sparte- Aristodème ofirit volontairement sa fille pour remplacer celle de Lyciscus. La fille d Aristodème était promise en mariage à un jeune homme qui, pour la sauver, prétendit qu'il avait déjà sur elle les droits d'un époux, et qu'elle portail dans son sein un fiuit de son amour. Aristodème plongea un couteau dans les entrailles de ^a fille, les ouvrit, et prouva aux. Messéuiens qu'elle était digue de donner la victoire à la patrie.
PAGE 241 . Et commence à descendre vers Pillane, etc.
Cette géographie est tout à fait diCTérente de ce qu'elle était dans les premières éditions. Mon exactitude m'avait fait tomber dans une faute singulière. Je n'avais voulu faire parcourir à Démodocus que le chemin que j'avais moimême suivi. Mais comme j'allai d abord à Tripolizza, dans le valloii de Tégée, et que je revins ensuite à Sparte, je ne m'étais pas aperçu que Démodocus se détournait d'une trentaine de lieues de sa véritable roule. Le faire arriver à Sparte par le mont Tornax était une chose étrange; voilà ce que la critique n'a pas vu, quoiqu'elle ait doctement déclaré que le tombeau d'Ovide était de l'autre côlé du Danube. Quant aux monumenls dont il est question dans la roule actuelle de Démodocus, on peut coosuller Pausanias, inlacon., lib. m, cap. XX et XXI.
PAGE 241. La chaîne des montagnes du Taygète.
Je suis, je crois, le premier auteur moderne qui ait donné la description de la Laconie d'après la vue même des lieux. Je réponds de la fidélité du tableau. Guillcl, sous le nom de son irère la (Juiilelière, ne nous a laissé (piun roman, et c'est ce que Spon a très bien prouve. Vernhum, compagnon de Wheler, avait visité Sparle; mais il neii dit qu'un mol dans sa lettre imprimée parmi les Mémoires de l'Académie royale de Londres, M. Fauvcl ma dit avoir fait deux ou trois fois le voyage de la Laconie, mais il n'a encore rien publié. M. Pouqucville, excellent pour ce qu'd a vu de ses yeux, paraît avoir eu sur Sparte des renseignements inexacts. Wheler, Spon et d'Anvillc avaient averti que Sparle n est point Misilra, et Ion s est obstiné à voir Lacédémone dans cette dernière ville, d'après (iiiilh^t, Niger et Ortcllius. Misilra est à deux lieues de l'Enrôlas, ce qui Irancherait la question, si cola puuv;iit en faire une. Les ruines de hparle sont à iMagoula, tout auprès du fli'uve ; d'Anvillc les a Ires bien désignées sous le nom de i'alicochori, ou la vieille ville. Elles sont fort rcconnai.5sabies et occupent tuie grande étendue de terrain. Ce qu'il y a d'incroyable, c'est que la GuilleliètC parle de Mngmila saus se douter qu'il parle de Sparle.
SLK LE Livah; XlY, 409
vr.
PAGE 242. Dès le soir même, Cyrille commença les instructions, etc.
Ce livre a peut-èlre quelque chose de grave qui contraste avec la descriplioQ plus brillante d'Athènes, et qui rappel e naturellement au lecteur la sévère Lacédénaone. il m'a semblé qu'on verrait avec quelque plaisir le chrislianisme naissant à Sparte, et la foi de Jésus-Christ remplaçant les lois de Lycurgue.
VU®
PAGE 244. Que peux-tu contre la croix?
On voit par ce mot que ce démon solitaire n'avait point assisté à la délibération de l'enfer.
VIII*
PAGE 247. Aux deux degrés d'auditrice et de postulante.
Poui' les différents degrés de catéchumènes, et pour les différents ordre» du clergé, des veuves, des diaconesses, etc., voyez Fleuky, Mœurs de chrétiens.
PAGE 247. C'est la fille du Tyndare, couronnée des fleurs du Plataniste, etc.
Ile et prairie où les filles de Sparte cueillirent les fleurs dont elles formèrem la couronne nuptiale d'Hélène. (Voyez THtocKrrE.)
PAGE 247. Près du Lesché, et non loin des tombeaux des rois Agides.
« Dans le quartier de la ville appelé le Théomolide, on trouve les tombeaux • des rois Agides. Le Lesché louche à ces tombeaux, et tes Crolanes s'as- « semblent au Lesché. » ^Pausan , lib. ni, cap. xiv.) Les Crolanes formaient une des cohortes de l'infanterie lacedémonicnne.
Il y avait à Sparte un second Lesché. connu sous le nom dePœcile, à cause des tableaux ou peintures qu'on y voyait.
Les rois Agides étaient les descendants d'Agis, fils d'Euryslhène et neveu de Proi;lès, deux frères jumeaux en qui commencent les deux familles qui régnaient ensemble à Sparte.
Xl«
PAGE 247. Eloignée du bruit et de la foule, etc.
