IMITATION DE VOLT AI KB
Toi sur qui mon tyran prodigue ses binifaits.
Soleil, astrede feu, jour heureux cjne je hais,
Jour qui fais mon supplice, et dont uu-s y. tu s'étonnent,
Toi qui semblés le dieu dec cieux qui iVovirouneut,
Devant qui tout éclat disparaît el s'enfuil.
Qui fais pâlir le front des astres de la nuit;
Image du Très-Haut qui régla ta carrière,
Hélas 1 j'eusse autrefois éclipsé la Iminére l
Sur la voûte des cieux élevé plus que loi ,
Le trône oti tu l'assieds s'ab:iissail ticvanl moi ;
Js suis tombé : l'orgueil m'a plouyéilans l'alnine.
Bêlas! je suis ingrat, c'est là mon plii> gra*d crime;
J'osai me révolter contre mon Créait iir :
C'est peu de me créer, il fut mon bieidyileur.
Il m'aimait ; j'ai forcé sa justice étenulle
D'appesantir son bras sur ma tète rt-b lie :
Je l'ai rendu barbare en sa sévérité;
Il punit a jamais, el je l'ai mtriié.
Mais si le repentir pouvait obt(;nir grâce !....
Non, rien ne fléchira ma haine el mou auMace,
Non, je déteste un maître, cl sans douli' il vaut mieux
Régner dans les enfers qu'obéir dans les cieux.
NOTE 19, page 312.
Le Dante a répanda quelques beaux iraiis dans son Purgatoire; mais son imagination, si féconile dans lis tourmems <le l'Enfer, n'a plus ia niomc abondance quand il faut peindre des pemes mêlées de quelques joi^s. Coprndant cette aurore qu'il trouve au sortir du Tartare, celte lumière qu'il voit passe' rapidement sur la mer, ont du vague et de la fraîcheur.
Dolce color d' oriental zafBro, Che s' accoglieva nel sereno aspetto Dell' aerpuro infino al primo giro,
Agiiocclii miei ricominciô diletto Tosto eh' io usei' fuor iiell' aura morta Cbe m' avea contrisiati ijli occbi e '1 petto.
Lobel pianela cb' ait amar couforia Faceva lullo rider 1' oriente, Veiando i pesci cb' erano in sua scorta.
Io mi voisi a man destra e posi mente Air altro polo, e vidi quallro slelle Non viste mai fuorch' alla prima gente.
Goder pareva'l ciel di lor liammelle.
O sellenlriiinal vedovo silo,
Poi cbe privalose'di uiiiar quelle I
Com' ioda loro sguardo fui parlito, Un poco me voigendo ail' alro polo Là onde 1' Carro gia era sparilo;
Vidi presse di me unveglio solo
Degno di tania reverenza in visia,
Cbe piii non dee a padre alcun ligliuolo.
Lunga la barba e di pel bianco misla Poilava a' suoi capegli sinn^lianle De' quai caJeva al pello Moppia lista.
Li raggi délie quatlro liici suite
Fregiavan si la sua facci:i di lume
Cb' io 'I vedca, conie '1 sol fosse davante.
Venimmo poi in sul lilo drserlo Cbf mai non vide navcarsiie acque Uom cbe di ritornar sia poscia sperto.
Già era il sole ail' orizzonlp ginnto Lociii meridian cfMcliio co\»rcbia Gerusalcin co! suo [liu ;il(o pun o;
K la notle cb'opposila lui c<'rcliia Uscia di Gange f nor a)n le bi lance, Cbe le caggion di mar. (piando soverchia ; T. I. 55
tSI NOTES
Si che le bianche e le verraiglie gnance, Lu, (lov'ioerj, délia bella Aurora ?LT Iroppa eiade divenivan rance.
Noi cravam hingliesso M mareancon, Coni - ^'enle clie pensa a suo cammiiîo, Clie Tj col ciiore e col corpo dimora ;
El ecco, quai suT pressodel maltiiio Per li grossi vapor Marie rosstggia Giù nel iioiienie sopra '1 suoi marino,
Colal m' apparve, s' io ancor lo veggia,
Un luine per lo uiar venir si raiio
Clie '1 iimoversuo mssun volar p.iTcggia,
Dai quai com' io un poco ebbi rilrailo L' occliio per dimaudar lo duca inio, Rividil piii luccnie e liiaggior fallo.
Puryaionodi Daxtu, canîo i e :i.
Fragment du sermon de Bossuet sur te bonheur dvcicl.
