SCENE IIL AARON, MARIE, CALEB
AARON, à Mari».
Marie, en qui Jacob espère, Dans vos yeux attristés quels malheurs ai-je lusî Qu'allez-vous m'annoncer ?
MARIE
Notre frère n'est plus!
Josué, de Moïse héritier prophétique , De même a disparu sur la montagne antique : Ils n'ont pu sans mourir contempler Jéhovah. Comme ils priaient, dit-on, au sommet du Sina, Du Seigneur à leur voix la gloire est descendue, Dans une ombre effrayante, au milieu d'une nue; La nue en s'entr'ouvrant les a couverts de feux, Et le ciel tout à coup s'est refermé sur eux; Ils sont morts consumés.
AARON
0 ma sœur, ô Marie!
0 promesse du ciel! ô future patrie!
Par qui du saint prophète a-t-on su le trépas?
MARIE
Par les chefs envoyés pour découvrir ses pas.
CALEB
Jeûnons, pleurons, veillons revêtus du cilice ; Crions vers le Trés-Haiitdu fond du précipice. Le destin de la terre est au nôtre lié... Et Nabab, que je vois, l'a peut-être oublié.