AMALÉCITES
ARZANE
Fils d'Aaron, à mon sort il faut que je succombe ! Vous me parliez d'hymen, et je touche à ma tombe.
NADAB, sans écouter Arzane.
Nous allons te revoir enfin, fameux mortel, Encor tout éclatant des feux de l'Éternel. Honneur à tes vertus, et gloire à ton génie!
ARZANE
"Veillé-je? dans mes maux quelle affreuse ironie! Quoi! Nadab, ces desseins où tous deux engagés, Ces projets de l'amour...
NADAB
Ils ne sont point changés.
ARZANE
Entre Moïse et moi vous tenez la balance : De votre passion je vois la violence.
NADAB
Femme, je suis sans force à tes pieds abattu; Mais ne puis-je du moins admirer la vertu?
ARZANE
Qui pourra m'arracher de ce sanglant théâtre Où la mort me poursuit?
NADAB
Ce cœur qui t'idolâtre.
ARZANE
Mais les remords viendront arnMci- vos efforts.
NADAB
Mais si je t'obéis, que te foni mes remords?
ARZANE
!.)(' ces hauts sentiments je serai la viclime.
NADAB
Laisse-moi m'eiirlianler d'iniiocemc et de crime, Coiinailre mes devoirs sans le manquer de loi, AiKTcevoir l'abime, et m'y jcler pour loi.