Citer les autorités pour les églises et les Cfrémonies de l'Église primitive, ce serait répéter mon texte. 11 suffira que le leclour sache que fout cela est ine peinture lidèle. Il peut consulter Fieury, Mœurs des Chrcticns et Histoire «cclesiaslique,
xir.
PAGE 248. Leurs tuniques entr'ouvertes, etc.
Le vêtement des femmes de Sparte était ouvert depuis le ?enon jusqu'à U ceinture. Lycurgue, en voulant forcer la nature, avait fini par faire des Lacédéœonienues les femmes les plus impudiques de la Grèce.
XIII®
PAGE 248. Aux fêtes de Bacchus ou d'Hyacinthe.
Les fêtes d'Hyacinthe se célébraient à Amyclée avec une grande pompe. Elles duraient trois jours : les deux premiers étaient consacrés aux pleurs, le troisième aux réjouissances.
XIV®
PAGE 248. La fourberie, la cruauté, la férocité maternelle, etc.
Le vol et la dissimulation étaient des vertus à Sparte. On apprenait aux enfants à voler. On connaît la cryplie, ou la chasse aux esclaves. On sait que les Lacédémoniennes s'applaudissaient de la mort de leurs enfants. Elles disaient à leurs fils parlant pour la guerre, en leur montrant un bouclier :
ri Txv, ri ènl Tav.
XV®
PAGE 249. Le lecteur monta à l'ambon.
Le lecteur était un diacre, ou sous-diacre, qui faisait une lecture. L'ambon était une tribune.
XVI®
PAGE 249. Habitants de Lacédémonc, il est temps que je vous rappelle l'alliance qui vous unit avec Sion.
On peut voir tout ce passage dans le livre des Machabées.
XVII^
PAGE 249. Entre tous les peuples de Javan, etc.
Javan, dans l'Ecriture, est la Grèce proprement dite, Sôlhim est la Macédoine, et Elisa lÉlide ou le Peloponèse.
XVIIl®.
PAGE 230. Ail! qu'il serait à craindre, etc.
« Timoo ccrvicem, ne margarilarum et smaragdorura laqueis occupata. locum spulluc non del. » (Tirtull., de Cutlu fem.)
XIX
PAGE 230. Pour un chrétien, etc.
• Auferamus carceris nomen, secessura vocemus. Efsi corpus includilur, etsi caro deliiiotur, omnia «piritui paient. Vagare spirilu, spatiare spiritu, et non sladia opaca aul purlicus longas proponens tibi, sed illam viam quae ad Deum ducil. Quoliens eara spirilu deambulaveris, totiens in carcere nou eris. Nihii crus senlil in nervo, cum animus in cœlo est. Tolura homineoi animus circumfert et que veiit transfert. » (Tertull,, ad Martyr.)
XX
PAGE 251. Les portes de l'Église s'ouvrent, et l'on entend.., ix. etc.
une
voix, etc
« Ceux à qui il était prescrit de faire pénitence publique, venaient le pre- « mier jour du carême se présenter à la porte de l'église, en habits pauvres, « sales et déchirés... Étant dans l'église, ils recevaient de la main du prélat « des cendres sur la lôle, et des cilices pour s'en couvrir ; puis demeuraient « prosternes, tandis que le prélat, le clergé et tout le peu|)le faisaient pour eux « des prières à genoux. Le prélat leur faisait une exhortation, pour les avertir « qu'il allait les chasser pour un temps de l'egli.-^e, comme Dieu chassa Adam « du paradis pour son pèche, leur donnant courage, et les animant à travailler « dans l'espérance de la miséricorde île Dieu. Ensuite il les motlait en effet « hors de l'église, dont les portes étaient aussilOl fermées devant eux. » (Fleuri, Mœurs des Chréliens.)
XXI®
PAGE 252. Tel est le lis entre les épines, etc.
Ce chant est tiré du cantique de Salonïon. Le chant pa'ien qui suit est imité de l'épithalamedeManlius et de Julie, par Catulle. Ce ne sont point des objets de comparaison, ce sont des beaules d'un genre ditTérent. Les images orientales prêtent facilement à la parodie ; et Voltaire s'est égayé sur le Canti(|ue des cantiques. Il sufiit d oiueltie quelques traits qui choquent notre goût, pour l'aire de celle élégie mystique ce qu'elle est, un chef-d'œuvre de passion et de poésie. Au reste, j'ai beaucoup abrégé les deux imitations dans la préseule édition.
XXil®.
PAGE 251. La tombe de Léonidas.
Les os (le L'^Diiidas fureiil rapportés des Thermopyles quarante ans après le lameux ''ombat, et enterrés au-dessous de l'amphileàlro, derrière la "iiadelle, à Sparte, .l'ai cherché longte:nps celle tombe, un I\nistiiiiiis à la maiii. Il y a (Iaqs cet endroit six grauds mouumeuls aux Irois quarts détruits. Je les inler-