Si l'apùire ^aiiil Paul adil * qiicles fiJèh-s sont iva spe -lade au monde, aux animes ei au\ iioinuies, nous pouvons encore ajouii r qu'its sonl un specmcie à Dieu niêuie. ^'ous apprc nons de Moïse que ce grand ci sag<^ arciiiiecie. diligcni coniempiaieur de .--oii piojire ouviage, à m sure qu'il liàiissail ce bel édilieo du monde, en admirail toulc> les parties ^: Vidit Dcus lucem quui csset loua: « Dieu vil que la luiu èr<- était bonne : •>• qu'en ayant conipo c le loul, parce qu'en effet la beauié dj l'aicliitecture païaît dans le lout, ettiaus l'asaeii.blage plus encore que dans les pasties délachées, il avait i ncoie erichéii, et l'avait truuvc \rA\L\\\cmt\\ihiiA\\^: Et eranlvaldebonti: eteniiii, qu'il s'claii cunlenié lui mente, en cou-iderant dans ses créatures ks traiis de sa sagesse cl I effii>iOii de sa boulé. Mais c ininie ht juste et riiitiiime de bieu est le miracle de sa grâce et te chef-d'oe.ivre de sa main puissante, il est aussi le spectacle le plu.-, agréable à ses yeux* : Oculi Doinini super juslos . « Les yeux de Dieu, dii le saint psalini*le, sont allaches Siii' ie--.}uslc's,» aon-SvUlonicnt parce qu'il veille sur eux pour les protér^er, mais ci:ci»re pa."ce qrJil aime a les regauler du plus liaui des citux, eumnic !e plus cher objei de st'S complaisances*. « i\'avez-vous puii.i vu, dii-il, nion serviteur Job, eoaîKïe il « est droit et juse, et craignant Dieu ; comme il éviie le mal avec soi»}, cl v.\ a point son semblable sur la terre ? »
Que le soldai est beureux, qui combat ainsi suuiiles yeux de son cipiUina et de son roi, à qui sa valeur invincible iirepare unsi beau speclacle ! Que s: le- justes sont le speciacle de Dieu, il veni au>bi h son lourélreleurspeclaclo ; comme il se plait a les vot, il vent aussi cpi ils le voicni : il les ravsi par î» claire vue de son élenii 1 e beauté, ei leur m(»n:rc à découvert sa véraé luèutd dans uneluhiièrc si pure, qu'elle dissipe toulc= les ténèbres el louslc.=î nu'i^es. • •• ■ • •t<*««»*«<«****»«i'
» I Cor., IV, G.
2 Ccn., 1, /».
* Psnliii., wxiii, 15.
«Job, 1,8.
ET ÉCLAIRCISSESIExNTS. 430
Mais, mes frères, ce n'est pas à moi de publier ces nouvelles, pendant que lo Sainl-Espril nous représenle si vivement la joif trioniphaiiie de la crlesie Jérusalciu uar la bnuthe du proph»''te Isaïe. «Je créerai, dit le Seiiiiieui , un ALUOiiyean ciel et une nouvelle terre, et toutes I' s angoisses seront oubliées vt « ne reviendront jamais ; mais vous vous rejouirez, et votre âme nattera danh « la joie durant toute l'étern lé, dans les choses ipie je ciée pour vntre bon- <■ bt.ur; car je ferai que Jérusalem sera toute transporlée d'allégresse, et que a .suji peuple sera dans le ravissement; et moi-même je me réjouirai en Jéru- « saleiji, et je triompherai de joie dans la félicité de mon peuple '. »
Voilà de quelle manière le Saini-Esprit nous représente les joies de ses euliinls bienheureux. Puis, se tournant à ceux qui sont sur la terre, à l'Église uJiiianie, il les invite, en ces termes, à prendre part aux transports de la sa nie el triomphante Jérusalem. « Réjouissez-vous, dit-il, avec elle, ô vous <( qui t'aimez ! réjouissez-vous avec elle dune grande joie, el sucez avec elle, « par une foi vive, la mamelle de ses consolations divines, ahn que vous a aliindiez en délices spirituelles, parce que le Seigrreur a dit : Je ferai couler «sur elle un fleuve de paix, et ce torrent se débordera avec a' ondance: <i îauios les nations de la terre y auront pari ; et, avec la même tendresse qu'une « mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, dit le Seigneur ^. «
Quel cœur serait insensible à ces divines tendresses? Asprronsà ces joies célestes, qui ienmt d'autunl plus touchantes qu'elles seront acconipagnées dun parfait repos, parce que nous ne les pouvons jamais perdre. (Sermons de Bossuet, tom. III.) {Noie de l'Éditeur.)
NOTE 2i, page 327.
On sera bien aise de trouver ici le beau morceau de Bossuet sur saint Paul. « ... Adn que vous compreniez (|ucl est donc ce prédicateur, destiné parla Provirlence pour confindre la sagesse humaine, écoulez la description que j'en ai tirée de lui-inéme dans le premier épilre au Corinthiens.
