LE PRÊTRE
Ces caractères, que nous avons nommés sociaux, se réduisent à deux pour le poète, ceux du prélre et du yuenier.
Si nous n'avions pas consacré à l'histoire du clergé et de ses bienfaits la quatrième partie de notre ouvrage, il nous serait aisé de faire voir à présent combien le caractère du prêtre, dans notre religion, offre plus de variété et de grandeur que le même caractère dans le polythéisme. Que de tableaux à tracer depuis le pasteur du hameau jusqu'au pontilé qui ceint la triple couronne pastorale , depuis le curé de la ville jusqu'à l'anachorète du rocher ; depuis le chartreux et le trappiste jusqu'au docte bénédictin ^ depuis le missionnaire et cette foule de religieux consacrés aux maux de riiunivinité, jusqu'au prophète de l'antique Sion ! L'ordre des vierges n'est ni moins varié ni moins nombreux : ces filles hospitalières qui consument leur jeunesse et leurs grâces au service de nos douleurs, ces habitantes du cloître qui élèvent à l'abri des autels les épouses futures des hommes, en se félicitant de porter elles-mêmes les chaînes du plus doux des époux, toute cette innocente famille sourit agréablement aux neuf Sœurs de la Fable. Un grand prêtre, un devin, une vestale, une sibylle, voilà tout ce que ranliquité fournissait au poète: encore ces personnages n'étaient-ils mêlés qu'accidentellement au sujet, tandis que le prêtre chrétien peut jouer un des rôles les plus inij)ortants de l'épopée.
M. de la Harpe a montré dans sa Mèlanic ce que peut devenir le caractère d'un simple curé, traité par un Imbile écrivain. Sliakospeure, Ricliardïon,Goldsmilh, ont mis le prêtre en scène avec plus oit
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moins de bonheur. Quant aux ponipos extérieures, nulle religion n'en offritjamais de plus magnifiques que les nôtres. La Fête-Dieu, Noël, Pâques, la Semaine-Sainte, la fête des Morts, les Funérailles, la Messe et mille autres cérémonies fournissent un sujet inépuisable de descriptions ^ Certes, les muses modernes qui se plaignent du christianisme n'en connaissent pas les richesses. Le Tasse a décrit une procession dans la Jérusalem, et c'est un des plus beaux tableaux de son poëme. Enfin, le sacrifice antique n'est pas même banni du sujet chrétien -, car il n'y a rien de plus facile, au moyen d'un épisode, d'une comparaison ou d'un souvenir, que de rappeler un sacrifice de l'ancienne loi.