CHAPITRE XXI
Siècle d'Alexandre.
Si l'âge d'Alexandre diffère du nôtre par la partie hislorîque , il s'en rapproche du côté moral. Ce lut alors que s éleva, comme de nos jours, une foule de philosophes, qui se mirent à douter de Dieu, de l'univers et d'eux-mêmes. Jamais on ne poussa plus loin lesprit de lecherches. On écrivait sur tout, on analysait tout, ou disséquait tout. Point de petit sentier de politique, point de subtilité méiMphysique qu'on n'eût soigneusement examinés Les peuples, instruits de leurs droits, connaissant toutes les espèces de gouvernement, possédaient bien plus que des livres qui leur apprenaient a être libres : ils avaient les tradiiions de leurs ancêtres, et leurs tombeaux aux champs de Maraihon. Ils jouissaient même des formes répiiblicaines, vains jouets que les tyrans leur laissèrent, comme on permet aux enfants de toucher des armes dont i s n'ont pas la force de faire usage : grand ex. niple qui renverse nos systèmes sur l effet des lumières ^. Il prouve qu'il ne suflit })as de raisonner sciemment sur la vertu pour parvenir à l'indépendance ; qui! faut l'aimer, cette venu, et que tous les moralistes de l'univers ne sauraient en donner le goût lorsqu'on la une fois perdu. Les siècles de lumières, dans tous les temps, ont été ceux de la servitude; par quel encharaement le nôtre sortirait-il de la règle couimune? Leslapproehements des philos(tphes anciens et modernes qui vont suivre mettront le lecteur à même de juger jusqu'à quel point lâge d'Alexandre ressembla au no re. On verra que, loin d'avoir lien imaginé de nouveau, nous sommes demeurés, excepté en histoire naturelle, fort au-dessous de la Grèce. Oii remarquera qu'à l'instant où les so|ihistes commencèreni à attaquer la religion et lesidées reçues du peuple, celui ci se trouva lié des chaîn s de Philippe.
Dapres les données de Ihistoire, je ne puis m'empècher de trembler sur la dcs.inée future de la tiance ^.