ACTE IIÎ, SCÈNE II. 32i
Servant au monde entier de modèle et dexemple, Garde du Tout-Puissant la parole et le temple ! Séparé par ta loi, ton culte, tes déserls, Du reste corrompu de ce vaste univers, 0 Jacob, sois en tout digne du droit d'aînesse! Je veux, en dirigeant ta fougueuse jeunesse, En profitant du feu de ton esprit hautain, Te forger en un peuple et de fer et d'airain. Ouvrage des mortels, et promp à se dissoudre, Les empires divers rentreront dans la poudre; Toi seul subsisteras parmi tous ces débris; Les ruines du temps t'offriront des abris. En te voyant toujours, les races étonnées Iront se racontant tes longues destinées, Et se montrant du doigt ce peuple paternel Que Moïse marqua du sceau de l'Érnel ! Mais, Jacob, pour monter où le Seigneur t'appelle, Il faut à ses desseins n'être jamais rebelle : Sous le courroux du ciel tu pourrais succomber. Et la foudre est sur toi toujours prête à tomber. Prions pour ton salut tandis que tu sommeilles.
(Il se lève, et étend ses bras vers le ciel.)
Dieu de paix!...
(Ou entend des sons lointains de musiqne, et des bruits de danses.)
Mais quel son vient frapper mes oreilles? Ce n'est point là le cri du belliqueux soldat Qui chante Sabaoth en courant au combat! Je reconnais l'accent d'une race coupable. Quel noir pressentiment et me trouble et m'accable? Aaron sous ces palmiers est bien lent à venir. Fidèl^Josué, qui le peut retenir ?
Laissons à ce tombeau ces Tables tutélaires. Marchons... Qui vient ici?