ACTE II, SCÈNE V
ÂBZ4NE.
Je ressens vos douleurs, et n'en suis point complice.
NADAB
Cesse de t'excuser : j'adore mon supplice,
Ma souffrance est ma joie, et je veux à jamais
Conserver la douceur du mal que tu me fais.
Hélas! mon fol amour m'épouvante moi-même;
Je me sens sous le coup de quelque arrêt suprême :
D'involontaires pleurs s'échappent de mes yeux;
La nuit, dans mon sommeil, j'entends parler tes dieux.
Prêt à sacrifier à leurs autels coupables.
Je me réveille au bruit de mes cris lamentables.
Dis : n'est-ce pas ainsi, dans ses tourments divers,
Qu'une âme est par le ciel dévouée aux enfers?
ARZANE
On va vous délivrer du joug de l'étrangère,
NADAB
Des légers fils d'Agar la voix est mensongère; L'Arabe aime à conter : je veux sonder des bruits Aisément élevés, plus aisément détruits.
De Moïse en ces lieux je viendrai vous apprendre Le destin. Quel parti qu'alors vous vouliez prendre Contre tout ennemi prompt à vous secourir, Arzane, je saurai vous sauver ou mourir.
(Ntdâb Mct/