ACTE ill, SCÈNE IV
Sous le dieu d'Amalec : secondez leurs efforts; Dans cette arche nouvelle enfermez des ressorts; A des miracles feints opposez des miracles; Comme Moïse, ayez des prêtres, des oracles, Ei bientôt le soleil vous verra dans ces lieux Le pontife et le roi d'un peuple glorieux.
NADAB
Nadab, lâche apostat! Arzaneen vain l'espère! '
Vous-même chérissez les dieux de votre père : Si je vous proposais aussi de les quitter?
ARZANE
Quand auprès d'Astarté je voudrais m'acquitter Des tendres et doux vœux que son culte réclame, La faiblesse me sied : et que suis-je? une femme ! Mais un homme au-dessus des vulgaires mortels Prend conseil de sa gloire, et choisit ses autels. Voire Dieu vous menace et sa loi vous condamne; Vous ne pouvez régner que par le dieu d'Arzane. Régnez sur elle ; allez au premier feu du jour Chercher votre couronne au temple de l'Amour; Et , tandis qu'Amalec frappera la victime, Vous offrirez des fleurs : ce n'est pas un grand crime.
NADAB
0 magique serpent!, décevante beauté.
Par quels secrets tiens-tu tout mon cœur enchanté?
Es-tu fille d'enfer ou des esprits célestes?
Réponds-moi!
ARZANE
Du malheur je suis les tristes restes.
Suppliante à vos pieds, sans trône et sans époux, Je n'ai d'autre soutien ni d'aulre espoir que vous.
NADAB
C'en est fait : il le faut ! A toi je m'abandonne ! Qu'importe le poison, quand ta main me le donne? Mais en goûlant au fruit, présent de loi» hymen , Du moins entre avec moi sous les berceaux d'Éden, Eve trop séduisante ! au jardin des délices Que nos félicilés précèdent nos supplices! Tu ne m'as point encor révélé tes secrets, El même en ce moment tes regards sont muets. Un mot peut tout lixer dans mon âme incertaine.
moïse,
Dis : ai-je mérité ton amour ou ta haine? Si tu l'aimes, Nadab est prêt à s'immoler.
ARZANE
Que faire ?
NADAB
Explique-toi.
ARZANE
Je ne saurais parler.
NADAB
M'airaes-tu? m'aimes-tu, divine Amalécite?
ARZANE
Ma voix s'éteint...
NADAB
Promets à ce cœur qui palpite Que demain à l'autel...
ARZANE
A l'autel de mes dieux?..
0 douleur!
ARZANE, à part.
En formant un hymen odieux, Du moins perdons Jacob.
NADAB, à part.
Dans ta juste colère, Ne te souviens, Seigneur, que d'Abraham mon père.
(A Ariane.)
Achevons.
ARZANE
Vous m'aimez?
NADAB
Ah ! cent fois plus que moi !
Puisqu'aux feux éternels je me livre pour toi !
ARZANE
Vous dites que demain, au lever de l'aurore, A l'autel de mes dieux...
NADAB
Je n'ai ri(Mi dit encore.
ARZANE
Je mourrai donc?