«Trois choses corriiibuent oidrnaiiemeni a rendre un orateur agréable el cfllrace: la personne de celui qui parle, la beauté des choses qu'il traile, la manière ingénieuse dont il 1- s explique : et la raison en estévidenle ; car l'esliujc de l'orateur prépare une attention favorable, les belles choses nour- ^i^senl l'esprit, et l'adresse de les expli(|uer d'une manière qui plaise les f.iil doucement entrer dans le cœur ; mais de la manière que se représ iile le prédicateur dont je parle, il est bien aisé do juger qu'il n'a aucun de ces avantages.
a El premièrement, chrétiens, si vous regarlez son extérieur, il avoue luiinèrne que sa mine n'est pas relevée* : Prœsentia corporis infirma ; el si vous
' . . . Oblivioni traditxsunt angustiae priores, et non ascendent super cor. Gaudebilisotexuliabitis usque insenipilerntiin, in his qua; egocreo : quia ecceegocreo Jérusalem exullalioneni, et populuni ejris ^auilium. El exullabo in Jérusalem, et ^udfbo in po|)iilo nieo. (Is., lxv, 16 et suiv.)
- La:tamiin cuui Jérusalem, ctexullate in ea omnesqui diigiliseani :{:auiietecum ea gauriio.... Il siigati.s, et repleamini ab ubere consolationis ejus; ut niuigeatis, et deliciis aflluaiis ab omnimoda gloria ejus. Quia hxc dicil Doininus : Ecce ego declinabo super eam quasi Duvium fiacis el quasi torreiileni inundanieu) gloiiani ({cnliuru.... Quomodo si oui mater blandiatur, ita ego coiisolabor vos.
(Is., Lxvi, 10 eisuiv.)
* Il Cor., x, 10.
considérez sa condition, il est méprisable et réduit à eagner sa vie par l'exercice d'un art mécanique. De Is vi(Mil qu'il dit aux Corinthiens : « J'ai été au « niilieu de vous avec ])e;iucoiip de orainle et (l'iiifirniiié • ; » d'où il est aisé de comprendre combien sa personne était mépiisabli;. Chrétiens, (jucl n'édicateur pour convenir tant de nations!
« Mais peui-éire que sa doctrine sera si plausiiile et si belle, qu'elle donnera du crédit à cet honune si um prisé. Non, il n'en est pas de la sorte : « II ne sait , dit-il , autre chose que son maître nucifiP : « Non judicavi me scire aliquid inter vos, nisi Jesum Chrùtum, et hue crucifixum ; c'i sl-à-dire qu'il ne sait rien que ce (|ui choque, que ce qui scandalise, que ce qui paraît folie et extravagame. Comment donr pcui-il espérer que ses auditeurs soient persuadas? Mais, granil Paul, si la doctrine que vous annoncez e-t si étrange et si difficile, cherchez du moins des termes polis, couvrez des fleurs de la ihétorique cette face hideuse de votre Évangile, et adoucissez son austérité par les charmes de votre éloquence. A Dieu ne plaise, répond ce grand homme, que je mêle la sagesse humaine à ia sagesse du Fils de Dieu! c'est la volonté de n)on maître que mes paroles ne soient pas moins rudes que ma doctrine parait incroyable ' : Non in persuasibilibus humanœ sapienliœ verbis.... Saint Paul rejette t(tus les artifices de la rhéiori(jue.... Son discours, bien loin de couler avec cette douceur agréable, avec cette égalité temnérée que nous admirons dans les orateurs, paraît inégal et sans suite à ceux qui ne l'ont pas assez pénétré ; et les délicats de la tei re, qiii ont, disent-ils, les oreilles fines, sont offensés de la dureté de son style irréçulier. Mais, mes frères, n'en rougissons pas. Le discours de l'apôtre est simple, mais ses pensées sont toutes divines. S'il ignore la rhétorique, s'il méprise la philosophie, Jésus-Christ lui tient lieu de tout; et son nom, qu'il a toujours à la bouche, ses mystères, qu'il traite si divinement, rendront sa simplicité toute-puissante. Il ira, cet ignorant dans l'art de bien dire, avec celle locution rude, avec cette phrase (lui sent l'étranger, il ira en celte Grèce polie, la mère des philosophes et des orateurs; et, malgré la résistance du monde, il y établira plus d'églises que Platon n'y a gagné de disciples par celle éloquence qu'on a crue divine. Il prêchera Jésus dans Athènes, et le plus savant de ses sénateurs passera de l'Aréopage en l'école de ce barbare. Il poussera encore plus loin ses conquêtes ; il ahaiira aux pieds du Sauveur la majorité des faisceaux romains en la personne d'un proconsul, et il fera trembler dans leurs tribunaux les juges devant bsquels on le cite. Rome même entendra sa voix ; et un jour celte ville maîtresse se tiendra bien plus honorée d'une lettre du style de Paul adressée à ses Citoyens, que de tant de fameuses harangues qu'elle a entendues de son Cicéron.
