CHAPITRE LXI
Influence de la révolution républicaine de la Grèce sur la Perse — et de la révolution républicaine delà France sur l'Allemagne. — Causes immédiates de la guerre Médique, — de la guerre républicaine. — L'ionie ». — Le Brabant.
Les différenîos colonies que les Grecs avaient fondées sur les côtes de TAsie mineure étaient lonibces peu :» pru sous la puissance des rois de Lyiie ^. Ceiieci ayant été à sou tour renversée par Cyrus, les villes d'iunle pasi^èrent alors sous le joug de la Perse ^.
Elles ne connurent cependant que !e nom de l'esclavage. F.eurs maîtres leur laissèrent leur ancien gouvernemetit populaire, et n'exigeaient d'elles qu'un léger iribnl*; mais les habiîants de ces cités, incapables de modération, ne connaissaient pas de plus grand tourment que le repos. Amollis dans le \u\e Cl les voluptés, ils n'avineni conservé de lu pureté de leurs niœnrs primitives qu'une inquiétude toujours prête à les pbfuger dans les malheurs des révoiiilions, sans qu'ils fussent jantais assez vertueux pour en recueillir les fruits ^.
Les colonies grecques-;isiatiques formaient un corps de républiques q»:i se gouvernaient par leurs propres lois, sous la protection de la cour de Suze ^, de même que les Etats rédéi;Uil's des Pays-Bas sous la puissance des empereurs d'Allemagne. Plusieurs fois les premières avaient cherché ;i se soustraire à la domination do la Perse ^ sans avoir pu y parvenir. Dans la dix-neuvième année du règne de Darius, les peuples de l'ionie se soulevèrent à la fois ®. Le motif général de riusurreciion était ces plaintes vagues de tyrannie, le grand texte des factieux, et qui ne veut dire autre chose, sinon qu'on a besoin d'ex.-
j'ai eu quelque temps entre les mains; en outre, sur ce que j'ai appris en Allemagne touclinnt cet empereur, (ians plusieurs conversations avec des Florentins; eutin par l'iiisloire général"' de l'Europe à cette époque. La justice cependant m'oblige de dire que j'ai trouvé des Allemands grands admirateurs des vertus de Léopold.
a Me voilà à la fin de ce qui forme dans cette édition (celle de 1826) le premier volume de V lissai. Jamais coupable ne s'est imposé pénitence plus rude. Il ne faut pas croire que je n'aie pas souffert en me traitant coumie je viens de le faire. Je clélie la critique la plus malveillante d'aller au delà de la mienne, car je n'ai pas plus ménagé mon amour-propre que mes principes; je m'épargnerai encore moins daiis les notes du second volume.
Néanmoins qu'il me soii permis à présent de demander au lecteur ce qu'il perse de ce qu'il vient de lire? Est-ce là ce livre qui devait révéler en moi un homme tout autre que l'homme connu du public? Que voit-on dans V Essai? est-ce un impie, un révolutionnaire, un factieux, ou un jeune homme accessible à tous les seniimenis honnêtes, impartial avec ses ennemis, juste contre lui-même, et auquel, dans le cours d'un long ouvrage, il n'échappe pas un seul mot qui décèle une bassesse de cœur? {.'Essai est certes an irès-mécliaiit livre ; mais si l'on ne veut, si l'on ne doit accorder aucune louange k l'auteur, peut-on lui reluser de l'estime?
Littérairement parlant, VEssai louche à tout, attaque tous les suj< ts, soulève une multitude de questions, remue un monde d'idées, et mêle toutes les formes de style. J'ignore si mon nom parviendra à l'avenir; je ne sais si la postérité entendra parler de mes ouvrages; mais si VEssai échappait à l'oubli, tel qu'il est en lui-même cet Essai, et tel qu'il est surtout avec les Notes critiques, ce serait un des plus smgulieis monuments de ma vie. (N. Éd.)
» Je comprends, sous le nom général de Vlonie, l'ionie proprement dite, rÉolide et la Doride.
2 Hkrod., lib. I, cap. vi.
3 Id., ibid., cap. CXLI ; Thucyd., lib. I, cap. XVI.
4 Hkrod., lib. vi, cap. xm, xliii.
5 ATHKN., hb XII, p. 526: Herod.. lib. IX, cap. CIV; THUCVD.,lib. VI, cap. LXVII.LXXVII; Xeisoph., Inst. Cyr., p. 158; DiOD., lib. xiv; Pacsan., lib. m.
6 HEROD., lib 1, cap. CXLIU; STRAB., lib. VIII, Cap. CCCLXXXiy.
7 Herod., lib. i, cap. vi.
8 id., lib. y, cap. xcYiu.
4721 Rl-VOLUTiOXS ANCIENNES.
pressions figurées pour éviter d'employer au sens propre, haine, envie, Tengeance, et tous ces mois qui composeiii le vrai dictionnaire des révolutions.
— Le Brabant, anirefois partie du duché de Bourgogne, étant passé, après plusieurs successions, à la maison d'Autriche, demeura en possession de ses privilèges politiques, formant une espèce de république soumise à un grand empire.
Le cnrai 1ère des Flamands, considéré au civil, présciilait encore des analogies frappantes avec celui des Grecs Asiatiques. Indomptables dans leur humour, les liabiianls des Pays-Bas tendait m sans cesse à s'insurger, sans autre raison qu'une impossibilité d'être j>aisibles. L;i répui)lique du brasseur Artevelle S le bannissiMucnt de plusieurs de leurs conitcs ^, les révoltes sous Charles le Téméraire ', les grands troubles sous Philippe II *, ne prouvent que trop celle vérité. Les innovations de Joseph étaient plus que suffisantes pour soulever un peuple impatient et superstitieux. Dans un instant les Pays-Bas furent en armes ; et l'empereur germanique ô'apcrçul trop tard qu'il avait méconnu le génie des hommes * *.