CHAPITRE LXIV
Xerxès, — François. — Ligue générale contre la Grèce, — contre la France. — Révolte de»
Provinces.
Cependant l'empire d'Orient et celui d'Allemagne avaient changé de maîtres. Darius et Léopold^ n'étaient plus. A ces monarques, savants dans la connaissance des hommes et dans l'art de gouverner, succédèrent leurs lils, Xerxès et François •». Ces jeunes princes, placés au timon de deux i^rands Etais dans
« La satire historique n'est pas l'histoire; la satire historique jnge la société générale par les exceptions; on sacrifie une vérité a une phrase brillante. Il arrive cependant que des hommes remplis d'indulgence et de philanthropie ont quelquefois du penchant a la satire, mais alors elle n'est chez e-ux qu'une arme défensive, tandis que celle arme est offensive entre les mains des véritables saliiiques.
Si je ne m'étais fait une loi de ne rien changer au texte de VEsi^ai, j'aurais effacé dans ces passages les incorrections d'un écrivain jeune et peu exercé. Par exemple, il fallait écrire ici : « Pour un peu d'argent qu'on donne a la porte, chacun peut se « procurer le plaisir de nous faire jouer en toge ou en liviée le rôle d'uu Casius ou « celui d'uo valet. » (N. Éd.)
» llyavait(iix ^cncroiix dans l'.irmée athénienne qui devaient commander cIi.icub à leur tour, mais ils céticrent cet hoiua-ur à Millia(i(>. *^ clui-ci cependant aliénait cjue 1»; jour où il commandait île droit lût arrivé pour donner la bataille. D'ici il résulte que la polile poignée de Grecs, se montant à dix mille Athéniens et mille Platéens, restèrent plusieurs jours en piesence des cent mille Perses, sans que ceux ci songeassent à les attaquer. Quant au roi de Prusse, il se donna le plaisir pieux dercinslallor l'évêque de Verdun dans son siège épiscopal, et d'entendre les chanoines chanter la messe, à la grande satisfaction de tous les assisianls.
2 Ces deux batailles, si seuiLiablesdans leurs effets pour la Grèce et pour la France, diffèrent totalement qu;int aux circunslances. Dix mille Athéniens défirent cent dix mille Perses, ei cinquante mille Français eurent bien de la peine à forcer dix nidle Autrichiens. La retraite de Clerfayt, après la bataille, a passé pour un chef-d'œuvre d'art militaire. Les Perses perdirent six mille quatre cents hommes, les Grecs cent quatre-vingt-douze. J'ai vu deux prisonniers patriotes qui s'étaient trouvés à Gemmapes, et qui m'ont assuré que les Français y laissèient de douze à quinze mille tués. — La bataille de Marathon se donna le 29 seplembre, 49Uaus avaul J.-C. — Celle de Gemmapes, le 8 novembre 1792
3 Herod., lib. vi,cap. cxxxii; C. Kep., in Milt.,c&f. y il. * C. Nkp., in Milt.y cap viil.
5 Herod., lib. vi, cap. cxxxvi.
6 Id., ibid.; C. NkP., in Milt.y cap. VIII.
7 Mémoires du général Dumouriez.
8 Léopold ne vit pas la première campagne, puisqu'il mourut à Vienne , le jour même que la guerre fut déclarée a Paris. Mais comme cette déclaration se fit en son nom,. j'ai négligé de parler plus tôt de cet événement, qui ne change rien à la vente des laits, et pouvait nuire à Teosembie du tableau.
•> Le lecteur doit être accoutumé a ces rapprochemenU;. Ne semble-t-il pas que je connaisse Xerxès aussi bien que le respectable empereur d'Autriche, qui vit encore? Je fais le dénombrement des deux armées des Perses et des Allemands, à peu près comme le noble chevalier de la Manche nommait les généraux des deux grandes armées de moutons : « Ce chevalier, disait-il, qui porte trois couronnes eu champ a d'azur, est le redoutable Micocoleoibo, grand duc de Quirocie, etc. » (N. Éd.)
des circonsfonces oragen«;es , égaux en fortune , se montrèrent différents en génie. Le roi des Perses, élevé dans Ja mollesse, élait aussi pusillanime * que rempcreur germanique, nourri dans les camps de Joseph, est courageux ^. Ils semblent seulement avoir partagé en commun l'obstination de caractère ^. Us eurent aussi le malheur d'être trompés par leurs ennemis, qui s'introduisirent jusque dans leurs conseils*.
Résolu de poursuivre vigoureusement la guerre qwe son père lui avait bissée avec la couronne ^ Xerxès assemble son conseil; il y montre la nécessite de rétablir dans tout son lustre rhouncur de la Perse, terni aux champs de Marathon, (c J'irai , dit-il. je traverserai les mers , je raserai h ville coupable, et j'emmènerai les citoyens capiils dans les fers *. « Les alliés ont aussi tenu à peu près le même langage.