«El d'où vient cela, chrétiens? c'est que Paul a des moyens pour persuader, que la Grèce n'enseigne pas et que Rome n'a pas appris. Une puissance surnaturelle, qui se plaît de relever ce que les superbes niéi)iisent, s'est répandue et mêlée dans l'auguste simplicité de ses paroles. Delà vient que nous admirons dans ses admirables épitres une eeriaine vertu plus qu"iiumaine, qui persuade contre les règles, ou plutôt (jui ne persnadi- pas tant qu'elle captive les enlendemenls, qui ne flatte pas les oreilles, mais qui porte ses coups droits au cœur. De même qu'on voit un grand fleuve qui retient encore, coulant dans la plaine, celte force violenie et impéiueuse qu'il avait
' Etegoin inCrmitate, ei timoré eltremore niullo fui apiul vos. (I Cor., ii, 3.) 2/ftid., 11,2.
» Ibid., 4.
ET ÏÏCLAIRCISSEMENTS. 437
acquise aux montagnes d'où il tire son oilginci ainsi reiio voiiii oôloste , qui est contenue d;ms es éciiis île saint Paul, même dans celte simpliciiéile style, conservi' toute la vigueur quVIle ;ip;iuiie du ciel d'<iù elle (le<( oiul- v
« C'est par relie vertu divine que la simplicité de l'apôtre a assuiclli tnntes chnses. Elle a renversé les idoles, (iialdi !a croix de Jésus, persuadé à un million d'hommes d • mourir pour en d;'fondri- la g'oire : enfin, dans svs admirables épîtres elle a expliqué de «^i grands secrets, qu'on a vu les plus sublimes esprits, après s'èire exercés longtemps dans les plus haute? spécuiaiions où pouvait aller la philosophie, descendre de cette vninr haulcuroù ils se croyaient élevés, pour apprendre à bégayer humblement dans l'école de Jésus-Christ , sous la discipline de Paul.... »
NOTE 22, page 357.
te catalogue que Pline nous a laissé des tableaux de l'antiquité n'offre pas un seul tableau de paysage, si l'on en excepte les peintures à fiesque. Il se peut faire que quelques-uns des tableaux des grands maîtres eussent un arbre, un rocher, un coin de, vallon ou de forêt, un courant d'eau dans le second ou troisième plan ; mais cela ne constitue pas le paysage proprement dit , et tel que nous l'ont donné les Lorrain et les Berghem.
Dans 1 s antiquités d'Herculanum ou n'a rien trouvé qui pût porter à croire que l'ancienne école de peinture eût des paysagi^les. On voit seulement, dans le Télêphe , une femme assise, couronnée de guirlandes, appuyée sur un panier rempli d'épis, de fruits et de fleurs. Heiculeest vu par le dos, debout devant elle, et une bielu- allaite un enfmt à ses pieds. Un Fatme joue de ia (lùlc dansTéloignement, et une femme ;.ilée (aille fond de la ligure d Hercule. Cette composition est gracieuse ; mais ce n'est pas là encore le véiitable paysage, le pays.nge nu repré^entanl seulement un accident de la nature.
Quoique Viiruve prétende qu'Anaxagore et Démocrite avaiint patlé delà perspective en traitant de la scène grecque, on peut encore douter que les anciens connussent celle partie de l'art , sans laquelle toutefois il ne peut y avoir de paysage. Le dessin des sujets d'Hercidanum est sec, et tient beaucoup de la sculpture et des bas-reliefs. Les ombres, d'un rouge mêlé de noir, sont également épaisses depuis le haut jusqu'au bas delà figure, et conséqnrmment ne font point fuir les objets. Les fruits même, les fleurs et les vases manquent de perspective, et le contour supérieur de ces dernier> ne répond pas au même horizon que leur base. Enfin, tous ces sujets , tirés de la Fable , que l'on trouve dans les ruines d'Herculanum , prouvent que la mythologie dérobait aux peintres le vrai paysage, comme elle cachait aux poètes la vraie nature.
Les voûtes des thermes de Titus, dont Raphaël étudia les peintures, ne représentaient que des personnages.
Quelques empereurs iconoclastes avaient permis de dessiner des fleurs et des oiseaux sur les murs des églises de Consiantinople. Les Égyptiens , qui avaient la mythologie grecque et latine , avec beaucoup d'autres divinités, n'ont point su rendre la nature. Quelques-unes de leurs peintures, que l'on voit encore sur les murailles de leurs temples, ne s'élèvent guère, pour la composition, au-delà du faire des Chinois.
Le péreSicard, pirlanid un petit temple situé au milieu des grottes de la Thébaïde, dit : « La voùle, les murailles, le dedans, le dehors , tout est peint.