‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 92 sur 165 · SCENE PHEMîERE · texte numérisé non relu

SCENE PHEMîERE

moïse, seul.

(Il fut DDit; on Toit i la clarté de la lune Moïse qui descend du mont Sinal, portant les Tables de la Jù. Il s'avance vers le bocage des palmiers, et dépose les Tables de la loi au tombeao de Joseph.;

Sur ces tableaux divins la main de l'Éternel

Grava toutes les lois du monde et d'Israël.

0 toi qui déroulas tous les deux comme un livre,

Qui détruis d'un regard et d'un souffle fais vivre,

Qui traças au soleil sa course de géant,

Qui d'un mot fis sortir l'univers du néant!

Dis par quelle bonté, maître de la nature,

Tu daignas t'abaisser jusqu'à ta créature,

Et parler en secret à mon cœur raffermi

Comme un ami puissant cause avec son ami.

Depuis que je t'ai vu dans les feux du tonnerre.

Je ne puis attacher mes regards à la terre.

Et mon œil cherche encor, frappé de ta splendeur,

Dans ce beau firmament l'ombre de ta grandeur.

(Moïse s'assied sur une pierre auprès du tombtan d* JoMpk.)

Avant de me montrer à la foule empressée, Je veux de nos tribus connaître la pensée; Josué, descendu par un chemin plus court, Doit avoir à mon frère annoncé mon retour; Attendons, sous cette ombre au conseil favorable. Du grand Melchisédecii l'héritier véritable.

(Il regarde quelque temps le camp en sileaM.;

Qu'avec un doux transport je vois ce camp tranquille, D'un peuple fugitif unique et noble asile! Peuple que j'ai sauvé, que je porte en mon cœur, De tous tes ennemis sois à jamais vainqueur!

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