Après un teldiscouis, on ne songea plus qu'aux immenses préparatifs de l'expédition projetée. Des courriers chargés îles ordres de la cour de Suze se rendent (îaîis les provinces pttur hâter la marche des troupes^. En même icmps une ligue générale de tous les Elus de TAsie, de l'Afrique et de l'Europe se forme coHirc le petit p;iys de la Grèce. Les Carthaginois, prenant à leur solde des Gaulois, des Ilaliens, des Ibériens, se déclar.-nt et signent un traité d'alliance ofïeiisive avec le grand roi ^. La Phœnicie et 1 Egypte équipent leurs vaisseaux pour la coalition *. La Macédoine y joint ses forces*^. De ses Etats proprement dits, la Médie et la Perse, Xerxès lire des troupes aguerries ". La Babylonie, l'Ar.ibîc, la Lytiic, la Thiace, et les diverses satrapies, fournissent leur coiitingeiit à la ligue ^^ et une armée de trois millions de combattants s'assemble dans la piaine de Doris<',us *5.
Au bruit de ces préparatifs formidables, des provinces de la Grèce, soit par lâcheté, soit par opinion, se rangent du parti des étrangers **. Et l'on vil bienlôi la Béoiie, l'Argolide. la Thessalie, et plusieurs îles de la mer Egée *^, joindre leurs effurls à ceux des tyrans,
François, de son côié, faisait des préparatifs immenses. Ses Etats de Hongrie, de Bohême, de Lonjbardie, etc., lui donnent d'(xcel!ents soldats; la Prusse le soutient de tout soi» pouvoir; les cercles de l'empire mettent sur pied leurs légions, lAngletern;, la Hollande, lEspaj'ne, la Sicile, la Surdaigne, la Russie, ï-e couibiîieni dans la ligue géiiérale, et de nombreuses armées s av;incent sur toutes les frontières de la Fiance. Aussitôt la Vendée, le Lyonnais, le Languedoc, s'insurgent; et la republique naissante, attaquée au dedans et au deiiors, si; voit menacée d'une ruine prociiaine.
Un très-peiit nombre de peuples res.èrent tranquilles spectateurs de ces gr;jn(les seènes D;ms le monde ancien on ne compta que ceux de la Crète *®, dellialie*'^, de la Scyihie. — Le Danemaik, la Suède, la Suisse^ et quelques autres petites républiques, demeurèrent neutres dans le monde moderne. Ni les
» Plat., de Leg., Ilb. m, p.C98.
a François a doiine les plus grainips marques de bravoure dans la guerre des Turcs, parliculièrenienl unjoiir que, sélaiil emporté Jorl loin à la poursuite des ennemis, il revint seul au camp , où on était dans le.s i lus vives alarmes sur son compte. Je tiens ce lait du colonel des iiussai'dsdela ganiedu roi de Prusse.
5 Plat., de Leg., Iib. ni, p 6ÎH.
4 Tlit'inisioclc iii i liisicurs lois donner des avis à Xerxès en particulier, l'un avant, l'autre après la batailU* de t>al.iiniiie. — Oii dii que le cabinet de l'empereur est composé de gens eulièrenient vendus à la France.
5 lùjhe la |)reni!èrc invasion de ia Grèce par les Perses sous Darius, et la seconde sous Xexès, ii se trouve un iiitei \allededix ans, presque tout employé en préparalits de guerre.
6 Hkhod , Ilb. vil, p. 1182.
7 Id., ibid.,c:\\K XX.
8 DiOD., lib. II. p I,?, etc.
9 HiCROo., lib. VII, cai». i.XXXIX-XCJX. «o fd... ibid., cap. Cl, XXXV.
»i Irf.,l6trf.,cap. LX LXXXVII.
«a Id,, ibtd.
»3 id., ibtd.i IsocRAT., Panath , p. 305; .Tdst., lib. Il, cap. X,- PLUT., in ThemisL
»4 Ukrod., lib VII, cap. xxxii; Dion., lib. ii.
»5 Herod,, lib. VII, cap. clxxxv; lib. viii, cap. V; lib. ix, cap. xii.
»6 HKROD.Jih. VII, cap. CLXXl.
>7 Ëucore l'Italie avait-elle Uc:> troupes à la solde de Garlliage.
Gtoc^, ni es rîanç;îis, n'eurent d'aliiësau commencement delà guerre. Leurs ûjLHt'S leur en liicni pai^ la suite *.
Aiin que le ieciour puisse parcourir d'un coup d'œil ce tableau intéressant, je vais joindre ici une carie, où i'on a rangé les alliés de la guerre Médiqtie et lie la guerre républicaine sur deux colonnes, le^^ peuples qui se correspondent oi)poses les uns aux autrts, les provinces soulevées, les dates des batailles, des paix partielles, elc, eic. ^.