‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 71 sur 165 · SCE.^^E PREMIERE · texte numérisé non relu

SCE.^^E PREMIERE

NADÂB, seul.

1 regarde quelque temps autour de lui, «omme pour leconuaUre les lieux oi il M troaraj

A la porte du camp, sous ces polmiors antiques Où des vieillards hébreux les seiitences publiques Des diverses tribus terminent It^s débals, Par quel nouveau sentier ai-je éj;aré mes pas?

(Âpres un moment de silence, en s'atançanl sur la MÎM.)

Silencieux abris, profonde solitude.

Ne pouvez-vous calmer ma noire inquiétude?

Soulève enfin , Nadab , ton œil appesanti;

Vois les fils de Jacob au pied du Sinaï,

Le désert éclatant de miracles sans nombre,

La colonne à la fois et lumineuse et sombre,

L'eau sortant du rocher, des signes dans les airs,

Dieu prêt à nous parler du milieu des éclairs :

Prétends-tu, sourd au bruit de la foudre qui gronde,

Coupable fils d'Aaron, changer le sort du monde?

Mais que te fait, Nadab, le Sc!g.;ciir et sa loi?

Le monde et les Hébreux ne sont plus rien pour toi.

(Il s'iip|jrochi du cercueil de Jotepb.)

Ma main au bord du Nil déroba celte cendre ; Je pouvais sans rougir alors m'en faire entendre. 0 Joseph, fils aimé, qui dors dans ce tombeau, A l'épouse du roi , toi qui parus si beau,

T. II. 3g

298 moïse,

Rends mon cœur moins ardent ou ma voix plus puissante, Oa donne-moi ton cliarme ou ta robe innocente.' De Joseph retrouvé je n'ai point la grandeur, Mais de Joseph perdu j'ai l'âge et le malheur.

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